dimanche 2 novembre 2014
vendredi 24 octobre 2014
lettre à un bruit
Je
vous écris, j’ai entendu un bruit tard dans la nuit, ce devait être vous qui
vous posiez sous l’arbre de la pluie. Mais ce matin à mon grand dam je ne sais
plus quelle adresse écrire sous le bleu de mes paupières.
Au
triangle de mes émotions, au plus profond de mes incertitudes, dans cet endroit
où caverne le souffle du magma céleste, vous me fîtes pourtant la plus belle
des révélations, dans ce bruit étrange, mes soupirs avaient repris leur
respiration.
Vous
n’êtes pas le visage de l’habitude, vous n’êtes ni la femme du jour, ni celle
de l’après-midi, ni celle encore qui posséda mon prénom. Vous n’êtes qu’une
seule certitude, celle de vous écrire, car tard dans la nuit, j’ai entendu un
bruit…
samedi 4 octobre 2014
Petite Chanson Du Samedi
Le
temps se fuit,
le
temps s’essuie,
la
glace s’ensuit,
la
suite arrive…
et
l’économe se fait la malle.
La
malle s’emplit,
la
malle se vide,
l’espace
se vit,
les
cris arrivent…
et
la bestiole se fait la fleur.
la
fleur s’entame,
les
états minent,
le
trou dérive…
et
le pistil se fait cobaye.
Le
cobaye luit,
le
cobaye suit,
la
place lui sourit,
le
bail arrive…
et
le soleil se fait le beurre.
Le
beurre se fond,
le
beurre s’essuie,
la
vache s’enfuit,
la
suite arrive…
dimanche 28 septembre 2014
Le désert de Goethe *
Les
prisons de dune s’explosaient au ciel en millions d’étoiles, et la tornade de
sable aux oreilles hurlantes de ma peur, me criait que désormais elle ne
s’assouvirait plus qu’à mordre de ses grains la surface de ma chair.
J’avançais
en rampant au vent, tout en sentant que tous mes cauchemars empliraient le cœur
de ceux que j’aimais. Je ne pouvais pas mourir, non, pas déjà cette fois,
j’avais encore trop d’amour à dire. Ma peau s’arrachait au sol, je perdais des
choses de moi, mais sans être essentielles puisque je pensais. Oui ! Je
pensais.
J’avais
déjà si peur du vide, des tunnels, des galeries, des escaliers en colimaçon, du
silence, de la nuit, que je n’aurais plus peur de la main qui me quitterait
pour toujours.
Je
pensais. Je pensais encore et encore pour ne pas m’étouffer de ce qui allait
encore sortir de moi, de ces jours sans jour, de ces nuits interminables. Je me
claquai la tête contre ce sol de poudre plus d’une fois, puis un jour, un jour
plus loin, le temps enfin se mit au présent.
Il
arriva cette antique personne, pour qui mon cœur se serrait à chaque fois que
je la quittais, qui voulut m’épouser, qui m’avait coincée entre un écran et un
clavier, ce personnage pour lequel j’avais écrit sous la dictée, écrit, les
doigts tremblants de me tromper, sa vie passée et sa vie rêvée, soupiré entre
deux baisers qui nous défiaient du monde qui nous entourait. Jamais je n’aurais
cru ce qui m’arrivait, j’oubliais les prisons de dune, le bonheur se teintait
de blanc et de couleurs, la vie coulait ponctuée de nos rendez-vous.
J’étais
ensevelie de livres, de musique, de poésies, d’Histoire, et seulement, je
transcrivais sa vie comme je pouvais, sous sa voix au début et puis ensuite
sous sa seule écriture.
Nous
savions que la mort l’emporterait, moi certainement un peu moins, j’étais son
jeune et frêle bâton qui avait retrouvé le sourire devant la vie qui s’ouvrait
devant lui.
J’avais
eu mes prisons de dune, les siennes furent encore plus terribles, mais je
vivais toujours, alors j’ai écrit toute seule mes mots, ceux que je pensais, je
n’ai jamais lu Goethe et ne le lirais sans doute jamais, Goethe c’était lui et
ses 135 ans qui me faisaient rêver à une forme d’immortalité…
« La
naïveté vous sauve la vie plus d’une fois mais l’amour aussi.»
