dimanche 6 janvier 2013

2013


Cette année je fais la grève des vœux à souhaiter, et encore que dis-je ! Une grève serait une volonté farouche de ma part à ne pas respecter les traditions. Mais je n’en ai pas envie tout simplement, c’est tout. Ou alors de souhaiter des choses si personnelles qu’il faudrait que je sois écrivain pour retranscrire durant l’année entière à venir ce que j’aimerais ce que ces 365 jours soient en résumé pour cette personne que j’aime…
Et zut ! C’est mission impossible. Alors je ne souhaiterai aucun vœu à personne durant au moins tout ce mois de janvier.

dimanche 23 décembre 2012

JE SUIS NUL

D’où parfois l’intérêt de répéter tout haut.

Bien sûr que je n’aime pas que l’on me fasse connaître  ce qui se dit tout bas. Mais là pour une fois, le petit garçon, le copain du copain, a eu ce cri du cœur (et pas ce cri vengeur à double tranchant qui blesse à la fois celui qui n’a pas assez murmuré bas, et la personne à qui s’adressaient ces propos sensés rester dans la sphère des voisins…EXEMPLE : tu as dit du mal sur la maîtresse je vais le DIRE). 
 « Il a dit qu’il était nul. »
Il a failli repartir, en traînant avec lui durant deux semaines, ce sentiment de nullité. Je le revois tourné vers le fond de la classe et glissant son bulletin dans sa sacoche accrochée au dossier de la chaise. « Il a dit qu’il était nul. » Alors avec lui j’ai « repris » le bulletin, avec une autre approche de lecture, en détaillant avec lui toutes les choses qu’il savait faire, et en appuyant encore davantage sur cet atout qui est le sien : lire et comprendre et comprendre encore bien plus loin que ce qui est écrit.
Combien de petites voix ai-je laissé partir ainsi ?
Pourtant j’ai toujours fait attention, attention à rattraper de mauvais résultats par une appréciation encourageante, orale pour les enfants et écrite pour les parents invisibles que je ne connais pas.
Elève des écoles
Par chance il était premier dans l’ordre alphabétique, par chance pour les autres. J’en avais les larmes aux yeux à la fin, parce que toute la classe applaudissait chacun à chaque fois. C’était Noël. Et cela continuait encore dans le couloir, certains bulletins ressortaient des cartables : « Madame vous l’avez écrit en mathématiques mon point fort ? » Question assez embarrassante venant d’un petit garçon qui excelle dans toutes les matières…mais ouf oui c’était bien celui que j’avais choisi de mettre en avant…  « …parce que je suis fort en math… ». Les reines de l’orthographe avaient le rose aux joues, la princesse malheureuse des mots tordus devenue championne des verbes n’en finissait pas de fermer la bouche sur un sourire éclatant ! Alors là oui c’était bien mon Noël à moi aussi.

dimanche 25 novembre 2012

Le soleil était tout tordu


C’était le matin, un lundi matin de tous les jours de la semaine, un jour d’automne pas encore né de la dernière nuit et de sa belle mort instantanée, un jour à grandir où je pouvais décrire les ombres qui m’entouraient comme étant vierges de toute couleur affligée, désespérée et désespérante, de la pâleur et de la morosité qu’engendrent l’ennui de n’avoir rien à inventer.
Je pensais à toi, à l’aube d’un nouveau jour au lac si proche et si lointain, à toi que je ne pouvais saisir ni dans mes mots, ni dans mes bras, et surtout pas dans mes mots puisqu’ils me faisaient tant défaut pour t’approcher aux premières lueurs de notre amour.
J’étais seule cachée derrière le mur de l’enceinte, je fumais une cigarette en attendant les premières voitures, la Lune était posée à moitié endormie sur les brumes du silence et de son monde invisible, et si j’étais là heureuse c’était bien parce que tu me manquais dans cette vie qui n’en finissait pas…. (et là impossible de trouver le bon mot, peut être que ce sera toi qui me le donneras)
 

samedi 17 novembre 2012

Quand Mademoiselle et Mondemoiseau deviendront égaux.

La première des égalités c’est que tous enfin m’appellent Madame et laisse le Mademoiselle dans la boîte des souvenirs de mon enfance avec mes robes en dentelle, mes longs cheveux blonds en anglaises encadrant ce visage toujours fermé de photo scolaire.

