dimanche 29 janvier 2012

les îles du silence

Sensations étranges, étrangères pour celle qui n’est pas moi. Je reconnais cette ouverture, cette faille qui me parcourt, ce balbutiement qui me maintient les yeux grands ouverts pour ne pas perdre le fil de ce que je ressens. Je sais que je n’ouvrirai pas mon coeur, en tous cas plus comme cela, les mots maintenant je veux les penser avant de les écrire. Réfléchir. Je ne veux plus m’abîmer une dernière fois juste après que l’autre ait quitté le radeau de nos infortunes. Je dois apprendre le temps de la curiosité et le bercer très longtemps entre la plume et le papier. Je dois imaginer n’entraîner personne qui serait trop fragile ou qui attendrait trop de moi. Cet équilibre. Ce bleu et pas tous ces bleus qui ne font que passer et qui jamais ne reviennent… 
tableau :

samedi 21 janvier 2012

les deux visages du lac

"Je sais que d’ici quelques semaines elle partira ailleurs, comme toujours. Tous ses passages ici sont gravés dans ma mémoire comme dans la sienne, et nos rencontres à présent sont de longues commémorations, de commérages et de partages de notre propre vision. Je sais qu’elle est arrivée au bon moment pour me rappeler combien la vie pouvait avoir un sens, avec ses bagages qui ne demandent qu’à être rouverts, pour s’apercevoir combien s’est allongé l’inventaire. J’aime les personnes qui rient et encore bien plus celles qui me font rire de tout, de rien, même sans un mot, surtout ! C’est elle. Vingt ans à se croiser et à reprendre à chaque fois comme une conversation inachevée d’il y a quelques secondes, le temps que les jeunes oreilles s’éloignent, le temps d’être seules. Maintenant, c’est une histoire d’amour, car il a fallu longtemps pour que mon corps abandonne tous ses phantasmes à son encontre, longtemps pour que mes yeux ne plongent plus dans son décolleté. Alors je rattrape les mots quand elle me dit « tu te souviens » et je l’écoute sans rien faire d’autre, et que j’aime ces moments où je peux glisser tout en me taisant. Je sais que si j’ai pu commencer toutes mes histoires d’écriture, c’est que dans la première c’était d’elle dont je parlais. Aujourd’hui je ne suis plus frustrée, c’est l’état d’une plénitude, d’une relation mature entre deux adultes qui dure et durera aussi longtemps que nous serons. Je sais bien que bientôt nos chemins se sépareront à nouveau…"
tableau :

dimanche 15 janvier 2012

Lendemain de "faites"

La maison des pas chassés…c’est la maison des cartons dans laquelle tu circules vue de profil. Ce n’est pas que tu déménages ou bien que tu sois folle, c’est juste la maison des passages qui s’empilent et d’où rien ne s’envole. C’est ainsi. Le vide, les lignes épures, la sobriété de l’espace, la marche aux yeux clos sans rencontrer d’obstacle ne seront jamais d’ici, tout comme chaque chose n’aura pas sa place sans jamais sortir du placard…
Enfant revenant d’un séjour à l’hôpital, j’ai pleuré retrouvant notre maison sombre et étriquée. Il me manquait la lumière.
Depuis je suis toujours perdue entre mon désir d’ordre et ma paresse désordonnée. Mais la lumière est, les murs sont clairs, les cohortes de choses ne connaissent pas la poussière. Le bar du salon est toujours plein à craquer. Et au cellier il y a des patates pleines de terre d’ici et d’autres toutes propres du supermarché.
Je souris.
Je pense toujours à Mozart en descendant la manne de linge sale à bout de bras sur la tête pour atteindre en pas chassés la plus belle invention du 20ème   siècle : la machine à laver. C’est comme une danse, une offrande, une fête, une petite musique jouée en plein air. C’est le printemps.
Et puis mon arrière grand-mère arrive dans ma tête, elle était blanchisseuse au château…alors je rêve, je m’applique pour que tout soit impeccable pour le Comte, la Comtesse et …l’être Aimée.
* photo : Een huishouden van Jan Steen