(Longtemps après
sa mort j’ai cherché le seul livre qu’il avait publié, pas pour son contenu que
je connaissais, juste pour voir son nom, pour me persuader que je n’avais pas
rêver…)
*relu et corrigé
le 28/09/14
dimanche 21 septembre 2014
un 21 septembre
Les
feuilles chantent doucement sous le vent qui vient de je ne sais où, sûrement
de plus loin que le jardin du voisin. Il fait presqu’automne mais on ne dirait
pas, c’est cette si belle saison que j’avais oubliée, quand la rentrée des
classes est déjà loin, et que l’année droite et sévère est entrée dans toutes ces
cases avec la promesse de passer tellement vite que déjà j’aperçois le prochain
été.
Rêver
surtout, les yeux grands ouverts sur le
ciel, rêver aux choses qui peuvent toujours arriver, redevenir moi durant deux
petits mois, un professeur de rire et de
rien sans autre emploi du temps que celui de vivre et d’aimer son prochain et
surtout sa prochaine…
Une
tondeuse perdue derrière la colline a entamé son long chant mélancolique et
lancinant, ce doux dimanche de villégiature en route vers les futures étoiles se
termine, et c’est si bon cette petite parenthèse que très bientôt je reviendrai
ici écrire….
samedi 6 septembre 2014
Une aigrette de cyprine ou l’obsidienne de ses yeux ?
Je n’avais pas encore la mémoire d’une Butch Cassidy.
Je l’appelais Aimée en souvenir du film Aimée &
Jaguar. Tous les jeudis matins dans l’azur naissant, elle se faufilait vers le
haut de la montagne Sainte Geneviève, son corps de callypige miaulait encore
sous le vent de la tempête, j’entendais presque les clapotis de sa chevelure.
Elle me troublait et je rougissais sous l’obsidienne de ses yeux, comme à la
lumière d’une aigrette de cyprine.
Et puis un jour de sérendipité, d’un train
malencontreusement raté, j’entrais à « l’Accroche-cœur », ce café aux
murs de miroirs et de photos, couleur de schiste, je m’emboîtais sans détours
et sans mystère entre la banquette et la table couleur cerise, je ressentais en
moi le bateau qui chavirait, ma peau était prête à éclater, je réalisais que
j’allais la voir de très très près. Pour me détendre je me mis alors à
feuilleter cette revue sur les oiseaux qui dans mon rêve était le signe pour
nous reconnaître, mes doigts entortillaient les pages, je voulais être de
plénitude, avoir le corps calme, ne plus entendre les filles au comptoir qui
parlaient de manteaux de fourrure. Les minutes s’enhardissaient de ma fièvre et
d’étoiles, je revoyais mon rêve comme un drapeau qui claquait au vent, comme un
éclair de vie enfin qui me sortirait de la moiteur de mon corps.
Soudain le jour de la porte ouverte éclaira Aimée de
chair et de passion, un immense sourire aux lèvres, tenant entre ses mains un
gâteau d’anniversaire, elle avait autour du cou un collier de perles rouges et
bleues qui dansaient, et plus je la regardais, et plus je savais que la
zemblanité n’était pas seulement qu’un paquet de mouchoirs pour m’intimider.
Deux jeunes hommes alors se levèrent, elle déposa
subrepticement le gâteau sur le comptoir et les serra avec tendresse contre sa poitrine,
les appelant «mes fils» leur disant haut et fort qu’elle les aimait.
La télé en boucle derrière le comptoir fit une nouvelle
accroche, distillant encore et encore la révolte, la trahison et la rage de celles qui lesbonophilaient pour
un monde de sensualité à partager.
Ensuite elle alluma à l’aide d’une longue baguette
enflammée les bougies.
A cette époque je ne censurais pas mes maux, j’avais pris
un cahier pour observer et décrire, alors comptant parmi les mots ceux qui me
resteraient à utiliser : donner, dormir, douceur, frôler, intensité, jouir
et peloter, je ne me sentis pas du tout désarçonnée : j’avais encore mon
caressefil…
Les garçons qui semblaient être des jumeaux soufflèrent
en chœur les bougies, Aimée entonna un vieux chant yiddish polonais de
célébration de mariage.
