mercredi 6 juin 2012

concerto en femmes d'honneur

Je la contemple dormir.
Elle est le temple de mes prières la nuit.
J’aime la regarder, l’écouter, l’entendre et chercher dans les rêves qui la traversent, dans le bruissement de ses jambes entre les draps, la source de ses frissons. J’aime ces longues minutes de calme impatience à attendre l’apaisement de sa respiration  après cette étrange danse, pour à mon tour plonger dans son monde merveilleux.
Allongée près d’elle, il ne fait pas noir, il fait encore bien trop chaud. Je ne vais pas prendre les bras de Morphée, ni ceux de personne d’autre, ce sont les siens que je veux, alors je veillerai sur son sommeil bien plus loin que le petit matin.
Je retiens mon souffle comme je retiens toutes les rumeurs de la ville, elle me parle de montagnes, de lacs aux couleurs vertes et bleues, je la suis de tableau en tableau, de musique inconnue en exposition insolite. J’imagine déjà demain, dans nos habits du dimanche, lui prendre la main et lui voler un furtif baiser, un sourire complice, un mot que nous serions seules à comprendre. Un mot. Un monde. Le nôtre qui naît à peine. Si nouveau que mes phrases ne m’appartiennent plus, si exaltant que pour exister sur le papier, il faut coucher le prénom d’Elle à côté du mien.
Toutes ces voyelles vois-tu…c’est comme un coup de foudre : une femme qui m’offre la blancheur de ses pages et sa plume pour guider la mienne à travers son écriture. Cette femme c’est toi aux lettres qui se terminent par A.
A comme la matrice des E et des I qui se voyagent à l’infini, A comme l’amour de toi que je porte en moi. A comme aujourd’hui où tu glisses des poussières d’étoiles sous mes pas.

4 commentaires:

  1. Je viens de parcourir tes deux dernières notes, une belle musique, un voyage au pays des étoiles... Dieu que c'est beau ! :)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Virginie...non pas dieu, mais une Déesse.

      Supprimer
  2. vous lire c'est comme de prendre un bain de douceur et ça fait un bien immense !

    RépondreSupprimer
  3. Vous serez toujours la bienvenue Bettina, merci de dire.

    RépondreSupprimer

Laisser quelques mots ?