samedi 24 octobre 2009

fusion chromatique





elle avait dit le rond dans le cercle de l’eau
les yeux ouverts aspirant toute la pièce
belle qui dormait  aux cygnes blancs
son parfum flottant en vagues chaudes
qu’elle avait en elle tatoué
depuis le goût de leurs premiers baisers

sur le plafond encore vivant de la rue
se striaient des lignes de lumière
liant son regard au bonheur d’écouter
belle qui dormait aux sons venus d’ailleurs

elle entendait les murs frissonner de haut en bas
se terminer en onde souterraine rougissante
de son sourire du matin bondé par la foule du métro
qu’elle avait dit le rond dans le cercle de l’eau
des mots d’amour
des mots d’amour à belle

belle qui dormait dessous la fenêtre blanche et verte
et qu’elle suivait vivante d’insomnie amoureuse
se reposer aux rêves d’étranges portes dorées…


mercredi 21 octobre 2009

promesse

que la nuit m’abandonne
que la pluie soit la pluie
que mon coeur résonne
que le temps bruisse comme les draps
qu’il glisse de l’amour
que je sois la femme de chaque jour
ou celle que je mets dans mes mots
je suis celle que tu prends dans tes bras
il y a tous ces pas découverts avec toi
ces belles heures bleues et rouges
et qui maintenant sont à nous
dans demain aussi
plus qu’une promesse
ce quelque chose de fort et de certain
qui est celui de nous aimer

dimanche 11 octobre 2009

là où le vent



 


je passerai là où le vent est passé
soulevant les murmures du silence
j’entrouvrirai la porte aux lettres muettes
les soupirs deviendront les rondes et les blanches
d’une fulgurante absence
quand ton corps au mien
sera la main fugitive du temps
j’écrirai le présent du bateau vivant
aux courbes de l’équinoxe
enjambant de mes doigts le sable des paroles
les vagues deviendront les ailes et les îles
à la porte des voyages dépliés sur l’aurore
la mer sera de boucles et mue de l’une à l’autre
quand tout bas les âmes joueront sous les voiles
le doux présent du bateau vivant
nous serons là toi et moi


*photo jeanne

dimanche 4 octobre 2009

Toi




ma déesse inca
ma coulée bleue de chine
de toutes les encres de traverse
au chemin courbe des mots muets
je t’aime

jeudi 1 octobre 2009

…pour un euro

 


 

  
la rue sans les peupliers
la rue toute plate
toute neuve de pavés et de bitume
la rue large au trottoir avec vue
sur ce qui n’existe plus
un croisé orange à chaque angle
tout est propre
même les balais sont invisibles
un pas claudique d’une hanche
quelque chose de normal
un homme croise mon regard
des serviettes en cuir filent les jambes serrées
un couple de vieille richesse bronzée
semble être tombé d’une carte postale
la foule est ailleurs
dans le passé des rues bondées
qui remontaient jusqu’à la blanche
avec ma mère
avec mes copines
avec quelqu’un
avec moi toute seule
avec des souvenirs
c’est là à gauche
la perpendiculaire
finissant en marchands de frites et en glaces
rue de la gare
la gare
un bateau déguisé en phare
un bout de nulle part
la gare en béton devenu coups de crayon
la gare toujours pareille
toujours belle
blanche si basse et ronde
une femme allongée au bout de l’horizon
une première gare d’où l’on part
de là où on vient
…enfin
comme la gare
où il y a toujours des trains

dimanche 20 septembre 2009

Mon coeur se balançait.




Je ne savais plus l’escarpe,
ni mettre un titre sur une lumière,
mon coeur se balançait à la ficelle de l’endroit.
Sur la mer d’ocres en prise noire de funicule,
à la verticale d’une femme mue en écailles,
mon coeur se balançait.
La belle de moi,
noyée à la poussière chaude des étoiles,
la belle,
au riche sable blanc de mes pauvres marnes,
la belle,
de mes mots morts à l’agonie de l’orage,
la belle,
m’enivrait folle à la suite de son image.
J’écrivais des lettres rousses formées de l’amour,
celles du soleil sourd étreignant le bleu du jour,
tous ces paysages lus sur les lignes de son visage
auxquelles mon coeur lourd de ses ailes se balançait.
Saignant de la mer le pourpre
qui va roulant de la source à l’océan,
j’écrivais étonnant,
mon coeur se balançait.
  
