dimanche 7 septembre 2008

alfa-bleu


des traces des taches
des gouttes des doutes
du sable et de la boue

des rides des vides
des bosses des fosses
du rose et de l’envie

des choses des grosses
défilent des lignes
du sel et de l’ennui

des routes des croûtes
des boules des boucles
du rythme à la folie

des tresses détresse
des terres des presses
du vide à l’infini

des dames des pannes
des plages des sages
du mal et de l’opale

lundi 25 août 2008

larmes et coeur à délivrer



le soleil est la source
du vide sidéral

le bruit du jour
la montagne dessous les peines

le ciel un idéal
de fleurs à respirer
la voie lactée
la glace d’un café

et la tristesse une lumière
comme le monde inversé
d’un état de liberté avancée

parfois je ris ou je me tais
je me fous de l’imparfait

~


la pluie est l’eau douce
des matins desséchés

la course l’abrasion
du lit de l’amitié

la terre un éphémère
de cendres à diluer
la voie lactée
le miroir d’une esseulée

et la trahison une hérésie
comme la prière à l’envers
d’une farce de Molière

parfois je ris ou je me tais
l’infini demeure imparfait

~

la rose est la beauté
de l’innocente complicité

la musique une abeille
hirondelle des prèles

l’émotion une fusée
brûleuse d’échappée
la voie lactée
une terrasse aux étoiles

et l’amour un dérapage
comme le vent à emporter
de la soif de tout abandonner

parfois je ris ou je me tais
mais la vie c’est mon imparfait
tu me manques tu sais

vendredi 22 août 2008

pour toi



ma rose
il n’est plus de question qui se pose
l’automne sera bleu fatal
profond d’une forêt d’étoiles
les feuilles du ciel d’amour
tomberont comme une chanson
douce avec des larmes d’émotion
elles nous feront un lit d’hiver
un immense nuage posé sur la terre
pour toi et moi pour tous les jours
noyées en elles ma rose nous danserons
de l’indigo de l’outremer de l’horizon
les bleus en fête du mot toujours

mardi 19 août 2008

androïde mal dosée



grincements d’armure
l’humanité noire remonte ma robe de bure
mes gestes se fissurent
mon sourire qui semblait si sûr
n’est plus que le pâle d’une couverture
à effacer
mon azur
je m’estomaque le coeur et les mots
de poses passées du futur
mi femme mi démon
ni l’une ni l’autre
un simple robot mal dosé
aux hormones de la fierté
une ancestrale diabolisation
celle d’être le fruit conjugué
d’un pêcher et d’une passion
qui aurait mal tourné
prise dans les engrenages
d’un verger de fruits sans pépins
où j’aurais rouillé
mais en bleu ça ne se voit pas
ça ne se voit pas
que je lui ressemble à ma gramy
de toutes manières
elle avait les yeux verts

samedi 16 août 2008

Chaloupe


six reines régnaient
la deuxième qui était elle
fut la première à s’envoler

la septième sans royaume
petit rat de navire coulé
celle du bout des doigts
qui ne devait pas pousser
pour son angoisse
les orteils meurtris
à redresser le dos de ses repentir

c’était moi

le vide et son contraire

tu seras danseuse
je n’ai nulle envie que tu te noies

les phobies et la peur
tordue asphyxie
sous mes pieds nus le martinet
le regard aussi
cette différence

j’aimais tant l’eau
j’avais confiance

les reines ne sont plus que cinq
celles restant aux descendances
ont valsé les bagues
autres alliances
nouvelles circonstances
ça me fait rire tout ce temps

tant de choses brisées
mais jamais l’amour
on dira

dimanche 10 août 2008

reflets


Des reflets mauves et bleutés
Sur les murs aux longues tentures.
Des rousseurs, bulles enchaînées
Sur le sol, comme une peinture.

Je suis la main, dans ma main.
Froissement de tissus envolés
De joueuses enlacées,
De belles aux parfums incertains.

Bougies jaunes et bleuies,
Posées en poésie, décidées
A retenir, tous les cris
De l’air tiédi, écartelées.

Des reflets mauves et bleutés
Sur les murs aux longues tentures.
Des rousseurs, bulles enchaînées
Sur le sol, comme une peinture.

Je suis ton corps, dans mon corps.
Amours éparses et incomprises,
Mes lèvres qui t’adorent
Ne savent pas toi, ma promise.


