Je vous écris depuis la chaloupe 47, le navire qui me
transportait est resté bloqué à la douane des affaires maritimes. Une cargaison
clandestine. Depuis je rame à la main, de mes deux mains, à la sueur de mon
ambition. Je dois tout faire, mais que
la lenteur des choses est agréable aussi. C’est curieux, ça me fait l’effet d’être
sourde, je n’entends que le silence de mes paroles et le crépitement des
touches de ce clavier en bois de bambou, sec et à la fois doux. Comme un mélange de saké et
de vodka élaboré au sirop d'ananas anisé…
mercredi 21 mars 2012
mercredi 14 mars 2012
lundi 5 mars 2012
Je ne ferai rien de l’élan qui pourrait briser la glace.
![]() |
| photo de Claudine de Faÿ |
Apprendre, toujours apprendre à laisser passer l’émotion. Cette vague à perdre, à prendre. Si elle est bien réelle, alors elle reviendra plus douce, plus amène de me porter plus loin. Je ne veux plus la perdre comme l’absence des étoiles quand elles brillent au plus fort. Je veux garder cette fulgurance, ces mots tapis au fond de moi qui surgissent tel un diable du printemps sorti de la boîte de l’hiver, mais je ne veux pas les flammes du message qui s’effacera de lui-même en une éternelle poussière. Garder l’impatience, contraindre le cheval fou qui m’habite à être le moins fougueux possible, pour que la course soit longue, pour que la cavalière soit rassurée de mes pieds déferrés, qu’elle sente que courir les pieds nus est le plaisir de la vague qui ne touchera plus jamais le sol…jusqu’au lac de mer cerné de terres sauvages. Mais déjà il pleut, une danse de pluie qui coule sur mon visage d’iroise, si douce d’heureux présages que je ne sais plus que dire. Le silence des mots m’envahit. J’enferme dans mes poches mon unique bagage : mes mains qui me laisseront partir la bride au loin.
Aslemin Button
lundi 27 février 2012
extrait de Lettre à Albaï
" Enchanter l’horizon ? Qu’à votre main me tienne, des éclats de lignes naîtront des virgules à l’envers.
Les papillons multicolores échappés de nos yeux en nuées caresseront de leurs ailes le voyage au travers du plus beau monde des chimères.
D’Ouest en Orient, le temps reculera pour toujours de l’hiver et sous l’appel d’un soupir mêlant l’été à la pluie de vos désirs, je baiserai vos lèvres au parfum du vent de la folie.
Que ne serais-je sans vous ?
Vous qui soulevez mon coeur à la minute des secondes passées en votre sourire.
Ouvrons les yeux encore, qu’à votre présence me prenne, pour nous découvrir perdues au plus fort d’un simple décor. Déballons-nous de l’extrême politesse pour faire jaillir de la tendresse de notre complicité universelle…Notre Amour.
Veux-tu ?
Au sortir de notre étrange rêve, devenir celle de tous mes jours et toutes mes nuits.
Je t’aime d’amour et d’hirondelle mais aussi du plus sérieux de mon être. Je veux nous mener à l’autel, que ton pas m’entraîne et que le mien l’enchâsse au souffle léger du tulle… pour honorer la grâce de l’horizon d’avoir fait nôtre notre ponctuation.
Les virgules à l’envers seront le riz qui libère dans la rizière, les lueurs pourpres de notre première nuit de traverse.
Aslemin Button
dimanche 26 février 2012
les dunes
Libellés :
la mer des fourmis,
nouvelle page
Aslétie
la côte d'Aslétie
tanga tangue
épaule ronde
et dénudée dans l’ombre
offerte au regard
bleu de l’œil de l’émotion
d’une nuit aux mille étoiles…
Je tangue encore, pourtant notre lit bateau est là au calme d’une crique parfumée par la rosée. Je respire la mer, ton épaule sous mes lèvres a le goût du sel. Tu dors si belle reposée et moi je tangue encore.
