samedi 22 septembre 2007

AJA : "vague"


video

 

Pour une chanson qui ne voulait pas s’écrire
Les mots blancs figés les phrases muettes à dire
Pour une chanson qui cherchait en soi l’inspire
Les yeux noirs bouclés l’oreille fermée de lire
Pour une fille perdue en ombre d’avenir
L’émotion brisée les sens brûlés à maudire
Pour une fille perdue face au souvenir
Les doigts et l’œil se sont offerts de leurs sourires

Pour la mélodie de notes qui se balancent
Au gré du fil invisible d’une douce danse
Pour l’image de corps soufflés d’impertinence
Au voile transparent de tendres indécences
Les lettres se lient entre elles de nonchalance
Loin d’elles la noirceur d’une cohérence
Elles s’abandonnent aux couleurs de circonstance
A la musique bleue jouée de confidences
A l’image orange bercée d’insouciance
Aux musicien et photographe de providence…

Musique: Jipes
Photographie: Ars


jeudi 20 septembre 2007

tout contre toi

 


Tout contre toi
Les mots s’éteignent
Les phrases s’envolent
Et je perds la parole
Sous le règne de ton corps

Tout contre toi
Les yeux se décernent
Les paupières s’ensommeillent
Et je dors ivre à la nuit
Sous le souffle de ta vie

Tout contre toi
Les peurs s’effacent
Les heures se passent
Et je rêve le jour
Sous l’appel de ton amour

Tout contre toi
Les pages s’écrivent
Les lignes se serrent
Et je m’envole pinceau
Sous la couleur de ta peau

Tout contre toi
Les années s’espacent
Les saisons s’enlacent
Et je suis fleur à l’âme
Sous les soupirs de ton coeur

Tout contre toi
La joue sur ton épaule
Dans le matin tout bas
Je chante le jardin
Sous le parfum de nos deux mains

mardi 18 septembre 2007

Lettre à un ciel

En te lisant, je pense à ça : il me faudrait un ciel uniformément gris, sans rien, sans mouvement, sans éclaircie, sans tempête, un ciel vide au dessus de ma tête, ma tête vide, de temps en temps, juste un peu, ça doit être ça qui me manque…une photo du vide, un texte sans mot…un silence mais un vrai.
Je dis ça mais ça me fait peur.
Le ciel me fait toujours penser à la mer, au départ, à quitter l’endroit que j’aime, au retour de vacances, aux jeux à deviner et voir. Ca me ressemble je sais. A changer sans arrêt, à ne jamais vraiment trouver le calme : cette sérénité dans l’apaisement de l’autre. Je ne peux pas faire sans nuages et rêve de grande étendue bleutée. Et l’on m’accuse de la recherche de perfection, de ce qui n’existe pas. Moi je ne sais pas. Je n’ai pas encore trouvé ce qui me comblerait à m’éteindre du feu qui m’anime. Même si petit comme aujourd’hui, j’ai toujours envie de revivre. Chaque jour.

jeudi 13 septembre 2007

Déesse


J’aime une déesse, moi fille de déesse qui vis le jour à la St Aimé en plein midi, l’astre à la verticale de la vie. Ma mère accoucha de moi par les yeux et c’est la raison pour laquelle je suis deux : moi et mon autre moi, que la couleur de mes cheveux originellement bleue se teinte parfois de la tendre mélancolie d’avoir été il y a déjà tant d’années, dans l’esprit divin portée.
Les déesses n’engendrent pas forcément des déesses, même en s’accouplant à un dieu. Malgré tout j’en fus une, jusqu’à ce que sous le serment de la treizième lune, je décide une nuit sauvage perdue dans les dunes, d’être princesse Aslé pour l’éternité.
J’avais emporté la verte émeraude pour allumer un rayon de lumière depuis la terre jusqu’au ciel et à la force de mon esprit, sculpté sur la ligne inclinée les douces marches qui mènent à l’infini.
Je sais très bien que si j’étais restée déesse, c’est un ascenseur céleste de célérité que j’aurais mérité…Or mais voilà…je préfère la simplicité d’un escalier à mon image, gravé de mes seules initiales : A M (Aslé Mita ; A Moi).
Le jour de mon anniversaire, je peux tout faire, je peux tout dire et tout rêver, un tour d’univers en montgolfière, anéantir toutes les sorcières, créer un second rayon vert parallèle et tenir la main de celle qui gravit enfin le monde à mes côtés, les yeux ouverts dans mes pensées : là où je me sens exister de pouvoir tout partager.
Mes mots se suspendent en signes et gestes…alors… je nous écris sur nos deux lignes à se toucher comme une division sans reste.
2 : 1 = 2

