samedi 3 mai 2014

Sous le vent

Sur le chemin des heures de marche, elles s’arrêtaient à la tombée du jour, sur une petite
hauteur ou sous un arbre, elles puisaient alors dans leurs regards toute la lumière des étoiles, puis s’endormaient dans les bras l’une de l’autre. Les nuits étaient de plus en plus belles et les réveils gorgés de leurs tendres baisers. Au petit matin, elles repartaient sans hâte, certaines de leur destinée…et plus elles avançaient, et plus les jours passaient, et plus le temple se bâtissait de leur amour.

Il y avait des fenêtres qui s’ouvraient sur le jardin des quatre saisons, une rivière qui traversait des prairies, un lac au bleu profond, un escalier en colimaçon pour descendre dans l’antre de la terre et écouter les frissons des volets blancs et bleus se soulever sous le vent, des volets blancs et bleus en bois d’iroko avec des étoiles au milieu…

Le carnet d’Alaomista s’emplissait des dessins de leurs rêves.

mercredi 9 avril 2014

En plein avril le parfum mouillé de la paille séchée c’est ça le vrai printemps



J’entendais la pluie tomber comme lorsque je suis ici à l’abri, dans cet endroit qui est chez moi. C’était le même bruit que celui sur le toit de ma maison.
J’ai dit : « Il pleut ? »
« Mais oui…il pleut. »
Ça ne leur faisait rien qu’il pleuve.
Je remarquai le carrelage au sol. Ce fut alors que je me souvins de toute l’histoire de cette pièce, de toute mon histoire, de ma petite vie passée par ici, du rectangle bleu d’un ciel pur d’été. Il faisait si beau ce jour-là, je n’avais jamais vu cette longue fenêtre horizontale en haut du mur, dans ce bureau qui m’apparut alors comme une prison, avec toute la vie qui était en dehors.
Il pleuvait, j’étais dos au mur, la lumière du jour finissant derrière moi, j’écoutais le chant des gouttes de pluie, j’étouffais mes souvenirs, je cherchais sur les murs couverts d’écriture, les traces d’hippocampes futures.
« C’est de l’orage ? »
« Oui, on dirait bien. »
Ça ne leur faisait rien les coups de tonnerre.
Ce carrelage je ne l’avais jamais remarqué auparavant, il était beau, propre, il n’avait rien à voir avec le balatum qui se griffait des traces noires du cirage des chaussures du maître d’autrefois.
J’étais ce jour-là, debout face au bureau, les yeux dans l’azur de la lucarne, mes mots exacts je ne les savais plus, seul survivait l’écho perdu de la fin sans doute de mon unique phrase : «les choses de la vie».
Il pouvait donc pleuvoir pareil dans cette pièce de quinze ans, pareil comme si j’étais chez moi.
Je n’entendais plus la pluie, le crayon sur le papier des dernières notes traçait les mots de la délivrance, mais ce n’était pas celle de l’heure, ni du temps perdu, ni du temps d’ailleurs, c’était comme un printemps.
Il pleuvait toujours, toutes trempées sur ce morceau de goudron comme au bout du monde, nous n'étions simplement que de quelques heures jusqu’au lendemain, et moi j’étais béate de bonheur.
J’ai crié : « C’est une pluie d’orage ! ».
Alors elles ont répondu : « Oui ! Oui !!!  A DEMAIN ASLÉ ! »

vendredi 4 avril 2014

Immortelle Aslé


Bonsoir petit blog
 

Avec mon nouveau chef on ne s’est pas attachées, parfois j’aimerais partir ou que ce soit elle qui parte mais en même temps je ne voudrais pas. Ce serait comme quelque chose d’inachevée. Heureusement que l’on ne s’est pas connues avant, avant je ne l’aurais tout simplement pas supportée. Alors voilà je te le dis petit blog : ça vaut le coup de prendre sur soi, Je ne te dis pas combien de fois, petit blog, de fois où je me sens au bord des larmes, du précipice et comment à chaque fois je ravale ma fierté pour me regonfler de ce que je suis et ai toujours été : une simple Aslé. Je n’ai même plus peur de la semaine à venir, cette semaine chaque jour j’ai pensé avoir atteint le sommet de la torture et je suis là de nouveau (enfin) à pouvoir t’écrire. Je dois quand même avoir de supers pouvoirs ou alors c’est elle qui finalement n’en a pas du tout ! Heureusement que tu es là petit blog pour m’ouvrir les yeux.
 

Ami-e-s lect(ri)eur(ce)(s), je ne sais pas ce que tu-vous comprendr-as-ez, même moi je me demande ce que j'ai voulu dire... Mais retenez retiens une chose, Aslé le week-end est immortelle !

Un beau week-end à vous tous où que vous soyez…

jeudi 27 mars 2014

J'adore les jeudis !


En sortant de la bibliothèque ce matin.

UN GARCON :-Pourquoi maintenant il y a plus de filles que de garçons dans toutes les écoles ?

