vendredi 9 mars 2007

« A l’oreille de la Lune endormie »


à W.
Sous mes paupières closes,
Le feu embrase mon ciel bleu
Je rêve
A l’heure où tout déborde de mon cœur
Où mon corps entier retrouve la parole
Je rêve
La vague s’étend sur la plage immense
Elle ne partira plus sans la couvrir
Pleine de la douceur naissante
Qui lie dans les mots le sable et l’eau
Je rêve
La peinture est éphémère de cette mer
Qui naît dans le matin revient, me berce
De ce corps nu entre le sable et l’eau
Je rêve
Ma voix se baigne à l’écho de la Lune
Qui lentement a disparu, je chante l’air
La brume qui parfume l’Océan
Ma peau respire les frissons de la nuit
Elle n’en manquera plus jamais une
Je rêverai toujours
Toujours dans le jour qui se lève
A l’heure où tout déborde de mon cœur
Où mon corps entier retrouve la parole
Je rêverai encore

Aslé

mercredi 21 février 2007

Première Danse


 

Comme le lierre s’enroulant…
me dépassant en t’enlaçant
filant mes feuilles en m’agrippant
te couvrant toujours en espérant
gagner tes yeux et puis me lire
à travers eux…

Le corps sage, la tête dans les nuages
la sève de mon amour
qui monte et que j’entoure
protégée du grand jour
poussant le bonheur
la chance…

Soulevant ensemble notre danse
épousant du même élan
nos lignes agitées du vent
silencieusement au jour naissant
ne plus être qu’une seule
présence…

lundi 12 février 2007

Mots dansent et puis s’avancent

 


Des mots sans importancePrudence
Assurance
Cadence
Malchance
Des mots sans violenceSilence
Présence
Décence
Naissance
Des mots sans cohérenceArborescence
Absence
Errance
Désespérance
Des mots sans souffrance
Des mots de tolérance
Des mots de prévenance
Des mots de souvenance
Des mots de résonance
Des mots de consonance
Des mots d’alternance
Des mots d’exubérance
Des mots de tempérance
Des mots de jouissance
Des mots de délivrance
Des mots de résistance
Des mots de confidence
Des mots de providence
Des mots de préférenceConfluence
Connivence
Ascendance
Dépendance
Allégeance
Luxuriance
Permutance
Survivance
Impatience

Recommence

Mon amour dans tes yeux de velours
Dans tes mains qui accourent
Sur le court en détours
Au dedans tout autour
Je sens les mots sur la peau
L’effleurement invisible de l’eau

Mon amour dans tes yeux de velours
Dans tes mains qui accourent
Sur le court en détours
Au delà tout autour
Je respire les mots sur la peau
L’enivrante source de l’eau

Mon amour dans tes yeux de velours
Dans tes mains qui accourent
Sur le court en détours
Au-delà tout autour
J’écris sur la peau le flot
L’intarissable source des mots

mercredi 7 février 2007

...présente absence...


A Domie,

C’est à noël au printemps
Sous la bise d’argent
Que les flocons de l’été
Nous serons retrouvés.

C’est en marchant au rythme du temps
Au passé qui revit le présent
Que les feuilles agitées par le vent
S’ouvriront pour donner cœur des ans
Le souffle perdu de l’instant.

C’est en parlant aux arbres tendres
Que la nature se fera attendre
Dans le calme pour l’entendre
Seuls et si loin de tout comprendre
De notre vie qui ne sait prendre
Que l’émotion des pierres à fendre.

Nous écouterons alors la danse
Des fleurs en mot de délivrance
Mille fois répétée de la chance
Que prenne fin tant de souffrance.

Nous danserons et nous garderons
Dans notre main à l’unisson
Ce qui n’est plus une prison
Mais de deux âmes la réunion.

vendredi 2 février 2007

Aux clins d’œil d’Ars

 


Un train pas comme un autre
Pour t’emmener jusqu’à demain
Passagère provisoire
Sans aucunes voies aléatoires
Que celles parallèles
Sans tangage dans les virages
Ou si peu dans le tournis des visages.
Du noir au noir
Retour au départ
Toujours la même trajectoire
Mais chaque fois une nouvelle histoire.
C’est si beau tous ces regards
Dedans, dehors à lire l’espoir
Le désespoir, les signes d’un monde hagard
Esprit de mes pensées bizarres.
Sans Nouvelle Chance Fidèle
Les mots et les images s’emmêlent
Dans un vaste brouillage
Ils en ressortent pêle-mêle
Alors j’ajuste les pièces au puzzle dans des cases imaginaires.
C’est si beau cet inconnu
Ce monde entr’aperçu
Dans lequel tu éclaires
Un sourire de l’œil
Une parcelle de bonheur
Un p’tit bout retrouvé
Perdu d’hier ou de la semaine dernière
Un p’tit bout de cœur
Qui dépasse et les vitres devenues glaces
Me renvoient une tendre menace…
Je deviens en retard
Et j’oublie l’heure de la dernière gare
…je suis en
train d’écrire…