histoire de passion rouge 1

Je vais arrêter de me faire souffrir, de me souvenir, de me faire des reproches, de toujours culpabiliser, d’endosser des fautes qui ne sont pas les miennes, de les couvrir en réparant les erreurs de parcours pour qu’elles deviennent invisibles…mais pas pour moi.
Il faut que je baisse les bras, que je me laisse prendre par les imperfections de la vie, cesser le combat parce que je n’ai vraiment pas l’âme d’une guerrière.
Je vais me plaire, accepter mon image de travers et cette saleté sans nom qui me pourrit la vie, je vais l’arborer…non mieux ! je vais l’ignorer et je serai sourde aux questions ou alors je dirai : « ah ! bof…c’est rien du tout. »
Je vais m’acheter un poisson rouge et je lui raconterai des histoires de poissons rouges, ou des chaussures rouges, ou une grand-mère rouge, ou un livre sur les peaux-rouges, une passion qui m’exilerait de moi. Mais ça ne s’achète pas une passion, ça te tombe sur la tête, dans les yeux, dans la peau, ça éclabousse tout dans ta vie et ça repeint le monde.
J’en ai eu des passions mais ce n’était jamais la bonne, celle qui ne te quittera jamais, pas même dans la tombe. Je vais me passionner de moi, au moins je ne serai plus jamais seule…je souris…je crois que je vais écrire une histoire de poisson rouge.
Il était une fois une fille qui n’en croyait pas ses yeux, ni tous ce qui faisait qu’elle était elle à travers la vision déformée du bocal dans lequel on l’avait enfermée.
Alors elle faisait des bulles et des bulles, des tourbillons de bulles pour en faire des ballets-spirales dans lesquels elle se laissait emporter, vriller, tourner sur elle-même à la pointe des pieds, petite danseuse verticale, à s’élever chaque jour davantage jusqu’à sortir la tête de l’eau et respirer cet air nouveau.
Un matin, un rayon de soleil vint à passer, traversant la surface et l’irisant de reflets dorés, le petit poisson caché parmi les cailloux blancs et les algues synthétiques, épuisé d’oxygène, d’avoir fait souffrir ses faibles branchies pour le rêve d’appartenir au monde des soupirs, sentit à travers ses écailles la surprise d’être appelé par la chaleur de la lumière.
Elle s’enlaça le long du rayon, les nageoires jointes en prière que ce fut enfin la solution pour atteindre le plus profond de ses désirs. Le rayon accroché à la roue, pale du moulin de l’univers solaire, lentement la sortit de l’aquatique sphère.
Des champs de tulipes à l’infini s’étalaient, rectangles-couleurs de la vision mosaïque de la nature humaine. Et c’est là, sous le niveau de la mer qu’elle fit ses premiers pas dans la vie. Dans un champ de tulipes rouges, à courir entre les fleurs, à s’enivrer de l’humidité marine, à écouter le soir venu, les belles rouges se parler, et à les apprendre. Et de fleur en fleur le petit poisson rouge découvrit le bonheur, les souvenirs et surtout de leur passé appartenir.
Un matin, lové dans un calice de rosée en délice, baignée d’un rêve merveilleux, elle ressentit à travers ces écailles devenues douces comme des pétales, de nouveau l’étrange chaleur de la lumière. Ouvrant les yeux, elle vit apparaître dans le ciel bleu, un petit poisson rouge glissant le long « du » rayon. Vite, elle tomba des étamines et se précipita…hélas…dans l’immensité de ce plat pays, l’horizon était si court qu’elle ne put voir où ,ce que tout de suite elle avait perçu comme son double aimé, était tombé.
Les tulipes : «Il te faudrait bien plus d’une vie de poisson rouge pour la retrouver. »
Mais elle n’écouta pas et sa vie se fit enfer de recherches épuisantes et vaines, elle usa ses plus belles années jusqu’au jour où n’en pouvant plus, elle regagna son champs de tulipes rouges.
La vie reprit calme et paisible.
Le petit poisson rouge se présenta à l’élection du plus gentil des petits  poissons rouges dans le champ de tulipes rouges et fut élu à l’unanimité, étant le seul, pour le représenter dans le monde entier. Ce furent les honneurs et la reconnaissance…les voyages…et une nuit au bord de la mer rouge, elle fut ainsi réveillée :
 