épaule ronde
et dénudée dans l’ombre
offerte au regard
bleu de l’œil de l’émotion
d’une nuit aux mille étoiles…
mercredi 22 février 2012
Poolantie
Comme une gifle, une volée de bois vert, ces mots que je ne comprenais pas, alors que je les avais très bien compris. Et puis les heures de la journée ont passé, je n’étais pas vraiment avec elles, il y avait quelque chose de coincée au travers de ma gorge qui me faisait tousser. Cette toux nerveuse qui m’a toujours angoissée en public, quand toutes mes fonctions nerveuses pleurent, et que la seule chose pour me soulager est de sucer pour m’apaiser. Comme mon pouce. Mais à mon âge c’est embêtant ! J’ai tellement peur de la décevoir, de n’être pas à sa hauteur que je n’en suis plus moi-même, je me creuse le cerveau, je bouscule mes quelques neurones et dans leur déplacement tout azimut ils font l’effet d’être des milliards. Non je ne suis pas moi-même. Je sais qu’elle n’aime pas lire les mots derrière lesquels je me rabaisse, je me cache, pour ne pas avouer qui je suis réellement. J’ai lu un livre d’une traite, le deuxième du genre de toute mon existence, un roman lesbien, et puis le livre à peine refermé, j’ai écrit à l’auteure. Là c’était moi : je n’ai pas réfléchi. Je venais de passer un bon moment et je devais lui dire merci. J’avais oublié. Puis un matin peu avant sept heures, à l’heure de resserrer tous mes bagages pour entamer une nouvelle semaine, je reçois un mail de l’auteure, alors un sourire s’inscrit sur mes lèvres, un petit rayon de soleil inattendu dont je fais l’ultime provision. Elle. Je n’arrive pas à être naturelle. Je me retiens. Peur qu’un je t’aime la fasse fuir à tout jamais. Elle me prend la tête. Mais dans ma tête qu’est-ce qu’il y a ? Je brouillonne sur mon écran, je sens que rien n’est vraiment en place pour une bonne compréhension, mais doit-on attendre d’avoir les idées claires pour écrire ? Ou serait-ce le contraire ? dimanche 19 février 2012
mardi 14 février 2012
C08 f 27
Ce soir en aide personnalisée : L à R : Tu vas souhaiter la St Valentin à ton Nounours ? (R n’a pas trop compris). Moi à L : Et toi à ta poupée ? Rires…. Ensuite on a parlé d’athlétisme (hou…le mot…)…Et L de se demander si ce soir ce serait une fille ou un garçon qui gagnerait. Madame : mais il y aura les deux, et plusieurs. En plus il y aura des champions parce que bientôt ce sera les jeux olympiques à Londres…(j’ai parlé chinois là).
L’important aussi c’était qu’elle prendrait son sac de classe qui serait assez grand pour mettre ses sandwichs, et que bien sûr elle ferait attention pour ne pas l’abîmer…Son papa n’a plus de bracelet, alors c’est lui qui est venu la chercher, mais lui il n’ira pas au stade (mais ça L n’en a pas parlé), elle a juste dit qu’elle y allait avec l’assistante sociale…
Sinon avec L et R on a retravaillé
le futur des verbes du premier groupe.
dimanche 12 février 2012
nuit étoilée
tu rêves la main accrochée aux heures de la nuit
si belle aimée du haut de tes souvenirs
tu suis sous le bruissement de tes paupières
ce monde invisible qui ne tombera jamais
tu aimes la main qui vient
de l’autre sphère qui te retient
le mystère qu’encombre ta solitude
quand tu rêves au milieu de l’hiver
seule à nous-mêmes de l’amour
que pourrais-je être le froid
qui disparaît sans le souffle de nous aimer
le temps juste le temps
de nous apprendre
les autres
tous les autres rêves
rêvent
à l’ivresse d’être le partage d’un jour
mais toi tu rêves toujours de l’aube
sans mature aux étoiles vibrantes
et à ces heures moins sages
tissées du bleu dessous les voiles
*tableaux Silvana Solivella
samedi 4 février 2012
Tag de Jo
- Quel a été ton dernier rêve ?
« J’ai encore rêvé d’Elle »…Mais comme il était très très tard ce matin, j’ai du sauter au bas du lit sans m’attarder dans la chaleur de mes souvenirs. Alors je ne sais plus exactement, c’est le flou.
- As-tu déjà donné à un pauvre dans la rue ?
Oui…plusieurs fois, mais toujours en échange de quelque chose, parce que ça me met très mal à l’aise cette situation.
- Aimes-tu être tagué(e) ? Si oui pourquoi… et si non pourquoi.
Il fut un temps où j’aimais assez être flattée par ce biais. Maintenant ça m’amuse plutôt qu’autre chose.
- As-tu déjà oublié de voter à une élection, sachant que tu mettais notre ton avenir en péril ?
Ah donc maintenant ça va être de ma faute !
- Que penses-tu de la reproduction chaotique des poux sauvages en Amérique latine ?
Pour l’instant rien du tout, je suis bien trop confrontée à la reproduction hiératique du pou domestique.
- Es-tu frites ou légume vert ?
J’adore les frites avec de la salade et des échalotes.
- Pourrais-tu risquer ta vie pour tes idées ?
« Mourir pour des idées…mais de morte lente »
- Loin des yeux loin du cœur, es-tu d’accord ?
Tout dépend des liens. Mais le mieux c’est encore d’avoir les yeux sur le cœur…
- Pour quelles raisons tiens-tu un blog ?
Par habitude…
- Que t’inspire la quintessence de l’immoralité ?
Je ne comprends pas trop la question.
- Pourquoi serais-tu prêt(e) à vendre ton âme au diable ?
Pour une page 24 de la réserve Hildegarde.
Mes onze questions à présent.
Que penses-tu de la non application de la nouvelle orthographe ? (qui je le rappelle officiellement doit être enseignée depuis 2008)
Si tu devais avoir une autre langue maternelle, laquelle choisirais-tu ?
Qu’a engendré chez toi le démantèlement de megaplaud ?
