mercredi 13 juin 2007

souvenirs en vie


Ma sœur mon amour passé

Les fruits mûrs si bien gardés
Sous mes lèvres assoiffées

Les collines et les vallées
Dans un long frisson d’été

Les mains sur l’onde glissées

Les caresses emportées
De tendre curiosité

Les mots de rimes croisées
A l’oreille murmurés

L’heure du soleil couché
Celle des fleurs enlacées
~
Au château inhabité
Les souvenirs sont restés
~
La saveur de tes baisers
Framboises et fraises mêlées

La pluie dans l’herbe allongées

Les sourires esquissés
Du coin de l’œil effleurés

Ton premier regard posé
Sur les marches de l’entrée

L’œil dans lequel je suis née
Sous ta passion désirée
Quand mon cœur s’est retourné
De me découvrir aimée

Ton chemisier déchiré
En traversant les rosiers
Les gouttes de sang perlées
Mouillant ta peau dévoilée
~
Tout ce qui est enfermé
Au secret de mes pensées
~
Rien ne pourra remplacer
Ce qui de nous a été
~
Je ne veux pas oublier

Le bonheur à traverser
Cette étendue d’eau salée
Les noyades aux bras serrés
Et les silences en apnée
De sirènes dessinées
Sur nos deux corps épuisés

Après toutes ces années
Les souvenirs sont restés
Les jours d’être abandonnée
Toute seule à respirer
Les pages du calendrier

dimanche 10 juin 2007

loin du monde


loin du monde
je flotte parmi les secondes
la feuille s’étire sous le crayon
j’entends l’arbre gémir
j’ai rêvé d’elle en larmes
comme moi dans un miroir
sans souffrance
seule l’absence
à mon réveil
une évidence

j’ai plongé l’œil
par la fenêtre
d’un paysage triste
les paupières gonflées
d’avoir trop dormi
le souvenir
d’avoir écrit
tard dans la nuit
des mots vides
à des réponses amies

sale temps pour une momie
lèvres brûlantes
sur le front froid
l’ultime choc
elle pleure
rouge de laideur
et j’ai la paresse
greffée au cœur

il me faut ton sourire
à toi Chaami
pour oublier
dans la blancheur
d’être aimée
l’onde de la feuille qui tremble
sous la mine cassée

dimanche 3 juin 2007

quelque chose


pluie de désir dans un sourire
premier frisson d’une sensation
quelque chose entre elles se pose
un étrange curieux mélange
une alchimie du corps et de l’esprit
quelque chose entre elles se pose
une promesse coulant l’averse
un nuage bleu juste pour elles deux
quelque chose entre elles se pose
comme un aimant vide du présent
deux mains tendues force inconnue
quelque chose entre elles se pose
fragments d’amour ivres sans contour
dans l’attraction vive d’émotion
quelque chose entre elles se pose
un rêve d’oz que rien n’oppose
un lien si fort invisible encore
quelque chose entre elles se pose
quelque chose se passe elles osent
à la chanson née de l’unisson
aux doux accords taire les temps morts
quelque chose entre elles se pose
quelque chose qui se compose
entre elle et elle en pastourelle

                                  
Aslé D’IledeGarde

mardi 29 mai 2007

pfffff

 


L’œil
Glisse

plisse malice

Le doigt
Glace

passe palace

La main
Glousse

pousse frimousse

Le nez
Plisse
bisse délice
La joue
Place

basse grimace

Le cou
Trousse
brousse secousse
Le front
Trace
brasse menace
Le dos
Trisse

Crisse hélice

le corps
Trame

brames en lisse

Le coeur
Drame

vices en rime

mercredi 23 mai 2007

Les brûlures du temps


J’ai sur la langue des mots brûlant d’amour
De ceux qui se retiennent au petit jour
Car c’est à l’aube que j’aimerais toujours
Garder ta présence en moi et tout autour

C’était hier qu’écrire faisait fuir l’ennui
C’est tout mon désir qui s’écoule aujourd’hui
D’avoir simplement caressé l’idée d’une vie
Partagée de tendresse des jours et puis des nuits

Pour un sourire je t’ai ouvert mon cœur
Tu m’as aimée largement de ta douceur
Dans tes bras j’avais trouvé le bonheur
D’une âme et d’un corps unis dans la chaleur

J’entends encore l’appel gracieux de ta peau
Le souffle murmuré de tes appeaux
Le chant mélodieux de tes lèvres ouvertes si beau
En rêve au fond de toi je glisse l’assaut