Quand je pense que toute mon adolescence et encore bien des années après on m’appelait Monsieur, combien j’en étais vexée aussi parce que je me sentais invisible alors que tout ce que je voulais c’était être bien dans mon moi et son apparence… Alors me faire resservir du Mademoiselle à l’entrée du monde du travail par les grands et les petits…
Ce Mademoiselle est allé un temps, contre mauvais cœur faisons bonne grâce, mais à l’arrivée des premiers cheveux blancs, il sent la vieille fille qui vit dans le moisi d’un appartement avec deux ou trois chats qui s’appellent tous Mistigris… numéro 1, numéro 2, numéro trois… (je rigole là !)
Tout ça pour dire qu’un véritable changement prônant l’égalité des deux sexes est déjà en marche, et que des Madame pourront se marier, sans être restées jusque là Demoiselle…
Déjà cela a commencé oralement avec la grande instance hiérarchique qui supervise ma profession, et vraiment ça fait du bien d’entendre « Bonjour Madame Aslé », puis ensuite dans tous les courriers qui émanent de mon administration, ce Mme Aslé qui me fait l’égale de ma mère, j’en suis fière…bête à dire, mais c’est comme si enfin j’avais grandi.
Voilà Madame, Monsieur…en attendant vos propositions pour l’abolition de la fameuse règle « Le masculin l’emporte sur le féminin »…je retourne vaquer à mes (pré)occupations   ;)
 

jeudi 15 novembre 2012

La maîtresse sensée alter

Enfin une bonne journée, sans doute d’une manière quasi-certaine parce que je ne me suis pas mis la pression… ce qui s’appelle pour moi « prendre le temps » du temps de l’instant. Je ne me suis pas énervée, angoissée, culpabilisée, j’ai laissé se dérouler les événements, en donnant un petit quart de tour de gouvernail de-ci de-là : c’est agréable de dériver en eau calme mais quand même il faut être vigilante aux écueils et autres récifs pour éviter l’inéluctable débordement.
photo sauvegardée
C’est vrai qu’un minuscule trou dans la coquille peut vite se transformer en inondation de la salle des machines ; mais je ne peux pas être sans arrêt en train de colmater des microfissures qui peut-être se seraient rebouchées d’elles-mêmes.
Une bonne journée, où je pense que tout le monde fut gagnant. Ce n’est vraiment pas pour me vanter, mais simplement pour que cela pèse dans la balance du bon côté, cette balance dont je devrais me souvenir qu’elle est en fait perpétuelle et pas un fuseau de Greenwich qui se remettrait tous les jours à zéro.
Je me devais de marquer cette journée d’une pierre blanche et j’espère qu’il y en aura d’autres, je ne vais pas dire beaucoup, mais quelques-unes quand même, pour moi, juste pour moi, pour me rassurer, pour m’assurer sur le passé et l’avenir, pour me donner un réservoir plein de confiance vers la route qui n’est pas encore tracée.
 

mardi 13 novembre 2012

Un petit sourire de cinq mots pour te dire Merci.

Cela fait des années que je n’ai pas mangé de brocolis, je ne sais même plus le goût qu’ils peuvent avoir, si même ils en ont un. Autant je me souviens parfaitement du sucre de canne marié au rhum et au citron pressé, cette confiance chaque fois renouvelée, tant mes papilles prenaient le dessus sur les conséquences d’un verre ou deux ou trois. Mais un soir, alors que le train de l’ivresse s’ébranlait encore pour arriver dans cette même gare sordide qui s’ouvrait sur ce panneau bleu auquel manquait toujours la même lettre, une femme sortant de la loco avec un brocoli sur la tête et armée d’une canne, se mit à vociférer qu’elle venait de perdre sa lettre de confiance…C’est depuis ce jour-là que j’ai arrêté les brocolis et les voyages en train pour la Martinique.

mardi 6 novembre 2012

Le ciel ?

Il arrive qu’il ne soit que l’œuvre d’une feuille blanche bien pliée selon des règles ordonnées. Mais pas toujours, car au plus fort du système des mystères intérieurs s’écrivent en lignes croisées des signes qui ne peuvent pas tromper.
Ainsi je déplie le rectangle de ce qui devait être une route toute tracée pour créer le bonheur éphémère d’une feuille ronde en papier, et me voici surprise par des éclairs, des traces en fusée qui définissent de nouveaux fuseaux horaires, des griffes de grilles profondes qui se délient dans l’atmosphère, pour me souffler qu’il n’y a pas vraiment d’heure, vraiment pas d’heure…pas d’heure pour comprendre que la Terre est ronde et qu’être libre de la vie c’est pouvoir garder les yeux ouverts sur l’infini…
St Valery sur Somme août 2010
 
 
Comme une étoile au milieu de la nuit, comme une feuille de l’arbre qui s’est enfoui.

