dimanche 23 décembre 2012

JE SUIS NUL

D’où parfois l’intérêt de répéter tout haut.

Bien sûr que je n’aime pas que l’on me fasse connaître  ce qui se dit tout bas. Mais là pour une fois, le petit garçon, le copain du copain, a eu ce cri du cœur (et pas ce cri vengeur à double tranchant qui blesse à la fois celui qui n’a pas assez murmuré bas, et la personne à qui s’adressaient ces propos sensés rester dans la sphère des voisins…EXEMPLE : tu as dit du mal sur la maîtresse je vais le DIRE). 
 « Il a dit qu’il était nul. »
Il a failli repartir, en traînant avec lui durant deux semaines, ce sentiment de nullité. Je le revois tourné vers le fond de la classe et glissant son bulletin dans sa sacoche accrochée au dossier de la chaise. « Il a dit qu’il était nul. » Alors avec lui j’ai « repris » le bulletin, avec une autre approche de lecture, en détaillant avec lui toutes les choses qu’il savait faire, et en appuyant encore davantage sur cet atout qui est le sien : lire et comprendre et comprendre encore bien plus loin que ce qui est écrit.
Combien de petites voix ai-je laissé partir ainsi ?
Pourtant j’ai toujours fait attention, attention à rattraper de mauvais résultats par une appréciation encourageante, orale pour les enfants et écrite pour les parents invisibles que je ne connais pas.
Elève des écoles
Par chance il était premier dans l’ordre alphabétique, par chance pour les autres. J’en avais les larmes aux yeux à la fin, parce que toute la classe applaudissait chacun à chaque fois. C’était Noël. Et cela continuait encore dans le couloir, certains bulletins ressortaient des cartables : « Madame vous l’avez écrit en mathématiques mon point fort ? » Question assez embarrassante venant d’un petit garçon qui excelle dans toutes les matières…mais ouf oui c’était bien celui que j’avais choisi de mettre en avant…  « …parce que je suis fort en math… ». Les reines de l’orthographe avaient le rose aux joues, la princesse malheureuse des mots tordus devenue championne des verbes n’en finissait pas de fermer la bouche sur un sourire éclatant ! Alors là oui c’était bien mon Noël à moi aussi.

dimanche 25 novembre 2012

Le soleil était tout tordu


C’était le matin, un lundi matin de tous les jours de la semaine, un jour d’automne pas encore né de la dernière nuit et de sa belle mort instantanée, un jour à grandir où je pouvais décrire les ombres qui m’entouraient comme étant vierges de toute couleur affligée, désespérée et désespérante, de la pâleur et de la morosité qu’engendrent l’ennui de n’avoir rien à inventer.
Je pensais à toi, à l’aube d’un nouveau jour au lac si proche et si lointain, à toi que je ne pouvais saisir ni dans mes mots, ni dans mes bras, et surtout pas dans mes mots puisqu’ils me faisaient tant défaut pour t’approcher aux premières lueurs de notre amour.
J’étais seule cachée derrière le mur de l’enceinte, je fumais une cigarette en attendant les premières voitures, la Lune était posée à moitié endormie sur les brumes du silence et de son monde invisible, et si j’étais là heureuse c’était bien parce que tu me manquais dans cette vie qui n’en finissait pas…. (et là impossible de trouver le bon mot, peut être que ce sera toi qui me le donneras)
 

samedi 17 novembre 2012

Quand Mademoiselle et Mondemoiseau deviendront égaux.

La première des égalités c’est que tous enfin m’appellent Madame et laisse le Mademoiselle dans la boîte des souvenirs de mon enfance avec mes robes en dentelle, mes longs cheveux blonds en anglaises encadrant ce visage toujours fermé de photo scolaire.

Quand je pense que toute mon adolescence et encore bien des années après on m’appelait Monsieur, combien j’en étais vexée aussi parce que je me sentais invisible alors que tout ce que je voulais c’était être bien dans mon moi et son apparence… Alors me faire resservir du Mademoiselle à l’entrée du monde du travail par les grands et les petits…
Ce Mademoiselle est allé un temps, contre mauvais cœur faisons bonne grâce, mais à l’arrivée des premiers cheveux blancs, il sent la vieille fille qui vit dans le moisi d’un appartement avec deux ou trois chats qui s’appellent tous Mistigris… numéro 1, numéro 2, numéro trois… (je rigole là !)
Tout ça pour dire qu’un véritable changement prônant l’égalité des deux sexes est déjà en marche, et que des Madame pourront se marier, sans être restées jusque là Demoiselle…
Déjà cela a commencé oralement avec la grande instance hiérarchique qui supervise ma profession, et vraiment ça fait du bien d’entendre « Bonjour Madame Aslé », puis ensuite dans tous les courriers qui émanent de mon administration, ce Mme Aslé qui me fait l’égale de ma mère, j’en suis fière…bête à dire, mais c’est comme si enfin j’avais grandi.
Voilà Madame, Monsieur…en attendant vos propositions pour l’abolition de la fameuse règle « Le masculin l’emporte sur le féminin »…je retourne vaquer à mes (pré)occupations   ;)
 

