jeudi 27 mars 2014

J'adore les jeudis !


En sortant de la bibliothèque ce matin.

UN GARCON :-Pourquoi maintenant il y a plus de filles que de garçons dans toutes les écoles ?

UNE FILLE :-C’est… parce qu’il y a plus de mères que de pères…

samedi 22 mars 2014

148 moins sept


Inshitayatoo était là. D’une main elle referma le vieux carnet à spirale, et de l’autre ôta le crayon des lèvres d’Alaomista pour lui déposer un baiser.
Tendre l’amour qui s’étend entre les nuages blancs, tendre est le temps de tant de temps
encore pour étendre l’amour au firmament.
Quelque part dans le désert, deux silhouettes marchaient main dans la main.Le temple n’était même pas l’ombre d’un point à l’horizon.

samedi 15 mars 2014

Dreaming pool


Je rêve d’elle, je suis dans un paquet de mouchoirs en papier, les rêves c’est bête, il suffit d’une personne enrhumée, d’une main partagée, et de la nuit pour me tenir de l’autre côté, celui du sourire d’une fée.
La vie s’emballe, cymbale, m’emballe, me cannibale…mais je rêve d’elle, je suis dans un paquet de mouchoirs en papier, comme dans un étui à cigarettes, une invitation à me prendre encore et encore et à faire la course aux draps de bain jusqu’au petit matin.
Je rêve d’elle, les yeux grands ouverts sur les siens encore plus grands que les miens, les enfants éparpillés aux quatre coins de nos mains, nos sourires comme ça, comme si cela faisait mille ans que nous partagions les lacets, les cheveux à essuyer et les petits nez à moucher. La vie c’est si inattendue, la vie c’est si bête comme un paquet de mouchoirs en papier oublié dans les vestiaires.

samedi 8 mars 2014

Cinq secondes et demie…


Mon imparfaite de brique et de broc
mon toit en pente de brouette sur le dos
mon lit de feuilles d’arbres à journaux
de cirque en crique des hauts des maux

veux-tu me remarier sans fin de la guerre des mots ?

Je ne puis te répondre, il n’a pas encore neigé cette année.

Je souriai, mon heure n’avait donc pas encore sonné. Les 5 secondes devinrent une éternité…et une demie...;)

mercredi 19 février 2014

As portas do coração

Soudain un souffle de vent venu de nulle part, ou bien n’était-ce qu’un soupir ? souleva les pages du carnet d’Alaomista, et le petit Soldat Bleu de son enfance apparut.     
Le petit Soldat Bleu qui entendait la mer sous le désert, elle ne l’avait jamais vu, elle n’avait jamais cru qu’il eût existé et pourtant elle l’avait bel et bien dessiné.
[…]
Nulle part. Ailleurs. Et presque là. Des grains de sable amoureux se soulevaient en milliers d’éclats de soleil pour entourer chacun des deux pieds nus d’Inshitayatoo. Ils faisaient naître au désert l’insolence d’une pluie d’été face à l’enfer. Ils entonnaient à tue-tête, à chaque nouveau pas, l’hymne du chemin vers la liberté…le rondeau des portes ouvertes.

mercredi 5 février 2014

A La mémoire de la gérante de la station temps pour elle


Je vais vous raconter une toute petite histoire en marge de celle d’Inshitayatoo, c’est un rêve, et pour une fois le scénario n’étant pas trop décousu, je peux essayer de l’écrire sans qu’il ne soit tiré par les cheveux.
J’errais comme de nombreuses fois dans mes rêves à la recherche du chemin pour revenir, de nombreuses fois mais pas toujours, parce que certaines nuits du fin fond de mon lit je me retiens de me perdre, je m’arrête, je tourne les yeux à 360 degrés, des paysages familiers que je n’ai pourtant jamais connus, m’assaillent, des montagnes, des mers, des plages, des collines qui s’effacent pour dévoiler d’autres collines, des vallées qui se succèdent, des cours d’eau, des rivières, ça monte, ça descend, ça me tente, mais mon corps se méfie…Je ne bouge pas, je scrute. Dans ces rêves immobiles, il m’arrive (j’allais ajouter lorsque j’ai tous mes esprits) de prendre des photos. Je ne vous expliquerai pas l’énorme déception lorsque je me réveille.
J’étais en vélo, la route était plate, je rentrais chez moi, même si je suis incapable de dire où j’habitais dans ce rêve, je rentrais chez moi, là où quelqu’une m’attendait. Puis je me suis arrêtée dans une station-service, au début il n’y avait qu’elle, cette femme brune ruisselante qui s’activait dans tous les sens, elle courait pour aller me chercher quelque chose et revenait, à chaque fois je redécouvrais d’elle la fascination d’un nouvel attrait. Quelque chose en moi montait irrésistiblement. De grandes baies vitrées et puis la pluie. A l’étage elle s’occupait aussi de l’hôtel et de cette immense salle grouillante de personnes, de musiciens où je devais absolument récupérer un film avant de repartir, je me débattais, je disais des mots clairs pour répondre à la curiosité afin qu’on me laissa passer, je jouai des coudes, je ne sais plus trop. Il pleuvait toujours. Je voulais l’embrasser mais mes lèvres glissaient toujours dans son cou, un lit de rivière chaud et humide. Je ne pouvais plus rentrer chez moi. Il pleuvait trop fort.
Sa journée enfin terminée, dans mon rêve devenu rêve d’éponge et de peignoir tout doux, elle me glissa à l'oreille les mots magiques que j'espérais : « Attends-moi, je vais prendre une douche. »
Je me suis réveillée.
J’ai même attendu quelques secondes toute hébétée au milieu de mon lit.