Ce fut là que je fis cette grande croix croisée dans ce
fameux cahier : qui voulait dire tant pis ! si je suis catholique !!!!!!!
Alors je me suis levée, j’ai poussé avec des cliquetis la
table et mes cinq tasses de café, je partais
regrettant d’avoir raté mon train et d’avoir passé ces quelques heures à
rêver.
« Aslé ! »
Mais comment Aimée connaissait-elle mon prénom ?
« C’est ton cousin qui m’a dit que c’était toi, lui
là : Michel ! Aujourd’hui il fête leur premier anniversaire avec Bertrand !
Ce fut ainsi que grâce à mon cousin Michel, je devins (au
début) serveuse à « l’Accroche-cœur »…
Aslé en retard pour cineffable,
(Je rereferai une relecture pour les fautes de français,
mais j’ai retrouvé ce grand début d’histoire tout à l’heure et impatiemment je
l’ai terminée en écoutant Prince, comme quoi je change, jamais je n’aurais pu
écrire ailleurs que dans le silence de mes mots.)
Je vous aime.
mercredi 20 août 2014
cha ba da da
Je ne sais pas où elle est partie mais en tous cas elle
restera toujours dans mon coeur.
vendredi 15 août 2014
le bracelet d'océan
Le bracelet d’océan à la
lueur pacifique et au gilet irisé qui l’enserre comme une lâche ceinture de vagues,
de ces mêmes vagues qui dans le ciel ensorcellent les ailes des oiseaux, le
bracelet d’océan de coquillages et de lumière que chaque matin espère, et que
chaque midi voit se briser en miroir de pluie à la caresse d’une plume sur le
velours, le bracelet d’océan c’est une photo d’aujourd’hui tenant dans sa main
une photo de demain.
mardi 29 juillet 2014
Le Havre
basculez vos yeux
les arbres se
balancent
le vent se tourne
mon ange autour de nous
prenez ma main et rentrons…
L'Escale
lorsque tu as pris
ma main
les feuilles
volaient
les arbres étaient
debout
le bateau allait
partir…
mercredi 23 juillet 2014
Nestorie Apicola
Je regardais le ciel du haut de mes deux pieds quand
j’aperçus le nuage oublié par le vent. Alors ce fut toute ma vie, qui jusque-là
s’éternisait pétrie d’habitudes, qui me tomba à la figure. Il se mit à pleuvoir
en même temps toutes les saisons de mes années, et sur le long de mes bras les
gouttes de pluie ne s’émouvaient pas, sans aucun sentiment, en totale indifférence,
elles s’écrasaient puis glissaient au même rythme, avec la même force, comme
une horloge bien réglée, jusqu’à la surface de mes deux pieds.
Puis, je supposai qu’elles retournaient dans le nuage car
tout recommençait, comme ma vie, sans jamais recouvrir, ni encore moins engloutir
un seul de mes deux pieds. Je ne saurais te dire combien de temps cela dura. «Un
certain temps» comme disaient les employées du service de déroutage des grues
perdues. [ .;).]
Un jour, mes cheveux trempés effleurèrent mes orteils, instantanément
je ressentis dans mon corps l’aube fulgurante de la solution. Alors que sur ma
peau un éclair se chargeait «enfin», je pris mes deux pieds à mon cou pour m’enfuir
le plus loin possible de « Nestorie Apicola »…
(Oui maintenant je connais son nom, c’est la fille du
vent qui me l’a dit.)
mercredi 25 juin 2014
qui veut peut
Monsieur Le Chevalier,
A vous dire franchement, tout au long de cette journée, en
dehors de mon intime conviction que dès le départ vous fûtes un imposteur, j’eus
cette impression intense de vous avoir toujours connu depuis l’origine des
temps et même depuis l’origine de ma propre histoire s’il eut fallu vous la
dire et concevoir des mots et des phrases pour vous adjoindre à mes
connaissances.
Fut-ce à dire des lettres de votre prénom ?
Certes !
Oui !