jeudi 15 novembre 2012

La maîtresse sensée alter

Enfin une bonne journée, sans doute d’une manière quasi-certaine parce que je ne me suis pas mis la pression… ce qui s’appelle pour moi « prendre le temps » du temps de l’instant. Je ne me suis pas énervée, angoissée, culpabilisée, j’ai laissé se dérouler les événements, en donnant un petit quart de tour de gouvernail de-ci de-là : c’est agréable de dériver en eau calme mais quand même il faut être vigilante aux écueils et autres récifs pour éviter l’inéluctable débordement.
photo sauvegardée
C’est vrai qu’un minuscule trou dans la coquille peut vite se transformer en inondation de la salle des machines ; mais je ne peux pas être sans arrêt en train de colmater des microfissures qui peut-être se seraient rebouchées d’elles-mêmes.
Une bonne journée, où je pense que tout le monde fut gagnant. Ce n’est vraiment pas pour me vanter, mais simplement pour que cela pèse dans la balance du bon côté, cette balance dont je devrais me souvenir qu’elle est en fait perpétuelle et pas un fuseau de Greenwich qui se remettrait tous les jours à zéro.
Je me devais de marquer cette journée d’une pierre blanche et j’espère qu’il y en aura d’autres, je ne vais pas dire beaucoup, mais quelques-unes quand même, pour moi, juste pour moi, pour me rassurer, pour m’assurer sur le passé et l’avenir, pour me donner un réservoir plein de confiance vers la route qui n’est pas encore tracée.
 

mardi 13 novembre 2012

Un petit sourire de cinq mots pour te dire Merci.

Cela fait des années que je n’ai pas mangé de brocolis, je ne sais même plus le goût qu’ils peuvent avoir, si même ils en ont un. Autant je me souviens parfaitement du sucre de canne marié au rhum et au citron pressé, cette confiance chaque fois renouvelée, tant mes papilles prenaient le dessus sur les conséquences d’un verre ou deux ou trois. Mais un soir, alors que le train de l’ivresse s’ébranlait encore pour arriver dans cette même gare sordide qui s’ouvrait sur ce panneau bleu auquel manquait toujours la même lettre, une femme sortant de la loco avec un brocoli sur la tête et armée d’une canne, se mit à vociférer qu’elle venait de perdre sa lettre de confiance…C’est depuis ce jour-là que j’ai arrêté les brocolis et les voyages en train pour la Martinique.

mardi 6 novembre 2012

Le ciel ?

Il arrive qu’il ne soit que l’œuvre d’une feuille blanche bien pliée selon des règles ordonnées. Mais pas toujours, car au plus fort du système des mystères intérieurs s’écrivent en lignes croisées des signes qui ne peuvent pas tromper.
Ainsi je déplie le rectangle de ce qui devait être une route toute tracée pour créer le bonheur éphémère d’une feuille ronde en papier, et me voici surprise par des éclairs, des traces en fusée qui définissent de nouveaux fuseaux horaires, des griffes de grilles profondes qui se délient dans l’atmosphère, pour me souffler qu’il n’y a pas vraiment d’heure, vraiment pas d’heure…pas d’heure pour comprendre que la Terre est ronde et qu’être libre de la vie c’est pouvoir garder les yeux ouverts sur l’infini…
St Valery sur Somme août 2010
 
 
Comme une étoile au milieu de la nuit, comme une feuille de l’arbre qui s’est enfoui.

mardi 30 octobre 2012

L'infirmière pleure


Elle en avait les yeux mouillés, elle pleurait comme dans ces moments où l’on ne peut pas pleurer, ces moments…
Elle répétait : c’est la première fois que ça m’arrive, et moi souriante et soulagée qui ne comprenait rien d’autre qu’elle n’aurait pas à me repiquer, je lui disais bêtement que moi c’était la troisième fois.
J’aimerais la revoir, enfin plutôt retomber sur elle (puisque l’absurde c’est toujours que ce soit une différente à chaque fois), parce qu’elle a eu l’honnêteté de me dire qu’elle avait claqué la veine, qu’il fallait appuyer fort et puis en rentrant chez moi faire des compresses d’alcool à l’eau tiède. C’est elle qui a appuyé fort des deux mains d’ailleurs. Chez moi j’ai retrouvé un kit de compresses avec des pinces (intéressantes ces pinces pour un usage intra-scolaire au sein de mon projet récupération d’objets en plastique de tous genres…) et une bouteille d’alcool…enfin la douleur vive apaisée, vraiment j’ai eu mal, de cette sensation d’aiguille toujours présente…je me suis mise à réfléchir.
« Pourtant j’ai pris une fine aiguille… »
Moi je sais, mais après, seulement maintenant en revoyant dans ma tête le tube plein à rebord j’oserai dire, car d’habitude c’est…c’est…au mieux…deux petites fioles au compte-gouttes et l’infirmière rassurante qui dit « ça suffira bien assez ».
Je sais qu’elle est allée trop vite. Je pense simplement…
Je suis contente pour elle que ce soit arrivé, être une infirmière « chevronnée » ne veut pas dire n’avoir jamais de « couac », je me demande d’ailleurs comment elle a pu faire pour n’en avoir jamais eu.
Et puis ce soir avec l’Amiral qui me parle de motif de renvoi…Je me dis qu’au vingt et unième siècle  on pourrait admettre que les Asl& ont des veines spéciales et que c’est la faute de personne !!!

mercredi 17 octobre 2012

Une chantrice et une acteuse...