mercredi 22 janvier 2014

Le silence est d'or


Alaomista espérait. Elle ne pouvait pas prendre et tenir la main d’Inshitayatoo, elle ne pouvait pas aller contre le gardien des valeurs, le slimyao avait déjà des milliers d’âmes au bonheur de son compteur.
Au matin du sixième jour, elle déposa un baiser sur la tempe fraîche d’Inshitayatoo, détacha doucement ses bras du corps de la princesse, et gagna sans faire de bruit la troisième colline, celle où elle était maintenant recroquevillée en espérant qu’Inshitayatoo écrivit sur le sable le chemin qu’elle avait choisi.
Elle espérait, elle espérait sans ne pouvoir rien faire d’autre que le silence.
Le silence et le désert.
Le silence et les calibs perdus.
Le silence et le sourire d’Inshitayatoo.
Elle sortit de son sac son vieux carnet à spirale, mâchouilla délicatement la pointe de son crayon et toute la tendresse du visage d’Inshitayatoo se glissa sur la feuille.

lundi 13 janvier 2014

Vers le temple...


« ALAOMISTA…Alaomista… » Les calibs déboussolés depuis l’heure dépassée du rendez-vous à la colline ne cessaient de l’appeler. Mais au désert, seuls les cailloux les entendaient. La lumière, le phare, le guide, l’étoile, la cape, la cloche des tempêtes de sable, tous les chemins, toutes les frontières, Alaomista (celle qu’ils avaient appelée durant des années avec une pointe de malice apeurée : Alaomista venue des ténèbres) avait tout emporté d’elle.

Le sixième jour était là.

Inshitayatoo marchait sur la bonne route, elle ne pensait pas au temple, elle ne pensait pas en arrière non plus, elle ne pensait qu’aux yeux d’Alaomista, le sable était doux sous ses pieds, il n’y avait plus de cailloux, plus de collines, plus de sac, plus de calibs, plus de torrents non plus. La grâce l’avait-elle donc touchée ? Etait-ce la voix de cette fée qui avec son regard avait mangé tout le paysage ? Inshitayatoo souriait de cet étrange rêve tout en fredonnant la liberté des grains de sable s’échappant de ses mains alors qu’il n’y avait aucun souffle de vent.

vendredi 3 janvier 2014

2+0+1+4

 
Déjà l’année dernière j’ai eu du mal avec "les voeux", mais cette année c’est différent  parce que  c’est 2014 et pas 2013. Donc en cet an qui a déjà trois jours de joie, je vous souhaite pour tous les autres jours à venir des étincelles pour allumer les bougies, les guirlandes, les étoiles, les sourires, et  tous les matins qui se lèvent pour vous relier au courant de la vie.

samedi 28 décembre 2013

Un vingt-cinq décembre deux mille treize sur la Terre

Dans mes petits souliers, j’ai trouvé ce que j’y avais laissé la veille, la bonne humeur du printemps, le jour qui se lève avec moi, les oiseaux doux qui chantent les vacances en hiver, et la troïka bleue de mon grand-père.

jeudi 12 décembre 2013

Arrivée dans le désert

Inshitayatoo le dos cassé, lourde du poids du passé qu’elle ne connaîtrait jamais, décida de s’arrêter à la veille du sixième jour. Elle choisit un rocher bien plus gris, bien plus sombre que les autres pour se laisser courir et s’assommer contre lui.
Elle déposa à son flanc son sac si pesant, puis s’apprêta à sautiller (malgré tout) jusqu’au sommet du petit raidillon qui lui faisait face quand…
-« Non non non… ne fais pas ça ! »
Alors elle ne le fit pas parce qu’en se retournant ce fut comme si toutes les pièces d’un puzzle magique s’étaient assemblées en une fraction de seconde : il n’y avait rien et puis il y avait tout. Des fragments de rouges et d’oranges, des bleus intenses et lumineux et tout au centre comme le soleil radieux du matin du premier jour : le début de sa vie.
Alaomista arriva juste à temps pour prendre dans ses bras la belle évanouie, avant qu’elle ne tombât, comme une étoile trop vite et trop fortement illuminée dans la fulgurance destinée à rejoindre en une émotion donnée la poussière éternelle du désert...
Alaomista serra contre elle la princesse en lambeaux, elle sentait son cœur et sa respiration qui se cherchaient aveuglément dans le labyrinthe des songes.
Elle se mit à fredonner une chanson qu’elle n’avait encore jamais écrite, une chanson parlant de l’amour d’une jeune girafe sans nom qui pouvait lire au-delà des nuages et d’une gazelle comme elle échappée d’un monde sauvage.
La nuit sans faire de bruit avait peu à peu enveloppé la douce mélodie, les mots n’étaient plus qu’un seul souffle calme, apaisant comme le crépitement d’un feu de bois à la fin de l’hiver. Alaomista s’était endormie aussi.
 