mardi 30 janvier 2007

Pour En Finir


Je suis murée de feu
Emprisonnée de glace
Electrisée en masse
Aveugle du temps qui passe…
C’est cet amour trop fort
Le silence des adieux
Ses dents lorsqu’elle me mord
Et ce froid quand il pleut.
L’explosion de nos corps
Ces souvenirs en deux…
Ce n’est rien a-t-elle dit
Des moments passagers
A chacune sa vie
Quels étaient les dangers ?
Que nous n’avions pas pris
Car nous n’aurions pas du
Jamais nous rencontrer.
Alors ce qui n’est plus
Me permet d’exister…
Et j’égrène les mots
Pour ne pas qu’on m’enterre
Parmi tous ces hublots
Du vaisseau solitaire
Dans l’océan des flots
Je vis et je suis fière
De mes pieds sur la terre
…

dimanche 28 janvier 2007

Aglomenatox


Non… ce n’est pas le nom du dernier médicament sorti des laboratoires allemands, bien qu’il soigne sans guérir les symptômes… il est le NOM NON de mon nouveau quart d’heure colonial et je frise les comptoirs, les compteurs d’histoires, les comptes heures d’espoir, les quarts sifflants poussée par le vent, la barre haute, je joue à demain, je fais comme si, j’apprends ma nouvelle vie.
Je suis dans une robe, plus nue que si j’étais nue, je me traumatise, c’est mon quart d’heure, je me fais peur en m’assassinant, en me disant : il n’y a rien dedans. Je me grimace dans la glace puis j’échappe à mon regard, décidée à ne plus me voir, décidée à ne plus rien montrer, je me garde dans le brouillard, l’angoisse s’étiole, l’aglomenatox se vide de sa fiole, mes doigts touchent l’invisible qui m’entoure, mon cri sort par la pointe de mes ongles…je griffe et je raye et je rature jusqu’à l’usure.
Jusqu’au bouillonnement qui s’éteint car le soleil se couche enfin. Dans la brume qui noircit, mon souffle vidé au cor, j’allume la bougie comme un cierge dans une cathédrale et ma respiration qui résonne tel un chant grégorien annonce le trépas de ce quart d’heure d’airain.
Trépasser l’âme à gauche, Morphée me couvrant de baisers, les pages du livre se tournant dans le silence et l’histoire se continue dans la plus profonde de mes absences…

samedi 20 janvier 2007

Leichter Reiter


 

Je voudrais rattraper tous les mots que je t’ai écrits
Comme ces derniers à propos de la poésie :
« La poésie est à crever mais moi je suis en vie ».
Je ne suis ni l’une ni l’autre, je suis au milieu
Sans pouvoir ni un bonjour ni un adieu
Je voulais faire de mon mieux
Pour te garder encore un peu
Qui veut le mieux peut le pire
Je ne peux plus me contenter d’écrire
Je ne peux plus me contenter de te lire
En vrai j’aimerais ce fameux sourire
Enfoui derrière tous ces gamètes à reluire
Ici j’écris ce que je veux
Comme dans la vie je fais ce que je peux
Tu balbuties à l’aube de ta vie
Et pourtant tu réclames à corps et à cris
Et pourtant tu as mille fois raison
Si tu veux atteindre notre chanson
Simplement sois mélodieuse en harmonie
Douce parce que je suis meurtrie
Et que je n’ai pas envie
De devenir une simple valise
A glisser entre des balises
Juste pour compléter ton manque de vivre
J’ai besoin de mots pour me sentir libre
J’ai besoin de me libérer avant de t’atteindre
Avant de t’étreindre, avant de m’éteindre
Parce qu’en moi c’est le feu et que tu l’attises
Lorsque tu souffles comme une méprise
Comme la peur que ce ne soit pas toi
Finalement tu sais je ne me tairai pas
Je prolongerai ma voix par mes racines
Remplacerai mes mots par de petits signes
De simples gestes de la vie, de la tendresse
De celle qui me manque et dont je déborde
En pensant à toi alors je ne veux pas qu’on se saborde
Maintenant joue de tes dix doigts au piano
Ton cœur et ton âme pour effacer tous mes mots
Fort, si fort que je viendrais jusqu’à toi
Sans que tu ne puisses entendre le bruit de mes pas
…
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mercredi 17 janvier 2007

Ce que j'aimais en vous.