Je l’ai fait par curiosité, je l’ai fait aussi parce que je savais que tout avait changé et que je n’aurais aucun souvenir du passé.
Je l’ai fait en vérité car j’avais le choix, le choix du lieu mais pas que ça. Le choix du temps d’attendre, le choix du jour, le choix d’octobre.
Je devais trouver l’espace qui ne me ferait pas fuir,  celui qui dès la porte d’entrée ne me tétaniserait pas, et à toutes les portes ensuite.
Je l’ai fait car quel qu’en serait le résultat, je l’aurais fait et c’était déjà une victoire. Comme déjà sortir seule du labyrinthe et de passer dans un couloir entouré de jardins. C’est insensé ce que peuvent cacher comme dédales certaines façades de centre-ville.
Tu sors la poitrine engluée, les lunettes revissées de travers sur ton nez et c’est tout de suite le trottoir de la pluie, un joli feu rouge, une flaque, un carré de boue et un petit bonhomme vert qui t’ouvre les clous.
Je ne voulais pas me retrouver seule dans la cour des miracles.
Maintenant j’attends sans attendre le développement écrit des clichés compressés et de tous les beaux arrêts sur image du film produit par l’Académie… Je souris ami lecteur, je souris parce que ma mère aurait été heureuse de savoir que je n’ai plus peur de m’exposer.

dimanche 7 octobre 2012

Hipposonge


Pour que brillent les étoiles, il suffit d’enlacer les fils d’or de nos pensées et pour que Youmé la bergère des coeurs devienne la reine du ciel il suffit de la merveille de nous aimer…
Les gouttes de pluie sur la vitre déroulent des hippocampes à l’infini, je connais seulement maintenant ce qu’est l’intensité de la poésie, avant ce n’était rien, je ne savais pas ce courant qui me traversait pour passer cette autre frontière, je ne savais pas…

dimanche 9 septembre 2012

"six women one man"

J’ai l’esprit entièrement détourné par ma vie professionnelle ces derniers jours, mais c’est un passage obligé, c’est à fond ou rien du tout, si je ne m’engage pas, si je n’y crois pas, je ne tiendrais pas. Après je sais que je lèverai le pied, que je prendrai du recul, et que je n’aurai pas ce sentiment de culpabilité en oubliant mon métier pour reprendre ma vie…
C’est toujours cette balance.
J’aime ces photos. http://www.images.ch/2012/fr/artistes/nadav-kander-34.html  … J’y trouve mon histoire, je me retrouve dans ce passé, et la plus belle chose, c’est que ce soit toi qui m’ouvres la liberté de me pencher sur ce que j’étais et sur ce que je suis à présent.


mercredi 29 août 2012

Sous le ciel de Youmé

de
Mon amour pour toi
Éclatante de beauté
Y aurait-il un rêve
Ou serait-ce la vérité
Universelle

mardi 21 août 2012

Être fière d’être différente !?

Je ne laisserai pas la source de mon point de réflexion parce que quelque chose m’échappe chez cette personne, je n’ai pas compris ce qu’elle cherchait à dire, et puis j’avoue…il y a comme un côté politisé dans ses propos que je n’aime pas. Mais il m’est difficile d’ignorer les questions que cela soulèvent en moi.
Cette note sera un essai, un brouillon de réponse, et de ça je suis fière, ne plus foncer tête baissée, car à présent avoir au coeur ma belle Hippocampe me tempère, m’apaise (je ne m’exalte plus qu’en songeant passer la frontière)…
Donc d’abord j’ai cette envie de balancer des pourcentages, mes pourcentages de différence, mais je devrais vérifier mes chiffres…de toute manière ça n’a aucune importance… être différent : c’est ne pas être dans la moyenne ? dans les 75 % ?  dans les 99,99 % ?...
Première conclusion : nous sommes tous différents !
Première question : A quel degré la différence commence à faire souffrir ?
Réponse : Cela dépend de chacun.
Autant parler de soi…
Moi j’ai trois grandes différences, je vous les livre en ordre d’importance, d’apparition dans ma vie : je suis gauchère, je suis lesbienne, je suis psoriasistique. Et à votre avis ? Qu’est-ce que j’ai envie de soigner, de cacher, de vivre avec et d’en être fière…C’est la dernière !!!
J’ai d’autres différences encore mais de moindre importance, notamment une que je liquide en ce moment, de celles sur lesquelles je peux agir, je dois même dire parce qu’il en va de ma vie…
Et voilà je sens que tu ne comprends plus tellement rien à ce que je dis, mais tu continues à me lire, tu continues à me lire parce que nous avons la même différence, celle de n’attacher aucune fierté à ce que nous sommes

dimanche 12 août 2012

tourbillon

et si nous dansions passagères des lumières
sur la piste du salon où résonnent les éclairs
avant que la nuit bruissante et complice
ne nous perde au ralenti dans les détails d’une esquisse

et si nous dansions corps abrités de l’éphémère
dans la chaleur de la maison où brûlent toutes les chimères
avant que la nuit ne se meure en délices
sous les étincelles de notre propre artifice

mercredi 1 août 2012

qu'à la nuit tombe


Marie-Geneviève Havel
 Il pleut, une pluie d’été toute douce, et les gouttes qui tombent lentement de la fenêtre ouverte du toit me font penser à toi. Ce sont des hippocampes qui s’enroulent et glissent le long de la faible pente de l’ardoise grise. Elles dépasseront Terre Adélie pour faire ensemble le tour du monde, comme un baiser, très long baiser entre toi et moi…