Bougies jaunes et bleuies,
Posées en poésie, décidées
A retenir, tous les cris
De l’air tiédi, écartelées.

vendredi 8 août 2008

Le souffle de l’écriture



J’ai cliqué sur un point inconnu
Deux trois dix mille cents fois
A ne plus savoir tout ce que j’ai lu
J’ai dévalé des lignes noires et dures
Avalé des lectures en multiple d’ambigus
De la folie rassurante
Au sang jaillissant de l’impure

J’ai saisi une si belle âme nue
Offrante offerte
Soufferte souffrante
S’offrant alerte absente
Bafouillée d’ordures
Illuminée d’or pur

J’ai eu si peur de retrouver
Ces deux mains au cou
Ce jaillissement de souffrance
Pour exploser la source
Jusqu’à mourir tout le passé


Je mange mes amours aussi
Par la racine par tous les bouts à vivre
Mes respirations sont rouges au coeur
J’ai des cendres et des envies de bûcher
Pourtant je suis douce à vivre
Le jour quand tout est clair d’aimer

vendredi 1 août 2008

I leave a reply for you in my summer time.

Des mots découpés, ciselés, des fragments d’eau étincelante, un paysage en découpe mais sans acharnement, sans raideur dans le geste, avec précision mais pas celle d’un scalpel, c’est la finesse d’un trait qui après être longtemps resté muet, se prend d’émotion pour un souvenir, les détails deviennent des êtres tranchés avec leur caractère, montagne jeune, abrupte, passage escarpé, fluidité du vide, torrent filé d’argent à faire revivre les éclats de roche sous les pieds…
Ma cicatrice sur mon gros orteil rond et charnu.
Je ne suis que des courbes et c’est tant mieux, j’ai sillonné cette nature, j’en garde une toute petite blessure, toute petite à rouvrir comme une photo glissée dans une lettre jamais écrite à ma mère.
Cette mère drapée qui me doit mon prénom, ce geste et cette trace que je trouve enfin dans mon regard.

lundi 28 juillet 2008

rose texan

 


une rose texane
c’est une majuscule
une lettre de dame
à suivre tendre
de courbes à ouvrir

une rose texane
c’est un mystère
une fleur de drame
à oublier tendre
de la voir s’épanouir

une rose texane
c’est un poing serré
une main ouverte
à offrir ses lignes
au plaisir de la lire

une rose texane
c’est un corps de femme
une vie d’aurore
à suivre le jour
de la course au soleil

une rose texane
c’est ce papillon
ces ailes blanches
à prendre ventre
au ciel d’un avion

une rose texane
c’est une rose d’amérique
une fleur indienne
une graine de st charles
une enfance africaine

une rose texane
c’est tous ces toi
dentelures de l’âme
tous ces pétales
qui te découvrent
profondément humaine


une photo de Jeanne

mardi 22 juillet 2008

rêve d'amérique

je souris
la poésie n’est pas partie
elle joue à cache-cache
entre les pétales d’une rose
elle se glisse ailes de l’émotion
pour se faire musicienne
grande prêtresse muette des mots

quelle musique
le coton des nuages
quel doux périple à te suivre
le long de tous ces chants
la poussière des fleurs
les rires du bleu du ciel
le tien si loin que j’entends

j’ai de l’amour
du soleil sur la peau
et un si bel accent texan
que je me tatoue ton sourire
ma belle toi
en totem de buildings

depuis mon jardin des rêves
où je t’abrite
un baiser sur les lèvres de ta vie
je souris
Houston n’est qu’une city
mais si tu y es alors moi aussi

dimanche 13 juillet 2008

de vous à moi


vous étiez là belle assise sous la tonnelle
les jambes croisées dans la pâleur d’une aquarelle
vous posiez les lueurs de votre si jeune fraîcheur
sur les pages d’un livre que vous connaissiez par coeur
les mots douceur sur vos cheveux glissaient tout en silence
vos mains étaient les deux papillons blancs d’une danse
mariant bonheur et espérance de ces lignes d’amour
qui se tournaient en vie d’être à ce jour
la fleur épanouie au bras ami de cet ailleurs
vous étiez là belle promise à battre de votre coeur
ces mots comme écrits à la source de votre désir
vous l’imaginiez sortir parfum vivant dans un soupir
celle qui vous offrait la liberté de n’être qu’une caresse
un baiser une chaleur un souffle amant épris de la tendresse
de celle qui depuis tous ces jours vous habite toujours
de celles que vous n’oublierez jamais parties sans retour
car vous êtes là belle assise de pouvoir écrire
à votre tour tous les mots qui s’ouvrent à vos sourires
comme tous ceux aussi qui rêvent entre les rides de vos yeux
lorsque la main amie vous prend au merveilleux
et vous emporte de ses lèvres votre présence
pour plonger en elle d’une confidence au monde du silence