Ne suivait plus que son image.
Les négations s’alignaient sans suite sur le ciel noir,
l’énarthrose des nuages s’adonnait au grand miroir.
Moi je n’avais plus le courage
de n’attendre plus jamais l’heure qui sonne.
Je prenais son visage coupé au vif rouge de ses baisers
et aux rectangles clos je nouais toutes les boucles.

mercredi 16 septembre 2009

sourire








et si j’écrivais plus petit
correction carrosse
j’aurais les pages d’un livre
pour me tenir d’abri
j’écrirais la gazelle qui n’enfante que des tigres
la hauteur de ses cris face au coq en sursis
comment elle noya le mauvais homme
habillée en éléphant noir taché de blanc
la vie la vie est un royaume de souris
parlez-en aux mots sous le roller bic
la toile l’étoile le fond des rimes
les jours qui passent sous l’essuie-glace
voyez comme mes paroles sont marquées
je finis par parler-dire comme j’écris
et si j’écrivais plus petit
pour être sérieuse dans un livre
des îlots de paragraphes sur la banquise
un ours gentil une usine à traîneaux
une esquimaude aux belles joues chaudes
et une alerte aux pôles de l’intérieur
pour un joli meurtre avec un collier de fleurs
je ris je ris j’atteints la mort orange sans soucis
voyez même dans mes rêves de cette nuit
dans la pochette de feutres pour Inès
il y avait une araignée toute bariolée
et si j’écrivais plus petit
c’est qu’il me faudrait en nourrir des mots
de la langue en silence que j’expire
l’élevage de tous mes enfants pris à tous les temps
les faire s’aimer ensemble sur les feuilles
tombées d’une imprimante à moteur d’encre…
…et si j’aimais plus grand

[…]

source image : IcI

dimanche 13 septembre 2009

Le bateau rouge



tu viendras par le soleil ou par la lune
mais tu viendras venue du ciel
ton corps porté du chant de tes dix mille bras
tu descendras rayon m’ouvrir le coeur
et dans mes veines amour tu couleras rivière

tu seras la seule sirène de mes frissons
et moi l’espace de tous tes traits d’union
j’écrirai à la lèvre rouge sur ton front
les paroles douces que nous inventerons
et sous le pont des signes durant nos heures
nous chanterons « le temps qui passe est au bonheur »

je viendrai par le soleil ou par la lune
mais je viendrai venue du ciel
mon corps porté du chant de mes dix mille bras
je descendrai rayon t’ouvrir le coeur
et dans tes veines amour je coulerai rivière

je serai l’oiseau blanc du monde de tes océans
et toi la vague de toutes les îles du jour levant
tu écriras à la pointe de tes cils sur l’onde d’argent
tous les noms des marins pris au filet rouge du vent
et sous le pont de nos rires durant des heures
nous chanterons « le temps qui passe est au bonheur »

nous viendrons par le soleil ou par la lune
mais nous viendrons venues du ciel
notre corps porté du chant de nos dix mille bras
nous descendrons rayon ouvrir notre coeur
et dans nos veines amour nous coulerons rivière

mercredi 9 septembre 2009

Marions-nous en Chine ?



Une petite note pour le plaisir de la date… pour les bébés fourmis-araignées qui naissent d’allégresse divine dans la plus belle des poubelles. Celle de l’auteure des mots. Femme du Sud, me berçant d’amour dans les îles de ses bras comme la plus douce goutte d’eau.