Extrêmement, car comble de l’ironie, de l’ignominie, de l’inadvertance,
de je ne sais quoi d’ailleurs… le vôtre (de prénom) avait la même faute de typographie
anglo-saxonne qu’un autre chevalier moins preux que vous ou plus, allons savoir…
car jadis j’avais connu…en mon enfance un enfant de la Botte qui me convenait
si bien.
Enfin !
Vous me parûtes aguerri de mon âge et laissant mes yeux
courir aux alentours je découvris que celle qui m’avait accueillie en votre
demeure si tôt le matin et avec beaucoup d’honneur, de candeur, de fraîcheur
(enfin tout le contraire de vous Chevalier Aux Grands Pieds) n’était autre que
votre compagne…
A vous dire franchement, elle m’alluma de ses yeux alors
que j’arrivais des brouillards, ou fussent mes yeux perdus des nuages qui
cherchaient la lumière ? J’enserrais sa main tandis que ses lèvres s’attendaient
à ma joue, alors comme moi toute endormie, nous nous laissâmes allées aux
étoiles.
Quelques secondes pas plus, juste deux ou trois
poussières d’éternité.
Bien à Vous Chevalier,
vendredi 6 juin 2014
Pas si simple et composé...
La mariée de la pluie était en blanc. Enfin, elle était
en noir, et ce n’était pas un mariage, c’était juste une journée sur une
immense plaine verte couvée par un orage. Le résumé de quelques heures, dans
lesquelles mon rêve a survécu, mes pieds, mes jambes aussi, qui ont su me
porter, quant à mon cœur… il ne s’est pas décroché. C’était en lui que j’avais
le moins confiance. Je me disais sans arrêt : « Alors là non il ne va pas
survivre. » Je me suis dit ça jusqu’au soir, jusqu’à cet écran sur lequel
j’avais écrit le matin « La mariée de la pluie était en blanc. ».
dimanche 11 mai 2014
Aparté en marge de l'histoire d'Inshitayatoo
Au commencement je ne les
voyais pas, elles n’avaient aucune apparence physique, elles étaient deux
âmes
nuageuses sorties de mon esprit et qui s’étiraient à l’infini.
Je leur ai d’abord inventé
un nom, un nom qui n’existait nulle part ailleurs que dans ma tête, leur créant
une identité de voyelles, d’un pays de soleil levant. Cela se précisait mais
c’était encore assez flou. Alors j’ai plissé les mots comme on plisse les yeux
et j’ai vu la ville d’Amakashiskoia se dessiner sous les signes noirs qui
grouillaient sur la feuille. Puis en m’approchant, en frottant un peu l’encre,
j’ai su le destin lié d’Inshitayatoo et d’Alaomista.
samedi 3 mai 2014
Sous le vent
Sur le chemin des heures
de marche, elles s’arrêtaient à la tombée du jour, sur une petite
hauteur ou sous un arbre, elles puisaient alors dans leurs regards toute la lumière des étoiles, puis s’endormaient dans les bras l’une de l’autre. Les nuits étaient de plus en plus belles et les réveils gorgés de leurs tendres baisers. Au petit matin, elles repartaient sans hâte, certaines de leur destinée…et plus elles avançaient, et plus les jours passaient, et plus le temple se bâtissait de leur amour.
hauteur ou sous un arbre, elles puisaient alors dans leurs regards toute la lumière des étoiles, puis s’endormaient dans les bras l’une de l’autre. Les nuits étaient de plus en plus belles et les réveils gorgés de leurs tendres baisers. Au petit matin, elles repartaient sans hâte, certaines de leur destinée…et plus elles avançaient, et plus les jours passaient, et plus le temple se bâtissait de leur amour.
Il y avait des fenêtres qui s’ouvraient sur le jardin des quatre saisons,
une rivière qui traversait des prairies, un lac au bleu profond, un escalier en
colimaçon pour descendre dans l’antre de la terre et écouter les frissons des
volets blancs et bleus se soulever sous le vent, des volets blancs et bleus en
bois d’iroko avec des étoiles au milieu…
Le carnet d’Alaomista s’emplissait des dessins de leurs rêves.
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