samedi 30 novembre 2013

En attendant le retour d’Inshitayatoo…

La gristesse ?
C’est le trébuchement d’une lettre pour apporter de la couleur à un sentiment ? Même si ce n’est pas véritablement une couleur ? Même si c’est juste un mélange de noirs dilué dans une goutte d’étincelle de lumière ? Même si  c’est très linguistiquement culturel ?
Ca me fait sourire éperdument tout mon questionnement sans savoir pourquoi.
Peut-être que c’est ça la « gristesse »… ?
 

dimanche 24 novembre 2013

Alaomista

Alaomista du haut de sa colline observait depuis le début, les dix-neuf sentiers qui ne menaient nulle part. Toutes les jeunes filles tournaient en rond, même les calibs, de mémoire de calib, n’avaient encore jamais vu ça : aucune d’elles après quatre jours n’avait franchi la frontière du slimyao.
Alaomista ne pouvait s’empêcher de les comparer à des gazelles, c’était l’image qui lui était venu spontanément et qui ne la quittait plus. Un mauvais souvenir de son enfance. Elle se voyait comme maintenant assise sans broncher, les yeux dans un paysage lointain. Le film (le fil de l’histoire) se déroulait avec cette terrible fatalité à accepter en serrant les poings.
Elle sortit alors de son sac un vieux carnet à spirale et avec son crayon y dessina une fière gazelle posant sa patte avant-droite sur un lion allongé à l’ombre d’un manguier. Et puis soulagée, rassérénée, ragaillardie, elle se mit à écrire une poésie. 
la Lune était tombée dans une flaque
elle l’avait fait exprès
pensant que le Soleil comprenant sa détresse
se montrerait enfin amoureux d’elle
et la sauverait...
mais ce jour-là
le Soleil ne sortit aucun de ses rayons
car sans la Lune
il avait très mal dormi
alors il s’emmitoufla dans un énorme nuage gris... 

Sa tristesse enfin épuisée, Alaomista reprit son poste d’observation, les calibs passeraient bientôt pour savoir « où » se ferait le croisement des chemins.

samedi 16 novembre 2013

« La princesse Inshitayatoo » ou « Quand le nuage de la peau de l’ours parle sous l’aurore iridescente d’un fuchsia et d’un poisson rouge »

Inshitayatoo parlait toujours en silence et cela depuis le jour de sa naissance, comme si elle s’excusait d’être née alors qu’agonisait la Princesse Totoyadminabila, la mère de sa propre mère Hinchidiyaverdi.
Le jour de ses douze années et une demie, comme on la pensait définitivement promise au retard du temps, il fut décidé au conseil des parents de la placer comme apprentie-prieuse dans le plus lointain des temples du royaume. Le voyage devait prendre 148 jours aux journées, mais personne n’aurait pu l’affirmer car le temple était « le temple dont on ne revenait jamais ».
Les jeunes filles triées au fur et à mesure des ans… (les garçons suivant une autre route qui pour les moins chanceux les conduisait au plus lointain des forts du royaume)… cette année-là, n’étaient pas moins que 19, issues de tous les milieux, et même exactement dix-neuf, ce qui pour un aussi petit royaume faisait bon nombre quand même.
Depuis l’annonce officielle lue par sa mère Hinchidiyaverdi devant la grande baie vitrée du salon s’ouvrant sur les hauteurs  du port fluvial d’Amakashiskoia, Inshitayatoo  ne faisait que contenir ses larmes pour les laisser partir à grands flots lorsqu’elle était seule dans sa chambre. Elle se sentait comme l’alternateur du barrage d’Invahsi qui ne finît par rompre que sous le poids d’un ouragan.
Inshitayatoo ne savait que parler en silence, elle ne savait pas expliquer toutes ces choses avec des mots.
A chacune le slimyao (le garde des valeurs) remit une carte, et un sac. Le sac était si léger qu’il ne fallut pas plus d’une journée pour qu’Inshitayatoo comprenne qu’elle aurait à le remplir de douleurs pour se vider de toutes ses peines.
Le premier jour, les pieds meurtris de solitude, elle oublia d’abord sa mère, ce qui lui permit d’atteindre le second jour.
Le second jour, elle perdit ses chaussons de danseuse impériale devenus lambeaux sanguinolents, dans un torrent de cailloux.
Le troisième jour, elle ne savait plus son nom, quand un calib lui glissant une patate d’eau douce dans le creux de la main, le lui demanda.
Le quatrième jour, elle n’avait plus que la carte qu’elle ne savait pas lire et cet énorme poids sur le dos.
Le cinquième jour, elle entendit des cris dans sa langue, alors elle se retourna…



C’est là que commença la véritable histoire d’Inshitayatoo.