Entre le cerisier et l’olivier, la longue phrase étire son fil, l’amour tisse la soie du drap qui nous porte sous le balancement léger du vent et nous nous marierons en Chine.
Dans un grand saut de hamac époustouflant de tous nos désirs, sur la pelouse verte de l’océan où nous serons de nous deux atterries en torrent. De lac en lac en laque de Chine noire et brillante. Nous nous marierons ma fourmi d’or.
Sur ta cheville petit dragon, je lacerai mes doigts au pinceau d’encre. Les fourmis à la nuit, nous feront un bal aux reines de nos deux peaux de zèbres fourmillantes. Elles nous habilleront de blanches et noires jusqu’à la Lune. Jusqu’à la Lune des confidences. Jusqu’à ce que l’anneau nuptial rouge de notre feu, nous prenne en bonheur par dessus tout…par dessus tout…et même par-dessus toute la Chine mon amour...

samedi 5 septembre 2009

puis j'ai nagé avec le temps



j’ai poussé des épaules
les cases aux cloisons gorgées d’eau
j’ai écrit tout le temps de l’océan
les paroles avec les vagues du ciel
des choses que personne ne peut comprendre
parce que j’ai coulé le bateau à l’échelle verticale
en traversant mon ombre de si loin perdue
j’ai poussé des épaules
de mes muscles élevés au silence de l’eau
face à la glace
j’ai épousé mon image chaque matin
pour espérer le fluide d’une sirène à deux pieds
un jour bleu m’échouer libre d’aimer
prendre dans mes bras les vagues de ses paroles
tendre en réponse l’écho de sa peau qui résonne
pour lui dire comment le bateau avait explosé
j’ai poussé de mon âge fort toutes les cases
pour en faire une belle unique et sans fin
j’ai écrit en grandes lettres
celles où l’on peut mettre tout dedans
la folie, l’ignorance, la bêtise, la provocation
et tout ce que les autres peuvent imaginer
quand ils ne savent pas
mais moi c’était à l’amour que je pensais
et c’est toujours à l’amour que je pense
en écrivant tous les titres de ma vie
puis j’ai nagé avec le temps
le temps et moi pour oublier tout le bateau
croiser des bribes de bonheur pour tisser l’île
l’île de sable et de vent qui n’existe pas
ailleurs que dans la profondeur du coeur

vendredi 28 août 2009

le bateau vivant



 
ils sont où les petits mots d’amour
les tous petits qui naissent avec le jour
sur les lignes du plancher
il y a ce cri qu’on avait volé
un peintre torturé
gravé d’hivers nordiques
de fins d’été séchées de la pluie
trois gouttes sont tombées du plafond
ils sont où les petits mots d’amour
les tous petits qui naissent avec le jour
la porte de l’armoire a dans ses nervures
le corps trituré d’une femme liane
de la chirurgie de la nature d’un arbre
j’imagine une forêt sombre d’Amazonie
ils sont où les petits mots d’amour
les tous petits qui naissent avec le jour
le refrain devrait pouvoir s’éloigner
les arbres aux branches jouent les torturés
je compte les balancements jusqu’à cent
j’additionne en centaines sur mes doigts
compter compter compter compter
chapelet de nombres dysorthographiés
pour enterrer les petits mots d’amour
ils sont où les petits mots d’amour
les tous petits qui naissent avec le jour
et revoilà le refrain marteau de toujours
sous l’enclume de la feuille de bitume
le temps avoue à ma torture : fini fini
fini les tous petits mots d’amour…
ils sont où les petits mots d’amour
les tous petits qui naissent avec le jour
je brûle en peau le sang rougi aux joues
les petits mots d’amour sont là
où ils se parlent sans moi
le jour passe
le calendrier reprend sa place
une croix résonne au creux de mon ventre
pourquoi craquer en bois mort maintenant
demain j’écrirai une grande lettre d’encre
avec tous les petits mots d’amour
les tous petits qui naissent avec le jour…

