mardi 24 mars 2015

Impromptu n°7

avis-de-deces.net

Je ne sais pas, j’étais près d’écrire un mot de condoléance, et puis je me suis retrouvée sur des modèles-types, bien sûr je peux écrire ce que je ressens, la peine mais pas seulement, mais comme je sais que je n’oserai pas entrer dans cette maison, saluer ce corps sans esprit, et que finalement les mots à écrire sont si simples : je suis heureuse d’avoir connu le temps d’une fin d’après-midi l’être cher qui vous a été ravi, ravi c’est un peu vite dit, parce que ça n’a pas été instantané. De longues années que votre moitié souffrait, entre embellies et interminables hospitalisations, mais vous l’avez connue si longtemps, et c’est ce qui est dramatique, moi c’était juste un instant et elle a su voir à travers moi. C’était comme une complicité entre futurs morts. Un clin d’œil chaleureux. Une séduction aussi. 

mercredi 18 mars 2015

Impromptu n°6

Qui a dit ? 

« Oui je dis clitoris nichon à France 5… »

vendredi 6 mars 2015

Impromptu n°5

Un si joli rêve, tu étais là avec ton amie brune, tu venais d’arriver, tu étais un peu timide et puis ensuite plus du tout, entre temps tes lèvres gercées s’étaient posées sur les miennes pour nous dire bonjour. Ce n’était rien, pas plus que de serrer la main à un supérieur, ou faire la bise à une collègue, c’était naturel.
Tu es repartie avec l’affiche où j’écrivais tout, du brouillon, des ratures, tranquillement tu l’as décollée du mur, j’étais gênée, et contente, et surprise que tu trouvas ça si bien pour l’emporter avec toi.
Un si joli rêve car le rêve précédent, une mouche m’avait piqué la jambe et pondu, l’infirmière soulevait ma peau et raclait…puis j’avais un sparadrap, sans être sûre que tous les œufs fussent enlevés.
Je ne sais pas si tu l’as remarqué mais moi j’avais totalement oublié ma jambe, tu arrivais dans cette pièce, derrière toi flottait la chevelure brune et ondulée de ton amie.
J’ai des rêves très impromptus, mais ce rêve-là cette nuit fut un signe pour t’écrire et crier tout le silence dont  mon rêve nous parlait.


samedi 28 février 2015

Claudia

Le train souriait, pourtant elle n’y voyait rien mais elle savait que le train souriait, elle disait : « Vois le train sourit ! » et je lui répondais invariablement : «  Mais c’est bon je le vois que le train sourit ! »
Ses seins claquaient, il faisait encore bon, c’était l’été de la dernière saison, elle n’y voyait plus rien du tout, mais elle avait encore sa raison, elle avait toujours raison, le train souriait.
La mort incertaine n’avait pas encore pris tous ses galons, elle me prenait la main et la serrant tendrement, clamait haut et fort comme pour cacher la peur qui nous étreignait : « Vois le train sourit ! »
Le train souriait, il m’emmenait certaine de la retrouver à mon retour. Ce retour de cet autre monde dans lequel elle n’existait pas, où je n’existais pas non plus.

« J’ai nos mots d’amour sur le quai, tes seins vibraient, je n’avais pas encore les miens à effacer, je savais juste que tu m’aimais. Ne t’inquiète pas, le train  sourit et avance avec ton sourire. » 

lundi 16 février 2015

Impromptu n°4

Chanson d’auto (sing in my car)

“Alone in my car
I hear the song
The same I love
Four minutes before
The long a-way
Where this is started
And finished
In a lovely rounding trip
And it’s my live is missing
Always re-beginning-ning-ning-ning
My pops English-ning ning
Doesn’t understand-ing me
A meaning
I’m a poor poor Poland-ing
Jewelries three

finishing-ing in the pool ending…” 

samedi 7 février 2015

Impromptu n° 3


 "Mes yeux pleuraient sans cesse de mélancolie mais je ne devins aveugle qu’après qu’elle m’eut quittée. "

(sans aucun mystère à présent)