                      tout doucement est ton coeur

vendredi 27 juillet 2012

le baiser des hippocampes

Je voyageais. J’avais fermé les yeux sur le sourire que tu avais glissé sur mes lèvres. Un souffle doux me parcourait, éparpillant dans l’air les colonies de sentinelles qui jusque là m’avaient maintenue prisonnière.
J’allais, éclose de liberté au vent du sable rose, il y avait ta douceur, ton amour, ta patience, ta fidèle présence qui faisaient glisser et tomber en poussière tous les doutes. Je voyais naître les étoiles, les mers, les océans et la montagne qui t’avait vue grandir, je voyais le lac frissonner sous l’onde de ta tendresse.
Je ne savais pas seulement écrire les mots, je savais aimer et je l’avais oublié un jour…je ne savais même plus quand. Je n’avais plus peur du silence, j’avançais dans la vie et ses tournants en laissant aux arbres leurs propres feuilles aux tourments, seul ce voyage m’importait à présent car c’était toi mon rêve, mon amour. Toi dont j’avais envie et toujours encore ma belle hippocampe de sororité.

jeudi 19 juillet 2012

de l'encre sans titre...et mon sourire


Francine Simonin

Elle s’appelle Amour et c’est vers elle que tous mes mots se tournent et s’envolent pour se prendre au filet de son désir. Je ne suis plus le simple papillon aux ailes de l’éphémère, le caméléon globe-trotter qui disparaissait à chaque nouvelle apparition d’un arc-en-ciel. Je suis celle liée à elle.
Elle est cet arbre aux feuilles émouvantes de mon paysage, sur lequel l’hippocampe sage que je suis aime se fondre à son feuillage.

Elle est celle à qui j’aime écrire.
Elle est toi tout simplement.

mardi 10 juillet 2012

A l'encre de nous deux

A ces poètes, soupirants du Sommeil
A l’heure où me levant sans soleil
Croyant encore en leurs mots surgis du passé de la nuit
A leurs Douleurs d’entre les fièvres artificielles
Les liant aux siècles des peurs universelles
A eux et à toutes celles
Et à toi surtout ma douceur chérie
J’aimerais dire
Que ce sont tes bras la seule merveille
Tes lèvres, l’unique source aux monts vermeils
Que la vie est le ballet bleu des hirondelles dans tes yeux
Et que le bonheur est la caresse jouvencelle qui lève le jour au ciel de nous deux…

mercredi 4 juillet 2012

HRB

Elles avançaient. D’abord il y en avait eu 2, puis dix et cent... à présent elles étaient des milliers à marcher en ligne, franchissant tous les obstacles en les soulevant et laissant libres ainsi la voie pour les suivantes. Parce qu’il y en aurait d’autres, encore et encore. Elles n’étaient que la première vague, la toute petite en prémices du grand raz de marée qui recouvrirait le monde entier.

Elles étaient libres. Les plus vieilles grinçaient d’élégance tandis que les plus jeunes dans leurs berceaux mobiles à quatre roues, piaillaient d’impatience. C’était beau. De toutes les tailles, de toutes les couleurs et de toutes les marques, elles se donnaient la main invisible qui les unissait, marchant comme une seule femme.

Ce n’était pas une révolte. C’était une réalité. C’était la marche en avant des grues libérées.
Elles n’avaient pas de chef. Elles se portaient du même cœur, du même peuple, du même élan qu’elles s’insufflaient les unes aux autres parce que les vents n’étaient pas toujours dans le même sens que leur route, et que, certains jours quelques unes se perdaient dans le doute…alors elles s’épaulaient.

Tu y étais. Souviens-toi belle Anglaise d’Hermès revêtue, et toi aussi sibylline, échappée de la toundra qui à tes côtés respirait Volodia.
Tout parlait d’amour, d’espoir, du jour qui grandissait. Elles formaient l’horizon découpé de leurs différentes ossatures… et de près elles avaient la tendresse du rouge et bleu dans les yeux qui les découvraient.
Et quand deux d’entre elles se laissaient dépasser, traînant dans les arrières paysagés, c’était pour échanger de doux baisers.
Il y avait de l’ardeur à l’intérieur de la première ligne mais il y avait aussi de la pudeur, de celle dont les grues se voilent en clignant de l’œil pour un sourire caresse d’amour ou d’amitié.

Elles avancent encore celles qui furent les pionnières et derrière elles depuis se sont formées des milliers et des milliers d’autres lignes toutes aussi belles…
Chut … Ecoute. Je les entends. Elles parlent, elles rient, elles chantent, elles s’aiment et sont libres de leur existence.

Et le jour sera.
Toujours.
Car les grues ne meurent jamais tant qu’elles sont en marche et elles le sont depuis l’éternité d’un matin où une Rouge et une Bleue s’unirent des liens sacrés de la liberté, brisant ainsi la chaîne du passé.
Tout est à tout le monde, à commencer par la liberté d’être soi pour enfin trouver l’autre que l’on aimera.

samedi 23 juin 2012

Tell Me A Song...