mardi 8 juillet 2008

tristesse passagère



un anniversaire
une bougie supplémentaire
l’éclair d’un sourire solitaire
et le sable remplace la pierre
le vent souffle sur la bruyère
la vie se pose tout est à faire
affaire de temps sans mystère
à faire du temps à se défaire
de dattes de figues fières
de fruits charnus à plaire
sous l’âme d’un revolver
il me reste les pétales du désert
d’un si long courant d’air
que rien ne saura taire
la double lueur de mon oeil vert
vers où tout j’espère
verrou ouvert belle prisonnière
d’une dune à l’autre imaginaire
j’aime à la lune me complaire
à penser que même sans eau il y a la mer
et que pleurer remplira les cratères
en douceur émeraude d’une rivière
pour combler les gouffres que tu as souffert

dimanche 29 juin 2008

mille et une


ombre sans ombre
phrase sans mot
le noir le vide
l’insoutenable infini
non pas vraiment
juste le couloir entre deux portes
de deux bras qui m’emportent
un tourbillon
la vie
et puis…

troque troc trope-là

j’ai mille endroits à l’envers
j’ai mille feux à l’enfer
j’ai mille diables à se taire
j’ai mille diapasons en souffle d’air

j’ai mille ans mis longtemps

j’ai mille histoires entrave au firmament
j’ai mille temps à l’art mourant
j’ai mille tonneaux de colle à prendre
j’ai mille rouleaux à se détendre

j’ai mis mon pied dans la chaussure
j’ai mille écueils en lieu d’usure

j’ai mille indiens à peindre
j’ai mille combats à éteindre
j’ai mille tambours à blanchir l’eau
j’ai mille usines en greffe de peau

j’ai mille étés au plafonnier
j’ai milité pour les damnés

j’ai mille attentes au garde-fou
j’ai mille univers sans dessus dessous

et même j'ai... mille bras autour du cou
pour dire
...

jeudi 19 juin 2008

Mon ange

 

 

élégance raffinée
charme aimant de touches
charnelles rouges
épouse troublante de mon désir
de la pointe de tes pieds
à tes cheveux déesse
de la Grèce ancienne
belle au sourire
ouvert offert
à mon regard épris
captivante d’amour
ensorcelante de mon trouble
enserrée de mon cœur
les perles de ta beauté
nue sur les draps bleu cyan
gorge sirène offerte à l’océan
de tes seins roulant
fleurs fleuve d’une fraîcheur brûlante
au corail rose posé
sur ta peau de sable
perdue en toi
pour tout t’aimer
te dire de ma bouche
la profondeur de mes secrets
aux phalanges de mon rêve
te prendre en nous
toutes voiles battantes
hisser au mat de tes soupirs
mon corps brillant de ton plaisir
mourir royaume de sous la mer
ma reine ma sœur mon amie
mon amante de la vie
au ciel de l’extrême attirance
je t’aime tout simplement
de ta présence

dimanche 15 juin 2008

lumière blanche


 

lumière blanche
mes beaux habits du dimanche
enfermés mes seins d’acouphènes
zippée ma peau de partout
sans mauvaise humeur
puisqu’une nuit dans les draps nue
il n’en paraîtra plus
lumière blanche et camisole d’amarante
robe d’armure en porcelaine d’épouvante
ventre serré
fesses en coupole
cristallerie morte de gerbière
en ascenseur d’eaux fortes
au fond de moi je rigole fort
de larmes en rire phréatique
alimentant la nappe dessous sulpice
les mots d’iris plein les poches
…quelle ruine que l’acropole de l’ennui
non je ne parle pas espagnol
juste un peu de sanscrit
la nuit autour d’une bougie
lumière blanche
lumière blanche
mes beaux habits du dimanche
enfermés mes plus beaux atours
zippée cadenassée ma peau
au millier de mes amours
la roue tourne tourne
autour d’une île
cheveux en crête
et cœur joyeux
sourire d’un accent
au goût merveilleux
shiva indienne muraille de l’invisible
aux frontières du possible
oui c’est ça
lumière blanche
lumière blanche
déshabille moi de tous tes bras
prends moi dans tes couleurs
dans ton oeil comme je suis
de toute façon je ne suis pas d’ici
je suis d’ailleurs
de là-bas
du pays qui rouille
du sang de l’Aslétie
…du bleu comme toi
et voilà je suis
enfin dans tes draps
à te parler tout bas
comme je sais
que tu ne sais pas