Plusieurs mois que je me tente pour un téléphone intelligent, alors que le mien fait tout ce dont j’ai besoin. Des semaines à comparer, à voir des prix s’effondrer, à espérer que le mien rende l’âme et que j’achète celui si mirobolant qui en plus  prendra ma carte sim si spéciale…
Et puis, une fois, parce que la Belgique n’est pas loin, je me suis retrouvée avec ce long rectangle protégé de simili cuir blanc un peu sale c’est vrai , au fond de mon sac, côtoyant mon tout petit de rien du tout qui tient si bien dans ma poche, mais que j’abandonne au fond de mon sac les jours de piscine.
[…]
­Je me suis demandé€ s’ils n’avaient pas communiqué  entre eux, c’est vrai deux téléphones au fond d’un sac, un intelligent et un autre un peu moins (le mien), deux cultures, deux générations, des questions partout…dans un sac au fond d’une classe désertée, franchement tout cela m’a portée durant deux heures à éviter ce que l’on ne doit jamais dire, et que je me disais dans ma tête :
« Pardon Madame, maman de votre fille, je vous remets l’objet si intelligent, qui vous a fait défaut pour communiquer avec votre fille, car voyez, même sans lui nous avons pu communiquer…


…(bref) j’ai rendu le téléphone à Cherazade , avec la promesse que je ne le reverrai  plus .

mardi 27 janvier 2015

impromptu n°2

Elle s’appelait Véra. Sa mère lui avait écrit un conte russe posthume rien que pour elle.

EXTRAITS  « …Si tu es un jour en Auto-Protect Non corrigé, ça ne t’empêchera pas d’écrire, même quand l’anti-virus t’aura supprimée  du  programme, l’important sera de te souvenir d’au moins d’un code d’accès… »
 «…  Un jour tu sauras ma fille que les lions ne font pas des lionnes mais qu’il suffira d’un seul chaton pour te griffer la main et te rendre autochtone… »
« … Véra, je viens de te conter l’histoire de tes trois grand-mères, la vraie, la fausse, et l’aventurière, ce sont tes trois grand-mères, l’une d’elle n’est pas de sang, l’une d’elle n’est pas d’amour, l’une d’elle n’est pas aventurière, mais l’une d’elle t’a offert des madames gigognes… »

 « …Véra tu seras ma fille… »

lundi 19 janvier 2015

impromptu n°1

Je suis allée à la banque des yeux pour mon mauvais œil, mon œil gauche s’est porté caution.
C’est bien. La solidarité.
Le problème est : si mon œil gauche n’est en fait que la copie conforme de mon œil droit, alors mon œil gauche ne vaut pas plus que mon œil droit, et peut-être moins.
Les cyclopes avaient bien moins de problèmes.
Pour les mains, là je sais qu’il y a une différence, alors quitte à vendre une main, je vendrai ma main gauche pour racheter ma main droite qui n’était même pas cotée dans le monde du travail.
Il n’y a que les deux pieds que l’on ne peut désolidariser. Ils ne valent que par deux et encore bien plus par quatre, marchant une main dans l’autre (je ne sais pas laquelle tu as vendue toi aussi) et avec un œil unique encore bien plus, le tien ou le mien, tiens, dans l’histoire il y en aura un de trop, avec  lui nous pourrions nous acheter une île…

Et puis je t’aurais perdue, et mes pieds aussi, je serais dans un fauteuil assise, à lire d’une main, à pianoter d’un œil, à rêver et à écrire le monde où je t’avais rencontrée… finalement c’était bien de ne pas avoir acheté l’île.