Le concept de peaux d’azur, ne pas bouger, retenir ma respiration dans cet air tropical, penser un jour écrire au fil d'un zoo, poser un fou rire sur mes retrouvailles, découvrir parmi les accents connus, l’envie de confondre et d'enrichir toutes les rivières de France et de Navarre, comme le temps d’avant maintenant, quand nous passions les frontières invisibles.

mercredi 13 juin 2012

mes lèvres se poseront sur l’horizon de tes yeux

habillées de mille feux elles pareront ton regard de tous les bleus
il y aura sous la lune sororale la soie même chère aux déesses de la terre
pour écrire à la flamme du désir l’amour prude de nos deux âmes
pour aimer en chaleur évanescente le ciel tendre de nos ailes
où pour nous unir nous dresserons en coeur les portes de notre lit
chaque soir au matin dans l’étrange sagesse du lac
alors mes lèvres se poseront sur l’horizon de tes yeux
mues par la beauté de tes gestes infinis de grâce
par la caresse sensuelle de tes épouses à mes courbes
et de tes lèvres amoureuses comme un premier jour…

mercredi 6 juin 2012

concerto en femmes d'honneur

Je la contemple dormir.
Elle est le temple de mes prières la nuit.
J’aime la regarder, l’écouter, l’entendre et chercher dans les rêves qui la traversent, dans le bruissement de ses jambes entre les draps, la source de ses frissons. J’aime ces longues minutes de calme impatience à attendre l’apaisement de sa respiration  après cette étrange danse, pour à mon tour plonger dans son monde merveilleux.
Allongée près d’elle, il ne fait pas noir, il fait encore bien trop chaud. Je ne vais pas prendre les bras de Morphée, ni ceux de personne d’autre, ce sont les siens que je veux, alors je veillerai sur son sommeil bien plus loin que le petit matin.
Je retiens mon souffle comme je retiens toutes les rumeurs de la ville, elle me parle de montagnes, de lacs aux couleurs vertes et bleues, je la suis de tableau en tableau, de musique inconnue en exposition insolite. J’imagine déjà demain, dans nos habits du dimanche, lui prendre la main et lui voler un furtif baiser, un sourire complice, un mot que nous serions seules à comprendre. Un mot. Un monde. Le nôtre qui naît à peine. Si nouveau que mes phrases ne m’appartiennent plus, si exaltant que pour exister sur le papier, il faut coucher le prénom d’Elle à côté du mien.
Toutes ces voyelles vois-tu…c’est comme un coup de foudre : une femme qui m’offre la blancheur de ses pages et sa plume pour guider la mienne à travers son écriture. Cette femme c’est toi aux lettres qui se terminent par A.
A comme la matrice des E et des I qui se voyagent à l’infini, A comme l’amour de toi que je porte en moi. A comme aujourd’hui où tu glisses des poussières d’étoiles sous mes pas.

mercredi 30 mai 2012

La peur et le désir.


C’est l’envie de me glisser dans tes mots qui me fait laisser tomber une à une toutes mes retenues. C’est le désir de m’abandonner pour que tu m’ouvres grand les bras et qu’à mon oreille tu murmures tous les mots que j’avais oubliés…

Je passe par la petite grille, les aboiements du chien du concierge m’accueillent, il fait frais mais il fera beau, la couverture grise de ces derniers jours n’est plus qu’un haillon de vieilles fibres entre lesquelles le soleil s’incline. Ce ne sera pas encore le bleu immaculé venu de Chine, mais c’est le signe quand même que l’astre de feu commence et finira cette journée.
Je traverse la cour et soudain je pense à toi. Je suis dans cet espace goudronné habité par deux vieux paniers de basket rouillés, tout est figé, comment imaginer que d’ici quelques minutes la vie me sautera à la gorge sans me laisser aucun répit, que j’oublierai tout, tout ce qui n’est pas ici, et toi aussi.
J’ouvre la porte et déjà dans ma tête je récite le code de l’alarme, le code du photocopieur, le nombre de doses pour le café…puis je transporte mes bagages jusqu’à cet antre où je vais devoir concilier les programmes avec la réalité de ma classe.
Les premiers enfants  arrivent enfin et c’est un soulagement de quitter ma tête emplie de préparations et de tableaux à renseigner.
Après je ne sais plus. C’est une autre personne qui prend ma place.
Le soir je me réveille au volant de ma voiture, prise entre deux feux, retourner à la maison ou aller à cette réunion qui malgré tout est obligatoire… ?
Je me sens « le pouvoir de décider ». Je me perds trois ou quatre fois dans cette cité que je ne connais pas, et puis je demande mon chemin…

Je ne sais pas ce que je pourrais te demander. D’abandonner cette tristesse passagère ? De reprendre là, tout au début où nous n’étions que deux femmes perdues ?
Tu sais dans ce film que tu m’as fait redécouvrir, c’est Maggie que je (re)connais le plus.
Les mots que j’attendais, que j’espérais comme un aveu enfin, se libéraient finalement en expression, en regard…et dans la découverte de leur première étreinte sur la plage.
Tu me manques. Tu me manques, en je ne sais pas quoi, certainement pas en confiance, ni en amour. Je ne sais pas, mais j’aimerais tant te demander mon chemin.