Je fonds sous l’avalanche des souvenirs
Il pleut le temps qui n’arrive pas à mourir
Il brûle partout sur moi en frissons à venir
Même en sachant que tu n’auras plus jamais rien à me dire

samedi 12 mai 2007

Lettre à une photo


La première fois que tes yeux m’apparurent, ce fut ce regard clair, la peau fragile et blonde de la porcelaine, la douce partie de ma mère. Le plissement sourieur de l’être souffert de l’intérieur. Elle ressemblait à une personne qui vit encore, d’autant plus à l’aube de la mort, les traits tirés perdus des rondeurs maternelles. Elle était belle et elle lui ressemblait si fort.
Elle chantait aussi, mais jamais elles ne l’entendirent toutes celles du dernier service au chevet de « l’actrice ».
Chère photo, quel plaisir de te savoir là entourée de ces mots, trouvée dans ce monde virtuel, elle n’en est que plus réelle, elle est, bien plus que parmi les fleurs au cimetière. C’est le premier beau regard porté ailleurs que dans mes souvenirs. J’aurais voulu écrire le prénom que tu portes comme un sourire mais les secrets ne s’offrent pas à dire…

Je t’embrasse du bout des doigts

vendredi 4 mai 2007

Ce sera le jour

 

Parole parole
Ton souffle
Glisser
Le long de tes silences
Ta source
Sans fin
Tu m’envahis
Tu me presses
De caresses
De désir
Tu te glisses
Encore
Jusqu’à l’île
A la geôle
A l’oubli
A la porte
De l’envie
De m’ouvrir
Pour te dire
Ta présence
Là
Partout
Ici
Ce mot
Toi
Dans la nuit
Dans un cri
Dans ta main
La clé
Pour rester
Toujours libres
A l’envers
A l’endroit
D’où je suis
D’où tu es
Nous serons
Comme nous
Nous saurons
Nous parler

lundi 30 avril 2007

Les Lettres De L’Absence


Tard dans la nuit je lui ai écrit le doigt pointé vers le silence traçant les plus belles arabesques de lettres que je connaisse.
Rien n’a pu arrêter les boucles de ses cheveux, les rondes de ses épaules, les majuscules de ses jambes, les voyelles de ses doigts, les consonnes de ses hanches, les syllabes de ses yeux, les accents de ses lèvres, les sibyllines de ses mains, l’espace de ses seins…les déliés de ses caresses, les ponts de sa tendresse, les pleins de ses promesses, les minuscules de ses points, le langage de sa peau, le roman de son ivresse, l’iliade de son corps, la traversée de sa présence, le parfum de sa bouche, les boucles de ses cheveux, les rondes de ses épaules, les majuscules de ses jambes, les voyelles de ses doigts, les consonnes de ses hanches, les syllabes de ses yeux, les accents de ses lèvres, les sibyllines de ses mains, l’espace de ses seins…Rien…Rien n’a pu arrêter.

vendredi 27 avril 2007

histoire de "coeurs"

 

Mon cœur nu jeté sur la pierre du mur
Mon cœur ton cœur mêlés de leurs sangs
Nos initiales, nos premiers mots d’amour
Ecrits gravés rayés sur le rouge entaché
Du couloir interdit à dépasser
Mon cœur nu jeté sur la pierre du mur
Mon cœur ton cœur mêlés de leurs sangs
Nos initiales, nos mains posées pour toujours
Serrées enlacées séparées sur la danse éclatée
De la symphonie du crime imparfait
Mon cœur nu jeté sur la pierre du mur
Mon cœur ton cœur mêlés de leurs sangs
Nos initiales, nos tatouages de sœurs aimées
Passés dépassés écrasés sur la stèle déposée

Du premier bouquet de fleurs à jamais enfermé


PHOTO : Ars

jeudi 26 avril 2007

N’importe mots

Une bulle d’angoisse remonte à la surface
Une bulle deux bulles trois bulles
noctambule
Le jour j’ai le dégoût de l’amour
Un jour deux jours trois jours
troubadour
Un cri dans le corps sans cadence
Un cri deux cris trois cris
assoupie
Un sourire d’hésitation sur les lèvres
Un sourire deux sourires trois sourires
partie de rire
Le temps s’efface sans fin
Un temps deux temps trois temps
mouvement
Un mort s’étire de l’ennui
Un mort deux morts trois morts
encore
La tombe au cimetière se désemplit
Une tombe deux tombes trois tombes
au-delà
Le sens de l’oubli s’évapore
Un sens deux sens trois sens
interdite
Un ciel s’éteint de vapeur noire
Un ciel deux ciel trois ciel
voltige
Un œil observe la scène
Un œil deux yeux trois voix
silence