samedi 27 décembre 2014

Don’t be cruel



Ce soir j’aurais bien aimé appeler au téléphone, à l’aide, la mère de l’Amiral…mais oups… elle était morte…et de toute façon je n’ai jamais eu son numéro de téléphone. C’était une idée comme ça pour taire mon angoisse, pour lui demander ce qu’elle faisait quand son fils s’ était écorché de partout, mais la réponse je la savais déjà : c’était sa grand-mère qui savait tout !
Il ne m’était pas venu à l’esprit d’interroger ma mère parmi tous les morts, je pensais qu’elle aurait paniqué comme moi en restant calme, et puis appelé le fils de l’Amiral qui aurait dit d’appeler les pompiers et le samu…
Alors l’Amiral  saignant le sang de partout, se désolant pour sa belle veste, sa casquette perdue en bout de champ, quant à ses lunettes (les plus meurtrières de la joue)  ne s’en souciant guère, opéré d’un œil de la cataracte (ah oui !)  demeurèrent encore à retrouver quelque part sur l’asphalte non éclairé de ce village de …..fut pris en charge ! par toute une équipe de femmes et d’hommes, plus de femmes que d’hommes en fait, et l’Amiral apprécia !

Bref, si vous avez aussi un Amiral à la maison, ne paniquez pas, faite le 15 !!!

nothing compares...



"Nothing Compares 2 U"


It's been seven hours and fifteen days
Since u took your love away
I go out every night and sleep all day
Since u took your love away

Since u been gone I can do whatever I want
I can see whomever I choose
I can eat my dinner in a fancy restaurant
But nothing
I said nothing can take away these blues

`Cause nothing compares
Nothing compares 2 u

It's been so lonely without u here
Like a bird without a song
Nothing can stop these lonely tears from falling
Tell me baby where did I go wrong

I could put my arms around every boy I see
But they'd only remind me of you
I went to the doctor and guess what he told me
Guess what he told me
He said, "Girl, you better try to have fun no matter what you do."
But he's a fool

`Cause nothing compares
Nothing compares 2 u

All the flowers that u planted, mama
In the back yard
All died when u went away
I know that living with u baby was sometimes hard
But I'm willing to give it another try

Nothing compares
Nothing compares 2 u
Nothing compares
Nothing compares 2 u
Nothing compares
Nothing compares 2 u


mardi 23 décembre 2014

un vingt-trois décembre sur la Terre

Ouf…je suis contente j’ai emballé les cadeaux pour Noël, il ne reste plus que ceux pour la Nouvelle Année…oui en plus des traditionnelles bouteilles de champagne, j’innove, j’ai acheté des cadeaux pour mes amis qui sont plus que des amis mais ma véritable famille extra nucléaire (utérine ?!), avec des pointes d’humour, d’amour et d’utilité, je pense ne pas mettre de nom sur les paquets, chacun reconnaîtra ce qui lui est destiné…
Oui j’ai emballé les cadeaux pour Noël, le peu qu’il me restait, je n’ai pas résisté depuis septembre et j’ai offert, offert et acheté de nouveau, c’est un peu ce qui m’a aidé à tenir le coup, je ne vous dis pas le nombre de jeans pour l’Amiral ! Mais une dernière paire restait ! alors tout à l’heure, j’ai coupé les bas et fais moi-même les ourlets ( hum hum thermo collés les ourlets, j’ai suivi un tuto sur youtube ;), ça c’est vraiment un cadeau personnalisé !!!
Je vous fais la liste ? Pour l’Amiral ?
Une paire de chaussures Méphistau, le prix m’a rassurée, c’est celui d’un smartphaune qui me plaît, cela ne va pas trop le surprendre, c’est exactement les mêmes que les siennes, mais en plus neuf !
Une sonnette de comptoir, plus la peine de crier « Asléeeeeeeeeeeeeeeeee » et puis c’est en souvenir de la cloche qu’il y avait autrefois près du téléphone, il va comprendre et sourire.
C’est tout pour lui. Pas de livres cette année, il a en réserve ceux des années précédentes, et puis franchement l’Algérie de son adolescence  n’est dans aucun livre, sauf si je l’écris ;).
Voilà, c’était mon petit post de Noël.
Ma deuxième grand-mère maternelle avait une crèche en papier qu’elle remettait chaque année, j’avais aussi envie de parler de ça, car c’était une tradition avec les guirlandes fabriquées par ma tante en papier croisées, mais pour moi ça n’avait rien de religieux, c’était juste la maison de mon grand-père en fête.
Je vous souhaite une belle fin d’année  et un Joyeux Noël !!!