mercredi 6 novembre 2013
mercredi 30 octobre 2013
cîme tiers
Demain c’est cimetière et je suis soulagée d’écrire ce
nom au singulier, d’écrire cette journée au singulier aussi. Je sais que la
tombe de ma mère aura déjà été nettoyée par la personne inconnue, qu’il n’y
aura plus aucune feuille du chêne d’Amérique venue de l’ancienne forge…Mais c’est
vrai, j’avoue que quelque part j’aimerais bien tomber nez à nez avec elle, moi
avec ma petite pelle et elle avec sa brosse et son seau d’eau. Quand même cela
fait des années que ça dure et le mystère reste entier !
Ma petite pelle c’est pour les bruyères aux pieds des
arbres, enfin s’ils n’ont pas été coupés comme ceux que mon grand-père avait
plantés. Depuis qu’ils sont devenus grands, j’ai cette appréhension de ne plus les apercevoir
en sortant de la voiture. Je suis tellement fière d’avoir sauvé ces deux
arbrisseaux, je ne sais pas leur nom, ni d’ailleurs le nom de la personne qui avait déposé cette
composition florale et arbustive sur la tombe.
Demain c’est cimetière et je suis soulagée d’écrire ce nom au singulier,
d’écrire cette journée au singulier aussi. Même si mon grand-père est ailleurs,
c’est dans ce village que je le retrouve, et pour mon arrière-grand-mère je ne
pense pas que ça lui manquera, comme la fois où je me suis perdue dans toutes les
allées du grand cimetière de sa ville à la nuit tombée et que…finalement pour
ne pas repartir avec ma potée, je l’ai déposée sur la tombe de quelqu’un avec
le même nom de famille.
Demain c’est cimetière et je suis soulagée d’écrire ce
nom au singulier, d’écrire cette journée au singulier aussi. Demain je vais parler
aux arbres en regardant un peu partout dans le cimetière, en accrochant mes
yeux aux pierres blanches de l’église, et si jamais ils ne sont plus là, je
parlerai aux bruyères pour leur dire que tout bientôt elles auront deux grands
frères pour passer l’hiver. Ensuite j’allumerai une cigarette en grimpant vers le haut du cimetière, soulagée,
parce qu’après la tombe de ma mère (de ma grand-mère aussi), je vais suivre le circuit
que nous faisions ensemble, ce petit bébé sa cousine…cette centenaire sa grand-tante…et
puis à la tombe penchée de nos origines venues d’ailleurs, il y aura ce grand
vide de silence qui ne finira jamais de s’écrouler.
Alors qu’avec ma mère nous repartions vers
le bas, moi maintenant je continue tout droit vers le nouveau cimetière, il n’y
a vraiment aucune place pour les arbres, que des terrains à tombes bien calculés,
mais juste après il y a une prairie avec des ânes et la rivière…Je me demande si
la rivière sera encore là, c’est juste pour ça que demain j’irai au cimetière !!!
(et puis pour les arbres aussi ;))
samedi 26 octobre 2013
vendredi 4 octobre 2013
4-October+RW
Ce matin dans le ciel, une double circulation de nuages
sur deux étages, les plus hauts avançaient paisiblement, alors que ceux en
dessous se déplaçaient à une vitesse folle.
C’est le vent, un drôle de vent, un courant d’air qui m’a
fait lever les yeux au ciel.
J’aurais pu prendre des photos, mais dans mon coin de
mur, j’ai allumé la cigarette de la condamnée à devoir s’en passer, j’ai eu
chaud, j’ai eu froid, avec dans la bouche un futur proche café, avec dans les
yeux ces mots qui ont su dépasser toutes ces heures et qui ce soir arrivent
tous drôles, un peu effilochés, à recoudre usés d’une journée, mais ils sont là…
jeudi 26 septembre 2013
Essai de normalité (1)
Une journée de travail si bien préparée, trop bien, trop
bien organisée, trop loin pour certaines séquences dans le temps (même pas une
semaine et j’avais déjà oublié l’essentiel !). Ce n’est pas le tout que
tout soit bien sur le papier, comme si c’était fait, le tout dans la poche avec
cette impression rassurante d’avoir cogité des heures.
Le résultat est pitoyable. J’arrive déjà fatiguée. Certes !
Je n’ai pas mauvaise conscience, car tout est prêt et tout devrait rouler comme
sur des roulettes, mais je suis absente. C’est vraiment ça ! ABSENTE comme
de me regarder faire la vie.