Si pour accéder tout de suite à ta retraite bien méritée tu devais écrire une lettre de motivation : quel serait ton argumentaire ?
T’arrive-t-il de compter ? Le nombre de marches…le nombre de portes…le nombre de n’importe quoi pour te rassurer du temps ?
L’Océan de La Paix…c’est quel Océan déjà ? Est-ce que Les îles Mariannes en font partie ?
Dans le mot « papeterie » combien y a-t-il de syllabes ?
As-tu déjà commandé des chaussures sur pizallendo ?
Ta future maison tu la voudrais…en paille…en bois…en pierre…ou en future architecture qui mixerait les trois ?
Un con reste un con, mais si tu avais le choix entre le pouvoir de le changer et celui de le faire disparaître…que choisirais-tu ?
Pourquoi as-tu répondu à ce tag ?
Et voilà ! Le tag est dans le sac !!! J’envoie mes onze questions à tout le monde, blog ou pas blog…ici il y a de l’espace !
mercredi 1 février 2012
simplement
il avait neigé
l’air était d’un vent glacé
gisant les dunes
au jour blanc du mois de l’an
au blé dormi de l’été
*photo : Phasme
dimanche 29 janvier 2012
les îles du silence
Sensations étranges, étrangères pour celle qui n’est pas moi. Je reconnais cette ouverture, cette faille qui me parcourt, ce balbutiement qui me maintient les yeux grands ouverts pour ne pas perdre le fil de ce que je ressens. Je sais que je n’ouvrirai pas mon coeur, en tous cas plus comme cela, les mots maintenant je veux les penser avant de les écrire. Réfléchir. Je ne veux plus m’abîmer une dernière fois juste après que l’autre ait quitté le radeau de nos infortunes. Je dois apprendre le temps de la curiosité et le bercer très longtemps entre la plume et le papier. Je dois imaginer n’entraîner personne qui serait trop fragile ou qui attendrait trop de moi. Cet équilibre. Ce bleu et pas tous ces bleus qui ne font que passer et qui jamais ne reviennent…
tableau :
samedi 21 janvier 2012
les deux visages du lac
"Je sais que d’ici quelques semaines elle partira ailleurs, comme toujours. Tous ses passages ici sont gravés dans ma mémoire comme dans la sienne, et nos rencontres à présent sont de longues commémorations, de commérages et de partages de notre propre vision. Je sais qu’elle est arrivée au bon moment pour me rappeler combien la vie pouvait avoir un sens, avec ses bagages qui ne demandent qu’à être rouverts, pour s’apercevoir combien s’est allongé l’inventaire. J’aime les personnes qui rient et encore bien plus celles qui me font rire de tout, de rien, même sans un mot, surtout ! C’est elle. Vingt ans à se croiser et à reprendre à chaque fois comme une conversation inachevée d’il y a quelques secondes, le temps que les jeunes oreilles s’éloignent, le temps d’être seules. Maintenant, c’est une histoire d’amour, car il a fallu longtemps pour que mon corps abandonne tous ses phantasmes à son encontre, longtemps pour que mes yeux ne plongent plus dans son décolleté. Alors je rattrape les mots quand elle me dit « tu te souviens » et je l’écoute sans rien faire d’autre, et que j’aime ces moments où je peux glisser tout en me taisant. Je sais que si j’ai pu commencer toutes mes histoires d’écriture, c’est que dans la première c’était d’elle dont je parlais. Aujourd’hui je ne suis plus frustrée, c’est l’état d’une plénitude, d’une relation mature entre deux adultes qui dure et durera aussi longtemps que nous serons. Je sais bien que bientôt nos chemins se sépareront à nouveau…"
tableau :
dimanche 15 janvier 2012
Lendemain de "faites"
La maison des pas chassés…c’est la maison des cartons dans laquelle tu circules vue de profil. Ce n’est pas que tu déménages ou bien que tu sois folle, c’est juste la maison des passages qui s’empilent et d’où rien ne s’envole. C’est ainsi. Le vide, les lignes épures, la sobriété de l’espace, la marche aux yeux clos sans rencontrer d’obstacle ne seront jamais d’ici, tout comme chaque chose n’aura pas sa place sans jamais sortir du placard…
Enfant revenant d’un séjour à l’hôpital, j’ai pleuré retrouvant notre maison sombre et étriquée. Il me manquait la lumière.
Depuis je suis toujours perdue entre mon désir d’ordre et ma paresse désordonnée. Mais la lumière est, les murs sont clairs, les cohortes de choses ne connaissent pas la poussière. Le bar du salon est toujours plein à craquer. Et au cellier il y a des patates pleines de terre d’ici et d’autres toutes propres du supermarché.
Je souris.
Et puis mon arrière grand-mère arrive dans ma tête, elle était blanchisseuse au château…alors je rêve, je m’applique pour que tout soit impeccable pour le Comte, la Comtesse et …l’être Aimée.
* photo : Een huishouden van Jan Steen
Inscription à :
Articles (Atom)