samedi 14 janvier 2012

dimanche 8 janvier 2012

Sans-Soucis


Quand je pense que Frédéric Deux était poète, qu’en même temps il était un nain chez les Prussiens et que son père avait une armée spéciale de géants qui lui coûtait tellement chère…qu’elle ne sortait pas souvent…
Et bien…toutes les histoires que mon arrière grand-mère a contées à mon père tombent à l’eau…
J’ai adoré ce Frédéric Roi De Prusse (joué par une femme d’autant plus !!!)


vendredi 6 janvier 2012

La maîtresse lit des photos la nuit


366 façons de passer la nuit…l’année…car en prime pour 2012, il y a la journée du  rattrapage de la course au Soleil, ou de la courbe à la Terre. Allez savoir ! Prenez une journée aux dictionnaires aléatoires…
Sixième heure…jour : effeuiller lentement l’éphéméride tout juste achetéE, pour éliminer définitivement les effets ravageurs du Nouvel An.


Photos : Edokhan (Merci à Lau)

dimanche 1 janvier 2012

2012


A vous qui passez ici ou qui ne passez plus (hum…ce message se dupliquera via toutes les formes de communication existantes…), je vous souhaite une merveilleuse année 2012, faite de rêves, de bonheur, d’amour, de santé, de découvertes, de rencontres…de la richesse de toutes ces petites choses qui attachaient les unes aux autres déroulent les jours comme un tapis de velours…
Et puis j’oubliais l’essentiel : beaucoup de rire et de sourires !

mercredi 14 décembre 2011

quand je me fais mon fr3

A la fin je ne sais plus quel est mon oeil gauche de mon oeil droit…mais j’aime bien ce " doute " !

lundi 5 décembre 2011

Alignement

Des signes et des signes…des symboles ?
Je me demande ce que j’ai voulu photographier.
Un souvenir ?

C’était une éclaircie ! Je me souviens maintenant, après la mansuétude des rues, les kilomètres épars à la recherche d’autres statues, comme si la peur de nous retrouver seule à seule nous effrayait, alors nous marchions, entrecoupées de passages en sous-sol et de retours à l’air libre, j’avais la bouche sèche de cette certitude : qu’il n’y aurait rien, rien qu’une rencontre insolite entre deux mondes. Et puis quand la nuit est venue, que tout fut passé…cette drôle de quête, ces excuses de n’être là pour rien d’autre. L’or aux étoiles dans tes yeux est apparu, cet inattendu suivi de la fulgurance de t’avoir fait jouir, et ta tendresse, ta douceur sans aucun autre parole que celle de l’effleurement de tes doigts sur ma peau pour gagner ma quiétude et  ce repos sevré de questions et des mots…

jeudi 1 décembre 2011

PLOUF !

La tête hors de l’eau ou bien la vie profonde d’un iceberg ? Je ne sais pas trop. Sans doute ni l’un ni l’autre, puisque je suis un tout qui vit sur deux mondes.
Faire la photo à l’envers.
Montrer le bas, cacher le haut,
me prendre la tête sous le bras,
pour nager entre deux eaux.
Deux hauts
sans bas,
me fondre pour toi,
et puis voilà !

mercredi 23 novembre 2011

calendrier

Je regarde le calendrier et ça me rend heureuse tous ces mois, en vert, mauve, rouge, rose, bleu et le dernier en jaune de l’été. Je suis déjà à la troisième couleur, et le trente j’aurai ma troisième ceinture du temps…Et puis surtout il y a la barre orangée qui se glisse en pointillés le long de certaines journées blanches qui s’appellent les vacances, que c’est Beau !
Sans parler de cet équilibre aussi, du nombre de semaines presque partout sept, ça m’envole…

dimanche 13 novembre 2011

***

B  R  O  U  I  L  L  A  R  D
R
O
U
Invisible espace.
Les distances se perdent.
La peur de n’être (de) nulle part s’accélère en moi.
Alors je dois aller vite, le plus vite possible pour ne pas m’évanouir.
R
D

jeudi 10 novembre 2011

Des nouvelles du front

Aide personnalisée du jeudi soir :

Lecture documentaire.