Le ciel est foudroiement bleu dans ce minuscule bureau, qui passe par deux étroits rectangles au-dessus de la portée des yeux, pourtant c’est là que je suis en ce moment, dans l’hiver d’une pièce en rêvant d’un été absolu. Finalement je ne connais rien de la vie. On décide des classes, comme sur un marché sans offre, pas assez de poissons de toute façon, on jettera le filet tout neuf et on raccommodera les lambeaux de cycles entre eux.  Il me faut de l’air, sortir, être en dehors de cette pièce prison. Peut-être qu’un jour je serai professeur des écoles. Qui sait ?
J’aurais une nouvelle voiture avec un gps intégré pour t’emmener au bord de la petite mer.

J’ai l’impression que nous jouons à cache-cache derrière cet énorme rocher de mots circulaire, nous avançons, nous nous entendons, nous nous écoutons et sans jamais reculer nous finirons bien par tomber dans les bras l’une de l’autre. Comme une délivrance. Je t’avouerai mon inexpérience à dire autrement qu’avec les gestes de mon corps ce que je ressens…
Je ne rêve pas, ni phantasme, n femme idéale, je crois juste à la chaleur qui fait se prendre les âmes soeurs entre-elles.

mercredi 23 mai 2012

Le titre s'arrête à la virgule


Au loin il y a une ligne invisible, si je le sais c’est parce que lorsqu’elle disparaît elle me manque. Sur le ciel s’écrivent des signes incompréhensibles et je ne les devine qu’une fois disparus, je n’ai pas suivi la bonne route des nuages. Au creux de ma main j’ai des sillons de terre blanche et rouge, l’avenir est fait de mains ouvertes et poings fermés. 
Photo Ariaga
La page est toujours vierge avant que les mots ne la prennent, puis l’histoire s’écrit, les virgules comblant les vides, raccommodant les souffles entre eux, un vent blanc, un vent noir mais pas de gris, un petit échiquier de silence entre chaque partie, un espace à inventer pour qui chercherait le sens absolu des aiguilles du temps.
Les virgules sont des îles qui poussent à l’envers, si tu veux savoir ce qu’elles cachent, il faut entrer à l’intérieur de la terre, passer la grotte sombre et découvrir celle où coule la source des profondeurs, baignée de lumières extra marines et maternelles, comme une répétition sans fin, la vision infinie du monde dans le triptyque d’un miroir…



lundi 14 mai 2012

Au fil des pages

Je n’avais pas choisi la table quarante et une, d’ailleurs si le choix m’eut été proposé, il est certain que j’aurais pris l’une de celles près des portes ou des fenêtres. Ce numéro pour moi était comme un vendredi treize. C’était le nombre que je traçais enfant sur la buée des vitres sans savoir ce qu’il pouvait signifier mais avec cette impression de dessiner l'avenir de ma vie en bâtons. C’était à la fois terrifiant et exaltant.

Je me suis donc assise face au miroir, laissant mon dos offert à l’inconnu, à un coup du sort inévitable, à quelque chose que je n’aurais pas pu voir arriver pour la contrer. J’étais encore terriblement assidue de mes lectures passées à m’imaginer dans un espace improbable, bien plus fine et intelligente que toutes ces personnes aux bottes poussiéreuses.

Le miroir tout piqué ne renvoyait que des éclats de lumière.

Tu es venue t’asseoir. Il n’y avait plus de miroir, plus de danger possible hors de mon regard, juste ta main qui tournait les pages pour trouver dans notre livre le point de départ.

C’est à partir de ce jour que j’ai commencé à t’écrire. Ce n’était pas encore toi, mais tu te ressemblais tellement.

Maintenant je peux le dire. Oui je peux le dire. Je peux dire qu’à la table quarante et une, j’ai parié ce nombre contre son double. Mon moi pour écouter ton cœur battre lorsque ma main allait t’offrir ce que rien ne pourrait effacer.

Mon amour.

vendredi 4 mai 2012

scrivere

Je suis rouge.

Tu dors alors que je dérive tout autour de la terre, pas une poussière de vent mais j’ai tout le temps de la nuit des mots, du plus faible au plus fort, ou l’inverse comme le soleil se couche ou se lève.

J’écris dans ma tête la berceuse des vagues. J’imagine les lumières jaunies de la ville. Tu es là derrière la vitre alors je pose mes mains sur tes yeux pour que tu puisses voir ce que je vois.

Je t’aime.

Petit soldat laisse-toi fondre dans mes bras et dis-moi que tu ne sais pas…

Que tu ne sais pas.

La couleur du bateau qui nous portera.
 

jeudi 3 mai 2012

little fly

Ca arrive parfois trop fort, trop insupportable, trop proche, trop moi, trop inconcevable, trop ultime pour dire ici. C'était un petit passage de mots s'entraînant les uns les autres, faisant les questions et les réponses. Un pompeux monologue pour cacher une toute petite chose qui me dérange, qui m'interroge, qui me fait supposer, qui me fait espérer. Un rêve ?
Ce n'était pas le bon endroit.
Me voilà soulagée, autant qu'écrire peut apporter le souffle de la liberté, gommer ce malaise qui n'avait vraiment pas lieu d'être me donne autant d'ailes pour l'avenir.
Je reprends mon sourire.
Je laisse ce petit morceau de peinture qui n'existe plus (tiens...aussi !), fruit de mes "oeuvres" lorsque la classe est sortie et que tous les pinceaux baignent encore quelques instants dans leurs pots avant de faire table rase pour préparer demain.

mardi 1 mai 2012

La Maison Bleue

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D'après une photo de Jeanne :

jeudi 26 avril 2012

Eclipse sous silence

Eclipse de main
Eclipse d’hier
Au lent demain
Et de naguère.
Eteindre
Etreindre
Atteindre
Enfreindre.