Je danse avec les mots
les pas conjurent la souffrance
tous les sons remplacent l’absence
je suis la musique du fond de moi
je me fais danser improvisée pour oublier
Je joue et je me joue mal de tout
de moi, de toi et surtout de l’amour…

 

samedi 21 avril 2007

Impertinence


Vertige de l’instance
Vestige de l’imprudence
Amour d’errance
Vivre d’insouciance
La liberté d’écrire
Celle de dire de lire
Jouer des sons
Rimer les sens
La pointe du crayon
Sur le papier
Laisser glisser
Sans torture
Sans usure
La patience du silence
Le songe solitaire
Se faire corps
Avec soi même
Plonger de rire
Pleurer les lettres
Se ressentir
Se renaître
Se découvrir
En belles découvertes
Se taire aussi

jeudi 19 avril 2007

Et dans le jardin des mots

 


Le pollen de tes pensées
S’étire de la rosée
En longues envolées.

L’air est doux et parfumé
Loin s’efface le passé.
Les promesses murmurées
Se souviennent libérées.

Le chant de l’eau de l’été
Se donne tout en clarté.
Respire les yeux fermés
La nature pénétrée
Du fond de ton cœur aimé.
Sens la caresse passée
De son souffle dispersé.
C’est ton corps abandonné
A la vie de pureté
Le cristal jamais brisé
D’appel de la volupté.

Souris sous l’air pardonné
D’aujourd’hui retrouvé.
Le pollen de tes pensées
Sème en moi l’art retrouvé.

mercredi 18 avril 2007

Diversion pentatonique


 

Sans voix, sans main, sans moi, sans rien, sans toi
Sanguine, sensuelle, cent nouvelles, sempiternelle…sans aquarelle
Sans couleurs, sans odeur, sans murs, sans prison, sans unisson
Distordue dans la cohue, la cohorte des sons mal entendus
Comme un glaive qui trancherait dans le vide du sujet
L’assassin écrasé sous les pieds du destin
Rien que cela dans la grandeur du silence
L’aveu de la main aux cinq doigts qui s’est levée
Prisonnière sous la torture des mailles de fer
Baguée pour les allers- retours aux colombiers
Et si c’était ça mon amour la force d’aimer
Celle de se laisser porter emporter
Allongées sur la porte de la destinée
Bercées du clapotis doux et rêveur
Des vagues à enlacer

mardi 17 avril 2007

les mots sans fin


la princesse sans abri
hurlant les nuits de vent
qu’elle sera seule à entendre
seule avec les étoiles
les ailes de désespoir
silencieuses
le ciel est son regard
partout
de l’autre résonne
l’absence
elle se cache dans l’enveloppe des mots
affublée de l’indifférente angoisse
sous le souci d’aimer si fort
à croire l’amour de l’empêcher

mais toi la dernière qui la vois
osant les caresses
l’empreinte de ton corps sur le sien
la guérissant de sa peur de demain
tu la laisses tant dire et tout écrire
toutes les traces de ses envies
à ta douceur tu chasses l’élan maudit
celui de fuir les heures que sont la vie

La solitude la peur l’ennui

dans tes bras
la princesse sans fin
oublie la torture du chemin
les mots sont sans faim
les tendres recueils le matin
et les phrases s’enchaînent
S’entremêlent de ce qu’elles aiment
le temps passe à la longueur de toutes ces lettres
elles ne trompent personne
fidèles à elles-mêmes
elles se connaissent à présent si bien

la princesse sans toi
t’aime à l’infini
des arbres qui sont en fleurs
jusqu’au plus beau de tes sourires
celui juste après l’instant d’avant
celui de toujours maintenant
naissant à l’enfermer
éternellement dans mes pensées
…

vendredi 13 avril 2007

…rimons encore

 

Mon petit écureuil
assise sur le seuil
De l’exil en deuil
D’une saison d’orgueil
Ne cédant pas à l’accueil
Du premier bon fauteuil
Au triste portefeuille
D’un pauvre bouvreuil…
Mon petit écureuil
Saute par-dessus l’écueil
Respire le chèvrefeuille
Passe les mots recueils
Et viens que je te cueille…