-         …pied…
-         Pie !
-         Maîtresse c’est quoi une pie ?
-         C’est un oiseau.
-          ?
-         C’est un oiseau noir et blanc qui vient dans la cour après la récréation pour manger les restes de vos goûters…
Dix milliards d’années lumières plus tard…donc le nid de l’écureuil ne ressemble pas à un pied mais au nid d’une pie.
Petite voix qui se réveille :
-         Maîtresse c’est quoi une pie ?
-         (Pµ^ù°=)…Une pie ? C’est un pied à qui on a enlevé le d pour qu’il puisse s’envoler…
photo : PIE

mercredi 2 novembre 2011

…No Limit…


Sans un au revoir, sans un adieu et sans savoir. Ne reste qu’un extraordinaire silence qui rapetisse tout ce qu’il y avait avant.

Dans mon autre vie, je suis née aux environs de l’an 800, dans un pays qui n’existait pas encore à cette époque, où, j’avais les cheveux beaucoup plus frisés que maintenant et la liberté de cartographier tous mes voyages dans la langue animée de mes anciens, nés bien avant.

Je ne sais pas et pourtant je sais.

Je sais m’user jusqu’à la cendre pour renaître.

Je suis ma propre énigme que je ne résoudrai jamais, mais j’avance, je ne dirai pas sans relâche car ce serait mentir, j’avance, j’avance aux étoiles.

Les repères terriens, terrestres, la basse terre et tout le reste, je les laisse à ceux qui ne voient rien d’autre que leur propre image…mais que la mer reprendra de toute manière…juste retour des choses.

Moi  " Je continue  "…tout comme Vous…in the Blue…………….

lundi 31 octobre 2011

^

Je reviens vous écrire comme on met des fleurs sur une tombe, des fleurs fraîches cueillies à l’aube du bonheur, en souvenir de vous. Ce pluriel désormais. Un concert de guitares lointaines pour un flux qui n’existe plus. Pauvre de moi mais tellement riche de vous, que mon cœur se détourne de celles qui n’ont ni votre humour, ni votre poésie. Pourtant il y a Anne, pourquoi cacherais-je son prénom ici ? Ici on ne peut pas se voir, s’entendre, s’écouter et se toucher et pourtant on peut se faire mal, avec des mots mal posés, mal interprétés, toute la beauté des fleurs, même si on met tout son amour dans la confection du bouquet, cela reste fragile, éphémère et tellement aléatoire.
J’ai ressorti mes mots, j’échauffe la voix qui murmure à l’intérieur de moi, je n’ai rien perdu pour attendre. Je titille du clavier, je me dilettante, la tête tournée sur le dehors…j’ai déjà oublié le début de ma note. Qu’importe ! Je continue ma petite cérémonie entre moi et moi. Des phrases roulent dans ma tête à très grande vitesse, impossible de les capturer, juste les allitérations en elles, lagon, lagune, lacune, lac, l’étang, les temps du signe. Ecrire sans concession pour compenser la pressurisation du bien parlant, du totalement correct, pour négocier l’irréprochable image de moi, ce modèle dont j’ai tant de mal à me défaire. Ecrire en virage. Ecrire : une courbe au milieu d’une ligne droite, un dérailleur qui me propulse à la force de mon estime… plus j’écris et plus je m’aime dans ce corps, dans cette vie qui ne m’a pas encore offert toutes ses surprises…
Ecrire pour dire toutes ces choses que je ne sais pas dire autrement.