« Pêche à la liiigne
Pêche sardiiine
C’est moby qui dîne
C’est moby qui dîne
Pêche coquiiine
Pêche à l'usiiine
C’est moby qui dîne
C’est moby qui dîne
Pêche voiiisine
Pêche assassiiine
C’est moby qui dîne
C’est moby qui dîne
 
Pêche d'origiiine…. »
 
Aux mots de la langue qui l’avait vue naître. Elle sortit la longue vue : un petit poisson rouge sur une coque verte chantant à tue tête. Son cœur fit 36 000 tours…c’était elle.  
Or ce n’était pas le jour et aucun secours n’était à attendre du soleil, quant à la lune elle affichait le sourire moqueur de la plus cruelle des nuits. Les tulipes étaient restées au pays et la ligne rouge main dans la main arriverait bien trop tard le lendemain pour traverser le rêve jusqu’à la réalité.
Tristesse de ce petit poisson qui ne savait plus nager, tristesse de se demander si réellement il avait pu un jour dans ce bocal apprendre les forces de la vague…et la voix s’éloignait, et les paroles et les tulipes :
Le chœur des tulipes « et si tu étais arrivée à la fin de ta vie de poisson rouge, et si tu étais bien plus qu’un poisson rouge, et si tu étais ce que tu n’as jamais connu…et si tu étais…et si tu étais… »
 
Alors ?
 
Le petit poisson rouge a couru sur la plage comme entouré de toutes ses fleurs amies qui l’encourageaient des frôlements de leurs pensées. Et c’est à l’aube qu’enfin il atteignit le rivage et fut emporté par la première vague de sa vie…
 
« Pêche à la liiigne
Pêche sardiiine
C’est moby qui dîne
C’est moby qui dîne
Pêche coquiiine
Pêche à l'usiiine
C’est moby qui dîne
C’est moby qui dîne
Pêche voiiisine
Pêche assassiiine
C’est moby qui dîne
C’est moby qui dîne
 
Pêche d'origiiine…. »

mercredi 12 septembre 2007

histoire de passion rouge 2

Je sais enfin pourquoi je n’arrive plus ni à lire ni à écrire…pourtant je le fais mais je sens bien que mon cœur est ailleurs. Je le fais pour tourner en rond, je le fais pour noyer le poisson. C’est affreux à dire cette expression parce que justement c’est à cause du petit poisson rouge que j’ai abandonné à son sort….que je me sens vide et creuse. Que je redonde de soupirs.
Je suis sans nouvelle. A-t-il rejoint sa belle ? Etait-ce une illusion ou pire un leurre, un piège, un filet, une épuisette…pour le ramener au bocal.
Il s’est jeté à l’eau et ce n’est la responsabilité de personne, son choix n’a pas été influencé mais lorsqu’il a pris sa décision, il a été soutenu et d’ailleurs quelqu’aurait été son choix, il l’aurait été… Et puis j’aurais faire pareil que je sois lui ou bien tulipe.
C’est l’histoire d’une suite aussi et puis d’une vie…à dérouler à deux.
 
Elle se réveilla allongée dans la frêle embarcation tanguant dans tous les sens, la voile blanche claquait sous une lumière aveuglante…
-« bonjour Toi. »
Il est vrai que le petit poisson rouge n’avait jamais eu de nom puisqu’il avait toujours été le seul et unique petit poisson rouge.
Une tache orange apparut se dessinant lentement jusqu’à atteindre la perfection du détail, lumineusement le petit poisson orange glissa une nageoire sous le dos du petit poisson rouge, le redressant.
-« je t’ai cherchée partout partout, murmura le petit poisson rouge, et c’est toi qui m’as trouvée. »
Elle lui conta sa vie de bocal et sa vie au royaume des tulipes.
Le petit poisson orange lui conta sa vie de bocal et sa vie dans un bateau de pêche… et les années entières à fabriquer le radeau de ses rêves.
Le petit poisson rouge avait des larmes plein les yeux parce que somme toute, elle n’avait pas été très malheureuse dans son champ de tulipes. Alors qu’elle y avait grandi et s’y était épanouie, le petit poisson orange à fond de cale, oublié de la lumière avait dépéri. Elle lisait toutes ces marques de souffrance sur les écailles du petit poisson orange…les morsures du temps.
Soudain il y eut un énorme remous, le bateau sautillait dans l’air, un gigantesque paquebot faisait route tout droit vers elles. Alors elles se serrèrent l’une contre l’autre et se mirent à chanter :
"Même pour deux secondes
Nous referons le monde   
Même pour deux secondes
Nous filerons ma blonde
Même pour deux secondes
Nous vivrons notre ronde
Même pour deux secondes
Je t’aimerai profonde
Même pour deux secondes…"
 