Je me dis que j’aurais mieux fait d’aller travailler dans
cette usine à (de) petits pois, depuis elle aurait fermé c’est vrai, elle m’aurait
obligée à devoir courir (attendre comme une moins que rien) après un quelconque salaire,
mon corps se serait passablement démantibulé et pire encore, je serais bien
plus vieille et usée que maintenant, mais dans ma tête, dans ma tête il n’y
aurait pas eu ce chevauchement.
samedi 14 septembre 2013
AB
J’ai retrouvé au fil du hasard qui relie les mots, celle
avec qui je jouais aux généraux, pas vraiment à la guerre, nous n’étions que
des hommes avec des cartes imaginaires. Notre bureau : une pièce loin de
nos petits frères. Les cigarettes de son père : d’énormes cigares dans nos
bouches. Si je m’en souviens encore : c’est que ce grand homme aux verres fumés
comme surgi d’un laboratoire de mathématiques appliquées, au visage tout
chiffonné et hérissé de poils, nous avait surprises…Mais dans notre jeu il n’y
avait ni briquet, ni allumettes, alors il a pris ce qu’il venait prendre,
refermant la porte derrière lui.
jeudi 12 septembre 2013
un jeudi 12 septembre
Il suffit de si peu de choses.
Comme de glisser une enveloppe dans une boîte un matin
très tôt, de l’entendre être seule en touchant le fond de sa prison de quelques
heures, avant qu’elle ne parte en voyage, sans trop savoir si elle arrivera à
destination, parce qu’il ne restait plus qu’un seul timbre au carnet.
Comme de répondre aux dames du matin « Oh non je ne
me suis pas vraiment reposée hier, tout ce qu’il faut préparer… » Je
venais juste de glisser l’enveloppe dans la boîte, je devais avoir certainement
un sourire posé quelque part sur mon visage pour qu’elles m’entendent si bien.
Alors le soir les dames du matin qui reviennent quand ma
journée est finie m’ont offert quelque chose qui n’a pas de prix : « Vous
n’aurez plus qu’à appuyer sur le bouton ! »
Il suffit de si peu de choses.
samedi 31 août 2013
Ce qu’il y a de bien avec les cheveux c’est qu’ils repoussent
Avec mon coiffeur, on essayait de se souvenir de la
dernière fois où ses ciseaux avaient croisé mon ondulante, frisotante, anarchisante…chevelure.
Moi je savais, j’avais en douce mémoire une photo d’hippocampe à hippocampe. Mais
comment le lui dire ? Alors nous sommes restés dans le flou du calendrier.
Il avait son bermuda tahitien et sa longue barbe blanche
des plages sans personne.
La prochaine fois,
je lui dirai : « C’était à la fin de l’été, je crois, hum… je me souviens
très bien, je pensais que vous étiez mort, et que j’allais laisser pousser mes
cheveux au moins jusqu’aux oreilles… »
jeudi 22 août 2013
Aparté en marge de l’histoire d’Inshitayatoo
On dirait des juges, mais des juges de maintenant (les
hommes derrière) pourtant ce n’est pas son procès à elle, on ne peut pas faire
un procès à quelqu’un qui se penche sur le passé. Finalement, je pense qu’elle
ne sait pas, ses mains ne savent pas, elles cherchent à l’aveugle, elles
cherchent une émotion, elle lit timidement, mais ce n’est pas d’elle les
griffes dans le bois… Pas encore…
Elle attend quelque chose, une vérité, un pardon. Elle le
provoque aussi le pardon avec son regard si droit. On dirait la guerre de ne
jamais pardonner. Et ses lèvres, et sa moue, je crois que je l’aime bien mais
quelque part j’ai peur.
jeudi 15 août 2013
Pour un sachet de pistaches
La princesse Inshitayatoo m’agace, je ne réussis pas à la
faire avancer dans son histoire, elle est juste
(simplement) comme moi : en vacances. La différence, c’est que moi
je suis bien en vacances, mais pas elle. Même si au départ elle prend la chose
comme tel(le), elle ne reviendra pas. Moi je le sais forcément, mais elle, elle
ne le sait pas encore…
(Je pense que dans son sac, il y aura des pistaches, des
pistaches magiques ou pas, parce qu’il faut bien qu’elle ait quelque chose sous
la dent pour se nourrir durant ces 148 jours)
(…je souris…)
mardi 6 août 2013
mardi 30 juillet 2013
I n i t i a l e b l e u e
J’écris une histoire et cela fait bien dix jours que je ne « m’y
remets » pas. En fait je sais que je n’aurais pas dû m’arrêter, mais je ne
peux pas faire que ça, même si ce sont les vacances. Alors en attendant le
prochain flash, et en espérant cette fois ne pas avoir perdu le début de mon
histoire, je dis « flash », je peux dire aussi « tomber
dans cet autre monde parallèle qui m’aspire », et c’est grisant, un peu
trop pour moi qui ne sais pas très bien poser mes limites…alors donc en
attendant, sans attendre vraiment, je vais vous confier un secret : c’est
l’histoire d’une princesse qui s’appelle Inshitayatoo.