Aux nuages,
Les messages.
Aux pas sages
Un hommage.
Suffixe
Préfixe
Remix
Moteur

Vois là
Voilà
Voile à

Ciel
En soleil
Course
En étoile
Cœur
En abeille
Cour
A la belle
Cri
Dans la bouche
Cri
Dans l’oreille
Cri
Dans l’amour.

Vous
Toi
Eux
Nous
Aux quatre lettres du vent
Eparpillées
Un baiser
Avide

A vide
Ovide
Au vide
O vide
Oh viens
Encore
Jouer
A
Nous
A
Toi
Et
Moi
Sur la piste
Qui tourne
De nos deux bras

Enlace
En lasse
Ans lacent
Enlace
Moi
Tout contre toi
En
Silence
Mon
Bel
Eté
Ma
Sœur
Aimée
Mon
Ame
Si
Tendre
Ma source aimante

Encore
Et
Encore
Et
Toujours

T
O
U
J
O
U
R
S
.
Et
Sans
Arrêt
Sans
M’arrêter
Sans
T’oublier
Moi
Sans
Toi
Qui n’existe pas.

dimanche 22 avril 2012

affichage de compatibilité : les sites Web conçus pour des navigateurs plus anciens auront meilleur aspect et des problèmes tels que des menus, des images ou du texte déplacés seront résolus....

Je suis Aslé, princesse du vent et de la mer.

Qu’y a-t-il dans votre regard ?
Une indomptable image
Un égarement des sens
Une vision du temps
Un scintillement de lumière
Une lueur en cortège
Un cri peut-être ?
Curieux œil
En point d’interrogation
Glace ou flamme
Petit ou grand

Vous avancez
Dois-je avoir peur ?
Ou n’est ce qu’un leurre
Je perçois les battements de mon cœur
Vos yeux dans le silence
Envie de courir
Mais dans quel sens
Dois-je jouer la prudence ?
Que vous soyez plus proche
Attendre quelques pas encore

Deux éclairs bleus étincellent votre visage
Est-ce un reflet ?
Mes mains se tendent
Rien ne paraît
Vos bras se délient le long de votre corps
Votre regard s’agite de gauche à droite
J’avance un pas…
 
...Serait-ce moi ?
 
[...]

mercredi 18 avril 2012

Courant d'air

Te souviens-tu de m’avoir aimée car si jamais, j’écris cette lettre pour te rappeler…
Te souviens-tu de ce jardin où nous nous plûmes pour la première fois, où nous enchantâmes nos palais et nos âmes de ces fruits mûrs cueillis sur l’arbre.
Te souviens-tu de ce banc sur lequel assises nous parlâmes des heures durant, mes yeux sur tes cheveux, mes yeux dans tes yeux, mes yeux à tes lèvres, suspendue de tes paroles.
Te souviens-tu que sur ta peau j’avais écrit en lettres d’amour, d’une plume gorgée de rosée à ton sein, le tracé de tous les chemins.
Te souviens-tu de m’être offerte, fleur à peine éclose dont tu écartas un à un les pétales jusqu’à ce que tes lèvres se posent dans le plus doux des matins.
Te souviens-tu que nous nous aimâmes à cette heure où l’arbre aux branches d’or, à celles que nous fûmes tremble encore.

Te souviens-tu...
 
*Image Carlos Pradal

samedi 14 avril 2012

vendredi treize

Non Madame, personne ne la maltraite parce qu’elle est trop gentille et que d’autres en profiteraient. Non Madame, elle n’a pas besoin de cette aide particulière. Elle n’a aucun retard. Madame, elle est une petite fille de sept ans à fleur de peau, fragile, polie, toujours entre le sourire et les larmes (affectueuse et boudeuse, mais comment vous dire tout ça à vous que je rencontre pour la première fois ?) Madame je sais, que vous avez lu à la loupe tout ce que j’ai écrit. Je me suis adaptée savez-vous ? Mais oui, vous savez. Vous ne prenez plus depuis six mois la plume désespérée et ingrate après vos longues journées de travail pour me prendre en faute sur une explication d’horaire, de lieu, de je ne sais plus quoi d’ailleurs. Vous faites en silence ces petites choses d’un parent aimant pour redonner à son enfant confiance, avant d’affronter cette chose terrible que sont les évaluations… toutes les traces écrites notées susceptibles de tomber sous les yeux de son père. Je le sais. Madame, je suis contente de vous avoir rencontrée. Vraiment. C’est un grand pas. Un immense pas, de vous avoir vue souriante au côté de votre fille rayonnant d’un flot de paroles insubmersibles…

mercredi 4 avril 2012

A cause d'une voyante...