UNE FILLE :-C’est… parce qu’il y a plus de mères que de pères…

samedi 22 mars 2014

148 moins sept


Inshitayatoo était là. D’une main elle referma le vieux carnet à spirale, et de l’autre ôta le crayon des lèvres d’Alaomista pour lui déposer un baiser.
Tendre l’amour qui s’étend entre les nuages blancs, tendre est le temps de tant de temps
encore pour étendre l’amour au firmament.
Quelque part dans le désert, deux silhouettes marchaient main dans la main.Le temple n’était même pas l’ombre d’un point à l’horizon.

samedi 15 mars 2014

Dreaming pool


Je rêve d’elle, je suis dans un paquet de mouchoirs en papier, les rêves c’est bête, il suffit d’une personne enrhumée, d’une main partagée, et de la nuit pour me tenir de l’autre côté, celui du sourire d’une fée.
La vie s’emballe, cymbale, m’emballe, me cannibale…mais je rêve d’elle, je suis dans un paquet de mouchoirs en papier, comme dans un étui à cigarettes, une invitation à me prendre encore et encore et à faire la course aux draps de bain jusqu’au petit matin.
Je rêve d’elle, les yeux grands ouverts sur les siens encore plus grands que les miens, les enfants éparpillés aux quatre coins de nos mains, nos sourires comme ça, comme si cela faisait mille ans que nous partagions les lacets, les cheveux à essuyer et les petits nez à moucher. La vie c’est si inattendue, la vie c’est si bête comme un paquet de mouchoirs en papier oublié dans les vestiaires.

samedi 8 mars 2014

Cinq secondes et demie…


Mon imparfaite de brique et de broc
mon toit en pente de brouette sur le dos
mon lit de feuilles d’arbres à journaux
de cirque en crique des hauts des maux

veux-tu me remarier sans fin de la guerre des mots ?

Je ne puis te répondre, il n’a pas encore neigé cette année.

Je souriai, mon heure n’avait donc pas encore sonné. Les 5 secondes devinrent une éternité…et une demie...;)

mercredi 19 février 2014

As portas do coração

Soudain un souffle de vent venu de nulle part, ou bien n’était-ce qu’un soupir ? souleva les pages du carnet d’Alaomista, et le petit Soldat Bleu de son enfance apparut.     
Le petit Soldat Bleu qui entendait la mer sous le désert, elle ne l’avait jamais vu, elle n’avait jamais cru qu’il eût existé et pourtant elle l’avait bel et bien dessiné.
[…]
Nulle part. Ailleurs. Et presque là. Des grains de sable amoureux se soulevaient en milliers d’éclats de soleil pour entourer chacun des deux pieds nus d’Inshitayatoo. Ils faisaient naître au désert l’insolence d’une pluie d’été face à l’enfer. Ils entonnaient à tue-tête, à chaque nouveau pas, l’hymne du chemin vers la liberté…le rondeau des portes ouvertes.

mercredi 5 février 2014

A La mémoire de la gérante de la station temps pour elle


Je vais vous raconter une toute petite histoire en marge de celle d’Inshitayatoo, c’est un rêve, et pour une fois le scénario n’étant pas trop décousu, je peux essayer de l’écrire sans qu’il ne soit tiré par les cheveux.
J’errais comme de nombreuses fois dans mes rêves à la recherche du chemin pour revenir, de nombreuses fois mais pas toujours, parce que certaines nuits du fin fond de mon lit je me retiens de me perdre, je m’arrête, je tourne les yeux à 360 degrés, des paysages familiers que je n’ai pourtant jamais connus, m’assaillent, des montagnes, des mers, des plages, des collines qui s’effacent pour dévoiler d’autres collines, des vallées qui se succèdent, des cours d’eau, des rivières, ça monte, ça descend, ça me tente, mais mon corps se méfie…Je ne bouge pas, je scrute. Dans ces rêves immobiles, il m’arrive (j’allais ajouter lorsque j’ai tous mes esprits) de prendre des photos. Je ne vous expliquerai pas l’énorme déception lorsque je me réveille.
J’étais en vélo, la route était plate, je rentrais chez moi, même si je suis incapable de dire où j’habitais dans ce rêve, je rentrais chez moi, là où quelqu’une m’attendait. Puis je me suis arrêtée dans une station-service, au début il n’y avait qu’elle, cette femme brune ruisselante qui s’activait dans tous les sens, elle courait pour aller me chercher quelque chose et revenait, à chaque fois je redécouvrais d’elle la fascination d’un nouvel attrait. Quelque chose en moi montait irrésistiblement. De grandes baies vitrées et puis la pluie. A l’étage elle s’occupait aussi de l’hôtel et de cette immense salle grouillante de personnes, de musiciens où je devais absolument récupérer un film avant de repartir, je me débattais, je disais des mots clairs pour répondre à la curiosité afin qu’on me laissa passer, je jouai des coudes, je ne sais plus trop. Il pleuvait toujours. Je voulais l’embrasser mais mes lèvres glissaient toujours dans son cou, un lit de rivière chaud et humide. Je ne pouvais plus rentrer chez moi. Il pleuvait trop fort.
Sa journée enfin terminée, dans mon rêve devenu rêve d’éponge et de peignoir tout doux, elle me glissa à l'oreille les mots magiques que j'espérais : « Attends-moi, je vais prendre une douche. »
Je me suis réveillée.
J’ai même attendu quelques secondes toute hébétée au milieu de mon lit.