 


Ce que j’aimais en vous
C’étaient vos mots si doux
Je me sentais en vous
Comme l’autre part de vous

Vous m’écoutiez désespérée
De tout ce qui m’avait manqué
Vous m’appreniez calme apaisée
De tout ce que j’avais cherché

Ce que j’aimais en vous
C’étaient vos mots à vous
Comme arrivée au bout
Je me sentais en vous

Vous m’abreuviez désabusée
De tout ce qui m’avait manqué
Vous m’étonniez calme apaisée
De tout ce que j’avais cherché

Ce que j’aimais en vous
C’était ma part en vous
Comme arrivée au bout
C’étaient vos mots si doux

samedi 6 janvier 2007

Pelote de mots


Dés espérant
Des pourvus
Que
Que quoi déjà ?
Le plus que passé ?
Le futur compliqué ?
Le sol à l’escabèche ?
Le mur saoule au cri ?
La tome en branche
De sa voix ?

Je dis vague
Vague à l’âme

Je dis temps
Tant pis
Tant mieux
Temps pris
Temps deux
Tant de souvenirs
De temps unis
De temps souvent
Bien trop souvent
De temps prenant
Le temps vivant
En médisant
En maudissant
En vomissant
Vociférant de tous ses cris
Ceux que j’ai pris
Mots ennemis
Ceux que tu choisis
Pour réparties.

Parties
Partition
De nos deux vies
Perdues au fil
Du temps.
Brisures
Blessures
Cassure
Si dure
Si sûre
Au cœur brûlant
De certitude
La fin d’un chœur chantant
Epuisé d’amour, impuissant
Epuisant.


Coup rage
De courage
Coup rageusement
Courageusement
Je déroulerai la pelote de l’oubli
Pour qu’enfin tu libères ma vie.

lundi 1 janvier 2007

Sans titre

Elle ondule tristement légère au vent
Lentement mes yeux vont la perdre en glissant
Ses formes, ses lignes, son élégance
Ses yeux, ses lèvres, ses mots de prudence
C’est elle entière qui va disparaître
Avec tout ce qu’elle en moi a fait naître
Elle part et je n’ai rien pour la retenir
Qu’un regard trouble qui n’a pas su lui dire

vendredi 29 décembre 2006

Recto


Le couvrir du voile de mes désirs.

Le couvrir, le recouvrir, le découvrir
Du bout des doigts
Du bout des lèvres
Du bout des mots
Du bout de moi.
Lui parler.
Lui dire et lui redire.
Le temple de toi
L’abri de mon cœur
Le bateau de mon âme
La chaleur de ton ciel
La vie dans tes bras
Ton corps en émoi
Et moi
Eperdue

Et perdue
Glace fendue
Miroir éteint
Sans lendemain
Fleur étamine
Qu’on examine
Mine cernée
De souvenirs
Nuits
Sans dormir
Œil brisé
En amertume
D’amour posthume
…

samedi 23 décembre 2006

Lumineux Noël


Les étoiles étaient toutes réunies dans la bergerie mais voilà qu’aux douze coups de minuit elles s’aperçurent dans le décompte infini qu’il en manquait une pour la féerie.

Alors elles partirent toutes à sa recherche, explorèrent tous les recoins du ciel, brillant de tous leurs feus d’appel…
Les cris des étoiles dans la nuit atteignirent l’étoile perdue… endormie au creux d’un nuage gris.
Eclairée de ses lumières amies, elle étendit alors ses branches et se mit à scintiller aussi. Puis entourée des siennes, elle s’envola filante atteindre le chaud logis.

Là ! Où toutes les étoiles une fois par an réunies, forment un immense soleil sans une pointe d’ombre pas même infime…

jeudi 21 décembre 2006

Play list (1): mes états-mots

 


Exaspération
Exaltation
Exposition
Exhibition
Excitation
Explication
Excision
Expiation
Exportation
Explosion
Extinction
Expiration
Exhortation
Extrapolation
Exécution
Exhumation
Exception
Expression
Expression
Impression
Dépression
En perte de vitesse, en roue libre,
En déclinaison, en flan de colline,
En roulement à billes, doucement,
Lentement, sûrement
Je pense mes mots en silence
Je compense et décompense
Influence et confluence
Je suis le courant sans reflux
Et sans refus…
J'avance.

dimanche 17 décembre 2006

Gap in the wind


Gouffre horizontal
Aux parois abyssales
Brûlures au corps
Ramper encore

Nue dans la glace
J’efface les traces
Qui se finissent.
Sans supplice
Je me lisse
Aux prémices
Et me glisse
En délices.
Car sous ma peau
Court enfin cette eau
Ce fin ruisseau
M’amenant légère à la source
Qui jaillit et m’éclabousse

De lumière…
Aveuglée
Eperdue de beauté
Libérée
Des entrailles glacées
Je me laisse emporter
Par la douceur bleutée.

Je ne sais plus
Du dessous du dessus
Si je nage ou bien m’envole
Si je me noie dans des paroles
Je ne sais pas
Si je suis là.
J’existe.

De glace en fusion
De trou en confusion
De noir en émotion
De retour à la passion.

Je fonds.
Larmes de pluie
Contre l’oubli ?
Partage de gouttes
Pour effacer le doute ?

Je m’en fous.
Je vis.