 
Le radeau s’envola dans les airs jusqu’à toucher le ciel et les étoiles en plein jour. Le rouge et l’orange se fondirent en poisson d’or et des milliers d’écailles illuminèrent la terre entière.
Sur un nuage, les deux amies se retrouvèrent ébahies l’une de l’autre, sans même savoir si elles étaient en vie, de faire face au corps d’une femme.
Elles se prirent alors la main et de sentir leurs doigts chacune s’unir à ceux de l’autre fit naître en elles les battements d’un cœur céleste… 

 

mardi 11 septembre 2007

histoire depassion rouge 3

Tout autour d’elles, étaient d’autres nuages sur lesquels se dressaient d’étranges panneaux fléchés pointant vers le haut, vers le bas, dans toutes les directions et portant les noms très évocateurs de grotte magique, tulipe, banc, lune, route vers nulle part, océan, ruisseau, cave alchimique, jardin, mercure, train fantôme…
Fallait-il monter ou redescendre ou bien encore rester dans le labyrinthe des nuages à suivre le gré de leur curiosité ?
Elles avaient soif de couleurs, de celles qui n’existent que dans la vie. Alors elles libérèrent leur instinct, fermèrent les yeux et plongèrent dans le vide…

DSC-0213-copie-1.jpg
Deux jeunes femmes se promènent sur le versant d’une montagne, elles ne savent pas d’où elles viennent, leurs regards se portent très souvent vers le ciel, mais elles ne savent pas la source du ruisseau qui les emmènent. La beauté les entoure jusque sous leurs pieds, les reflets dans l’eau, la caresse du courant et les couleurs qui s’y noient comme autant de bonheurs d’être ensemble, dans le même mouvement… 
Prise de vue : Ars

lundi 10 septembre 2007

histoire depassion rouge 4

…c’est elle et moi, et je suis prête à tout recommencer, jusqu’à retourner dans mon bocal pour de nouveau connaître cet amour qui nous unissait, au bord de ce ruisseau, ces lettres qu’elle écrivait pour dire le bonheur. Je n’ai pas rêvé toutes ces photos, ni son corps allongé dans l’herbe et ces milliers d’heures de caresses à l’embrasser. Je n’ai pas oublié que je l’aimais depuis toujours, bien avant qu’elle ne me prenne la main et ne m’emmène dans le pays du lendemain.
Mon petit poisson de la passion, mon grand frisson de l’émotion, l’eau court encore sur les cailloux, vive comme les écailles qui étincellent dans ton regard, vert, bleu, parsemé de l’or malicieux, les grands feux le soir, tout ce ciel pur, ces nuits d’hiver en plein été, il faisait chaud perdues dans l’une de ces immenses pièces aux murs de pierre et le tableau de la petite fille brune sur le balcon, l’infante de la demeure, scellant tous nos secrets. Je ne me souviens de personne d’autre, il n’y avait que nous et surtout il y avait toi.
Le petit poisson rouge ne savait plus qu’elle avait été un petit poisson rouge parce que le voyage était là seulement qui commençait, celui qui se fond dans les paysages de l’amour invisible sous le drap blanc de la vie, sur l’herbe verte découverte de la neige avec l’élan d’une même pensée.
Des milliers de fils aux couleurs différentes se sont tissés qui unissent le meilleur comme le pire mais qui tiennent fort serrés au cœur. Ce cœur aux corps éloignés qui toujours voyagera dans l’âme de dame Aslé, de deux petits poissons enlacés sur une barque qui ont touché le ciel, un jour ,et un autre pour ne jamais se quitter,et puis un dernier pour ne pas s’oublier…

vendredi 7 septembre 2007

Au ciel des voyeLLes


La voyelle i d’un e assortie
un beau jour fut prise de frénésie
et comme une lettre qu’on remercie
elle joua des mots de l’acrobatie.
Le e au triste sort d’hégémonie
sortit alors de sa paralysie
lorsque i lui dit en pleine folie
« e offrons-nous une fantaisie
toi et moi il faut que l’o nous marie »
Or mais voilà que le l balbutie
au singulier des voyelles amies
« un i dans l’e un e dans l’i ravie
mais un œil et deux yeux c’est pour la vie»