mercredi 22 janvier 2014

Le silence est d'or


Alaomista espérait. Elle ne pouvait pas prendre et tenir la main d’Inshitayatoo, elle ne pouvait pas aller contre le gardien des valeurs, le slimyao avait déjà des milliers d’âmes au bonheur de son compteur.
Au matin du sixième jour, elle déposa un baiser sur la tempe fraîche d’Inshitayatoo, détacha doucement ses bras du corps de la princesse, et gagna sans faire de bruit la troisième colline, celle où elle était maintenant recroquevillée en espérant qu’Inshitayatoo écrivit sur le sable le chemin qu’elle avait choisi.
Elle espérait, elle espérait sans ne pouvoir rien faire d’autre que le silence.
Le silence et le désert.
Le silence et les calibs perdus.
Le silence et le sourire d’Inshitayatoo.
Elle sortit de son sac son vieux carnet à spirale, mâchouilla délicatement la pointe de son crayon et toute la tendresse du visage d’Inshitayatoo se glissa sur la feuille.

lundi 13 janvier 2014

Vers le temple...


« ALAOMISTA…Alaomista… » Les calibs déboussolés depuis l’heure dépassée du rendez-vous à la colline ne cessaient de l’appeler. Mais au désert, seuls les cailloux les entendaient. La lumière, le phare, le guide, l’étoile, la cape, la cloche des tempêtes de sable, tous les chemins, toutes les frontières, Alaomista (celle qu’ils avaient appelée durant des années avec une pointe de malice apeurée : Alaomista venue des ténèbres) avait tout emporté d’elle.

Le sixième jour était là.

Inshitayatoo marchait sur la bonne route, elle ne pensait pas au temple, elle ne pensait pas en arrière non plus, elle ne pensait qu’aux yeux d’Alaomista, le sable était doux sous ses pieds, il n’y avait plus de cailloux, plus de collines, plus de sac, plus de calibs, plus de torrents non plus. La grâce l’avait-elle donc touchée ? Etait-ce la voix de cette fée qui avec son regard avait mangé tout le paysage ? Inshitayatoo souriait de cet étrange rêve tout en fredonnant la liberté des grains de sable s’échappant de ses mains alors qu’il n’y avait aucun souffle de vent.

vendredi 3 janvier 2014

2+0+1+4

 
Déjà l’année dernière j’ai eu du mal avec "les voeux", mais cette année c’est différent  parce que  c’est 2014 et pas 2013. Donc en cet an qui a déjà trois jours de joie, je vous souhaite pour tous les autres jours à venir des étincelles pour allumer les bougies, les guirlandes, les étoiles, les sourires, et  tous les matins qui se lèvent pour vous relier au courant de la vie.

samedi 28 décembre 2013

Un vingt-cinq décembre deux mille treize sur la Terre

Dans mes petits souliers, j’ai trouvé ce que j’y avais laissé la veille, la bonne humeur du printemps, le jour qui se lève avec moi, les oiseaux doux qui chantent les vacances en hiver, et la troïka bleue de mon grand-père.

jeudi 12 décembre 2013

Arrivée dans le désert

Inshitayatoo le dos cassé, lourde du poids du passé qu’elle ne connaîtrait jamais, décida de s’arrêter à la veille du sixième jour. Elle choisit un rocher bien plus gris, bien plus sombre que les autres pour se laisser courir et s’assommer contre lui.
Elle déposa à son flanc son sac si pesant, puis s’apprêta à sautiller (malgré tout) jusqu’au sommet du petit raidillon qui lui faisait face quand…
-« Non non non… ne fais pas ça ! »
Alors elle ne le fit pas parce qu’en se retournant ce fut comme si toutes les pièces d’un puzzle magique s’étaient assemblées en une fraction de seconde : il n’y avait rien et puis il y avait tout. Des fragments de rouges et d’oranges, des bleus intenses et lumineux et tout au centre comme le soleil radieux du matin du premier jour : le début de sa vie.
Alaomista arriva juste à temps pour prendre dans ses bras la belle évanouie, avant qu’elle ne tombât, comme une étoile trop vite et trop fortement illuminée dans la fulgurance destinée à rejoindre en une émotion donnée la poussière éternelle du désert...
Alaomista serra contre elle la princesse en lambeaux, elle sentait son cœur et sa respiration qui se cherchaient aveuglément dans le labyrinthe des songes.
Elle se mit à fredonner une chanson qu’elle n’avait encore jamais écrite, une chanson parlant de l’amour d’une jeune girafe sans nom qui pouvait lire au-delà des nuages et d’une gazelle comme elle échappée d’un monde sauvage.
La nuit sans faire de bruit avait peu à peu enveloppé la douce mélodie, les mots n’étaient plus qu’un seul souffle calme, apaisant comme le crépitement d’un feu de bois à la fin de l’hiver. Alaomista s’était endormie aussi.