mardi 30 octobre 2012

L'infirmière pleure


Elle en avait les yeux mouillés, elle pleurait comme dans ces moments où l’on ne peut pas pleurer, ces moments…
Elle répétait : c’est la première fois que ça m’arrive, et moi souriante et soulagée qui ne comprenait rien d’autre qu’elle n’aurait pas à me repiquer, je lui disais bêtement que moi c’était la troisième fois.
J’aimerais la revoir, enfin plutôt retomber sur elle (puisque l’absurde c’est toujours que ce soit une différente à chaque fois), parce qu’elle a eu l’honnêteté de me dire qu’elle avait claqué la veine, qu’il fallait appuyer fort et puis en rentrant chez moi faire des compresses d’alcool à l’eau tiède. C’est elle qui a appuyé fort des deux mains d’ailleurs. Chez moi j’ai retrouvé un kit de compresses avec des pinces (intéressantes ces pinces pour un usage intra-scolaire au sein de mon projet récupération d’objets en plastique de tous genres…) et une bouteille d’alcool…enfin la douleur vive apaisée, vraiment j’ai eu mal, de cette sensation d’aiguille toujours présente…je me suis mise à réfléchir.
« Pourtant j’ai pris une fine aiguille… »
Moi je sais, mais après, seulement maintenant en revoyant dans ma tête le tube plein à rebord j’oserai dire, car d’habitude c’est…c’est…au mieux…deux petites fioles au compte-gouttes et l’infirmière rassurante qui dit « ça suffira bien assez ».
Je sais qu’elle est allée trop vite. Je pense simplement…
Je suis contente pour elle que ce soit arrivé, être une infirmière « chevronnée » ne veut pas dire n’avoir jamais de « couac », je me demande d’ailleurs comment elle a pu faire pour n’en avoir jamais eu.
Et puis ce soir avec l’Amiral qui me parle de motif de renvoi…Je me dis qu’au vingt et unième siècle  on pourrait admettre que les Asl& ont des veines spéciales et que c’est la faute de personne !!!

mercredi 17 octobre 2012

Une chantrice et une acteuse...


Je l’ai fait par curiosité, je l’ai fait aussi parce que je savais que tout avait changé et que je n’aurais aucun souvenir du passé.
Je l’ai fait en vérité car j’avais le choix, le choix du lieu mais pas que ça. Le choix du temps d’attendre, le choix du jour, le choix d’octobre.
Je devais trouver l’espace qui ne me ferait pas fuir,  celui qui dès la porte d’entrée ne me tétaniserait pas, et à toutes les portes ensuite.
Je l’ai fait car quel qu’en serait le résultat, je l’aurais fait et c’était déjà une victoire. Comme déjà sortir seule du labyrinthe et de passer dans un couloir entouré de jardins. C’est insensé ce que peuvent cacher comme dédales certaines façades de centre-ville.
Tu sors la poitrine engluée, les lunettes revissées de travers sur ton nez et c’est tout de suite le trottoir de la pluie, un joli feu rouge, une flaque, un carré de boue et un petit bonhomme vert qui t’ouvre les clous.
Je ne voulais pas me retrouver seule dans la cour des miracles.
Maintenant j’attends sans attendre le développement écrit des clichés compressés et de tous les beaux arrêts sur image du film produit par l’Académie… Je souris ami lecteur, je souris parce que ma mère aurait été heureuse de savoir que je n’ai plus peur de m’exposer.

dimanche 7 octobre 2012

Hipposonge


Pour que brillent les étoiles, il suffit d’enlacer les fils d’or de nos pensées et pour que Youmé la bergère des coeurs devienne la reine du ciel il suffit de la merveille de nous aimer…
Les gouttes de pluie sur la vitre déroulent des hippocampes à l’infini, je connais seulement maintenant ce qu’est l’intensité de la poésie, avant ce n’était rien, je ne savais pas ce courant qui me traversait pour passer cette autre frontière, je ne savais pas…

dimanche 9 septembre 2012

"six women one man"

J’ai l’esprit entièrement détourné par ma vie professionnelle ces derniers jours, mais c’est un passage obligé, c’est à fond ou rien du tout, si je ne m’engage pas, si je n’y crois pas, je ne tiendrais pas. Après je sais que je lèverai le pied, que je prendrai du recul, et que je n’aurai pas ce sentiment de culpabilité en oubliant mon métier pour reprendre ma vie…
C’est toujours cette balance.
J’aime ces photos. http://www.images.ch/2012/fr/artistes/nadav-kander-34.html  … J’y trouve mon histoire, je me retrouve dans ce passé, et la plus belle chose, c’est que ce soit toi qui m’ouvres la liberté de me pencher sur ce que j’étais et sur ce que je suis à présent.