Et oui une princesse encore, mais comme enfant les histoires
de princesse ne m’attiraient vraiment pas, à cause du prince, mais pas que ça,
et que ça m’a manqué sûrement, alors je me les écris, et comme je suis quand
même devenue « un peu » adulte entre temps, je sais que je m’écris
aussi, et ça me fait doublement plaisir en pouvant m’abandonner (me dé-livrer)
comme ça.
samedi 20 juillet 2013
Parallel lines have a lot in common
C’était au bord de l’eau, l’eau n’existait pas encore,
c’était un doux souvenir, comme la caresse sur ma nuque du vent mêlé au soleil.
Je ne savais plus écrire, je ne pouvais plus écrire, j’étais devenue trop
ordonnée, mais il le fallait bien, car dans tout ce désordre qui ne me donnait
comme plaisir que l’encre à noircir mes fins de journée, j’étais nulle part avec
personne et encore moins avec moi-même.
C’était au bord d’un soir, je tenais le miroir entre mes
mains en cherchant mes yeux, mais je n’avais pas peur, je me souvenais les
avoir laissés se poser au bord de l’eau près d’une jeune femme allongée qui m’attendait.
Et passa dans le lointain le cortège d’un mariage, de
klaxons en sirènes, je me disais, ils ont certainement déjà un enfant, ont déjà
vécu plusieurs années ensemble, alors c’était beau comme une fête pour partager
leur bonheur.
Mais je m’éloignais en pensée du bord de l’eau, du bord
d’un soir, du lac qui enfin me fit comprendre la géométrie de ma vie, entre
heure cartésienne et poétique, entre Montaigne et La Boétie, entre Pythagore et
Freddy Mercury…entre la mer et mes raisons sur pilotis.
Il n’y avait pas d’eau mais ce n’était pas certain,
j’étais dans mon jardin, juste comme une goutte d’eau, et j’y étais bien.
mercredi 10 juillet 2013
paper back
Le temps était électrique jusque dans les circuits de mes
ailes d’hippocampe.
Mais j’étais bien, ce mini burn out m’avait permis une
nouvelle fois de comprendre…que décidément rien n’était acquis et que la brèche
serait toujours ouverte.
J’étais quand même à peu près bien parce que j’avais
décidé de ne me faire aucun reproche, et surtout de ne pas refaire les heures à
l’envers avec des tonnes, des bornes de « si » en guise de
virgules.
Tant pis.
Tant mieux.
J’étais dans cet état où je m’étais mise toute seule, et
j’allais m’en sortir, sans avoir honte, honte de ce moi qui s’enfuyait, qui se
fuyait (tu vois j’écris tout au passé mais je sais que cela se reproduira, c’est
ma pile à énergie qui veut ça, je ne sais pas, c’est moi c’est sûr).
Le temps était électrique, c’était l’excuse de l’orage
qui se préparait dans ce trop beau ciel bleu depuis trois jours, l’excuse que je
vous offrais afin que vous ne vous inquiét-âmes pas, tout juste comme il y
avait mille ans mon excuse adolescente d’être
dans la semaine du sang, et cela vous rassurait tellement qu’alors moi aussi j’attendais
que cela passât, (pas que ceci eut passé).
Le temps était électrique, je n’avais mal nulle part et d’ailleurs
c’était trop étrange mon ventre disparu du centre de la douleur.
Ce soir-là je voulais
juste ne pas perdre mes ailes d’hippocampe, le temps était si électrique que
mêmes mes chats se mettaient en boule pour me montrer le chemin du repos avant
demain, mon chien lui était plutôt comme
moi, « insecure », à aboyer des mots dans le désordre pour tenter de
remettre du sens.
Finalement il n’y eut pas d’orage.
Je fus allée me
coucher, enfin je crois…je te dirai demain !
mardi 9 juillet 2013
m e s s a g e
Bonjou r petit blog
Avec mon petit chef on s’est sans doute trop attachés alors on se quitte,
on se re-re-quitte, comme si nous étions décerébrés du coeur, devenus
insensibles. En soi c’est bien, comme ça nous sommes
véritablement devenus intouchables en société. Je veux dire que lui comme moi, nous avons intégré nos deux parties, sans devoir en
léser une, déjà c’est un exploit.
Ami-e-s lect(ri)eur(ce)(s), je ne sais pas
ce que vous comprendrez. Mais retenez une chose, il y a plus d’un(e) Aslé sur
Terre, j’en ai découvert-e un(e) sous l’apparence d’un jeune homme imbu de sa
personne, à l’arrogance maladive, derrière laquelle se cachait un tout petit
garçon comme moi, enfin comme moi, moi je suis une fille,
hein !?
Un bel été à vous où que vous soyez, même
si vous n’êtes pas chef (je souris)… !
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