Et puis d’abord…Héléonord c’est qui ? c’est quoi ?
Pose la plume et tu sauras. Tu sauras que deux et un font trois, tu sauras que les avions ne volent jamais très droit, qu’il n’y a pas que des gondoles à Venise, mais aussi dans les supermarchés. Que ta nouvelle composition s’enregistrera dans le tout dernier format des mots de premier choix…
Soudain une volée de commentaires vint s’abattre sur Les Temps Du Signe, la boîte mail sonna comme une décharge de mitraillette, me laissant interdite. Mes doigts se figèrent en l’air, et c’est ainsi que je perdis le fil d’or d’Héléonord, comme on perd une guerre dans un passé ou un futur que l’on n’aurait jamais connu.
Alors qu’il n’était que tout juste douze heures vingt et une, que toutes les feuilles du fichier de vocabulaire étaient somptueusement parées des plus beaux entêtes aux compétences si-rupeuses jusqu’à l’écoeurement.
Alors que je m’apprêtais à clavionner juste pour moi-même, de la plus pure détente qui soit…celle d’écrire n’importe quoi, portes fermées et sonnette désactivée…
MAIS NON…j’avais oublié de me déconnecter !!!

vendredi 30 mars 2012

Ixtremegold (9373)




Adieu mon bel écran de deux mains et demie sur trois.

 De mie de pain fraîche et tendre, je passe à la biscotte sans faim.

Ça ne fait pas mourir. Mais ça ne donne pas envie. Envie d’écrire. L’habitude est cassée. Plus d’albums photos à regarder, plus de films à télécharger, plus de flux à consulter…Qu’est-ce que c’est bête quand même ! C’est comme si mes nouvelles lunettes ne m’étaient plus utiles.

Alors je fais écrire les loupiots sur le blog de l’école. J’essaie de m’effacer  un maximum, mais les écrans sont tellement grands…et les claviers si agréables. Je relis avec eux leurs textes aux si jeunes lignes et je sens mes tics d’écriture revenir…surtout ces espaces  aux virgules…Nonchalamment,  parce que mon métier m’a appris beaucoup de retenues, d’écoutes pour saisir le bon moment, je me  penche par-dessus leur tête et tout en expliquant mes doigts courent sur les touches. Trop vite, alors on rit, trop vite et j’efface pour remettre d’autres lettres à leurs places. Trop vite. L’horloge tourne. Mais ça n’est  pas que ça.


mercredi 21 mars 2012

No wave


Je vous écris depuis la chaloupe 47, le navire qui me transportait est resté bloqué à la douane des affaires maritimes. Une cargaison clandestine. Depuis je rame à la main, de mes deux mains, à la sueur de mon ambition.  Je dois tout faire, mais que la lenteur des choses est agréable aussi. C’est curieux, ça me fait l’effet d’être sourde, je n’entends que le silence de mes paroles et le crépitement des touches de ce clavier en bois de bambou, sec  et à la fois doux. Comme un mélange de saké et de vodka élaboré au sirop d'ananas anisé

lundi 5 mars 2012

Je ne ferai rien de l’élan qui pourrait briser la glace.


photo de Claudine de Faÿ

Apprendre, toujours apprendre à laisser passer l’émotion. Cette vague à perdre, à prendre. Si elle est bien réelle, alors elle reviendra plus douce, plus amène de me porter plus loin. Je ne veux plus la perdre comme l’absence des étoiles quand elles brillent au plus fort. Je veux garder cette fulgurance, ces mots tapis au fond de moi qui surgissent tel un diable du printemps sorti de la boîte de l’hiver, mais je ne veux pas les flammes du message qui s’effacera de lui-même en une éternelle poussière. Garder l’impatience, contraindre le cheval fou qui m’habite à être le moins fougueux possible, pour que la course soit longue, pour que la cavalière soit rassurée de mes pieds déferrés, qu’elle sente que courir les pieds nus est le plaisir de la vague qui ne touchera plus jamais le sol…jusqu’au lac de mer cerné de terres sauvages. Mais déjà il pleut, une danse de pluie qui coule sur mon visage d’iroise, si douce d’heureux présages que je ne sais plus que dire. Le silence des mots m’envahit. J’enferme dans mes poches mon unique bagage : mes mains qui me laisseront partir la bride au loin.
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lundi 27 février 2012

extrait de Lettre à Albaï

" Enchanter l’horizon ? Qu’à votre main me tienne, des éclats de lignes naîtront des virgules à l’envers.
Les papillons multicolores échappés de nos yeux en nuées caresseront de leurs ailes le voyage au travers du plus beau monde des chimères.
D’Ouest en Orient, le temps reculera pour toujours de l’hiver et sous l’appel d’un soupir mêlant l’été à la pluie de vos désirs, je baiserai vos lèvres au parfum du vent de la folie.
Que ne serais-je sans vous ?
Vous qui soulevez mon coeur à la minute des secondes passées en votre sourire.
Ouvrons les yeux encore, qu’à votre présence me prenne, pour nous découvrir perdues au plus fort d’un simple décor. Déballons-nous de l’extrême politesse pour faire jaillir de la tendresse de notre complicité universelle…Notre Amour.
Veux-tu ?
Au sortir de notre étrange rêve, devenir celle de tous mes jours et toutes mes nuits.
Je t’aime d’amour et d’hirondelle mais aussi du plus sérieux de mon être. Je veux nous mener à l’autel, que ton pas m’entraîne et que le mien l’enchâsse au souffle léger du tulle… pour honorer la grâce de l’horizon d’avoir fait nôtre notre ponctuation.
Les virgules à l’envers seront le riz qui libère dans la rizière, les lueurs pourpres de notre première nuit de traverse.
Elles seront des milliers, tant de milliers que jamais personne ne parviendra à les compter… "
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