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dimanche 5 septembre 2010

La machine rouge et bleue


il devenait fou
une panique que plus rien ne pouvait apaiser
elle serrait les poings les dents
à cent mille tours seconde
ce ne serait plus une simple explosion
non…ce serait comme devenir une étoile
elle avait un thermo réacteur dans la poitrine
elle allongea les bras par dessus la tête
pour faire décoller la fusée en arrière
la poésie n’avait plus qu’à bien se tenir
les larmes rouges allaient se montrer
et fahrenheit et celsius se marieraient
dans l’apocalypse du petit matin
le coq du voisin lui s’en moquait bien
la moto de cinq heures aussi
les petits oiseaux ces girouettes
ces pauvres mauviettes à la solde du soleil
s’en balançaient tout autant
et les feuilles des arbres qui se préparaient au vent
n’étaient rien d’autres que les lucioles de l’éphémère
…ce fut ensuite que soudainement il se mit à pleuvoir
que la cloche de l’église qui sonnait la fin de la nuit
se fit comme à la fête des retrouvailles d’une goutte à la terre
 …dans la bouche elle avait un goût formidable
une drôle de soif de sang et d’eau mêlés
ce fut là que son coeur s’arrêta de battre
ce fut là qu’elle s’endormit…enfin rassurée

mardi 27 juillet 2010

la superficie du ciel


mon coeur s’ébruite calme et nocturne
sous la pluie qui crépite sur les ardoises grises
il crépite secondes d’une pendule astronomique
il compte les pas de mouche jusqu’à la Lune
il bat si parfaitement à la cadence de l’invisible
cet infini qui endort le temps de la nuit
que les mots de mon corps en prennent la fuite
tout s’évade en gouttes sèches qui rebondissent
j’ai ce toi et ce toit comme la tombe qui m’aime
alors je m’abandonne à la tendresse de ce lit
j’écoute en silence les notes de musique
et si je chante le tambour sourd de mon sang
c’est en pensant au champ de blé qui coule dans mes veines
comme un vent neuf juste avant la moisson de l’été

dimanche 20 septembre 2009

Mon coeur se balançait.




Je ne savais plus l’escarpe,
ni mettre un titre sur une lumière,
mon coeur se balançait à la ficelle de l’endroit.
Sur la mer d’ocres en prise noire de funicule,
à la verticale d’une femme mue en écailles,
mon coeur se balançait.
La belle de moi,
noyée à la poussière chaude des étoiles,
la belle,
au riche sable blanc de mes pauvres marnes,
la belle,
de mes mots morts à l’agonie de l’orage,
la belle,
m’enivrait folle à la suite de son image.
J’écrivais des lettres rousses formées de l’amour,
celles du soleil sourd étreignant le bleu du jour,
tous ces paysages lus sur les lignes de son visage
auxquelles mon coeur lourd de ses ailes se balançait.
Saignant de la mer le pourpre
qui va roulant de la source à l’océan,
j’écrivais étonnant,
mon coeur se balançait.
  
Ne suivait plus que son image.
Les négations s’alignaient sans suite sur le ciel noir,
l’énarthrose des nuages s’adonnait au grand miroir.
Moi je n’avais plus le courage
de n’attendre plus jamais l’heure qui sonne.
Je prenais son visage coupé au vif rouge de ses baisers
et aux rectangles clos je nouais toutes les boucles.