"les petits mots damour sont là
sur le bout de la langue
dans chaque rayon de lune
dans chaque rondeur de la belle
dans chaque cri du mistral
lui qui sait crier
les mots damour sont là
en suspension
dans chaque pétale
dans chaque mot
qui brille
dans chaque inspiration ils sont là
toujours"
Ecrit par : jeanne | samedi, 29 août 2009

mardi 25 août 2009

le bateau blanc



 

ailleurs
peut-être pas si loin
dans l’inconnu d’un rêve aimé
quelque part
habité de la confiance
maison d’arbre
de paille et de silence
de paroles aux mots pour dire
de mains prises en vivres d’exister :
les mains
pour tout comprendre de la vie.

ailleurs
partage en heure bleue et temps de solitude
écrire des pages et des pages de bonheur
les pleurer au soir de la marée
aimer la vague qui tout efface
qui déshabille les yeux de la nuit
à la ponce douce d’un grain salé.

chaque matin naître un bateau
chaque matin gagner un peu plus
la fine transparence de l’invisible
faire de l’aube une pêche nouvelle
dessiner les mains toujours les mêmes
celles qui prennent la source au jour qui vient.

mardi 18 août 2009

l’heure noire




je le sens
je ne traverse plus les mots
sortie des sables mouvants
je me frotte les os au soleil
comme une petite vieille
oui
j’ai coupé la rivière
mais pas la bonne
j’ai coupé celle de l’alimentation générale
je le sens
en moi plus rien n’est irrigué
j’ai peur des grands mouvements
de bouger et de me casser
ma tête se promène dans tes phrases
j’entends d’hier tes je t’aime
ta voix glisse en spirale sur mon oreille
je me penche pour qu’elle tombe
comme une longue goutte d’eau
pour réveiller tous mes frissons
je suis là
 au labyrinthe des mots
je le sens
c’est toi le fil
dans lequel je dois me perdre
je t’aime
et mon amour à dire est au sec
échoué quelque part sur une plage
je le sens
je ne traverse plus rien
mes pieds ont besoin de la boue
mes mains d’être des ailes
mon coeur d’être contre le tien
un mur est tombé pour toi
le bon mur
celui à ne plus jamais rebâtir
il faut que je me batte
mais je sais me battre
tu es là
toi seule tu es la mer
celle contre laquelle on ne dresse rien
de t’écrire viennent les vagues
je le sens
je suis bizarre
je m’ouvre doucement
à l’air frais qui coule dans mes veines
cette femme
légère légèreté de l’être
je me lève de la pierre assise
l’heure noire vient de passer
le soleil agrippe la cime des arbres
je passe la main dans mes boucles d’or
je souris d’un air béat au miroir
oui c’est moi
le bonheur me traverse
mais je sais d’où il vient
il ne partira pas…

vendredi 14 août 2009

Nouvelle Vie

 




J’ai vu la Lune en plein jour
en plein milieu de l’été
et en plein ciel de l’ouest
je me souviens…

A la Lune en cercle dans un carré
sous les paupières brunes
passaient les anges en défilé
la folie de travers riait en coeur sur la joue

Un treize juin deux mille et des confettis
une asléïde se pliait l’âme en bleus
 au corps de la pluie

Le col haut menton rentré
tant de matins à reculons
avec si longtemps parqué sur le cou
le pourpre d’une profonde honte

Les murs à raser la prison à se voiler
la bouche fermée un aveu à s’avouer
les yeux baissés encore plus cernée
et la hâte de s’enfuir
pour tout recommencer

A la Lune en cercle dans un carré
sous la plume offerte d’aujourd’hui
que dire d’autre que la force qui me porte
celle qui ouvre les yeux libres
qui me  fait tenir debout
malgré le chant qui souffle sur mes faiblesses
et qui dit « viens je t’emmène,
demain n’existe pas encore… »

NON je n’irai plus au fond de moi
maintenant que tu es là…reste
toi que j’aime de si loin

J’ouvre des livres des films
des regards des paysages
des ailleurs de moi et des autres de toi
qui me parlent si fort
quand tu me tiens la main
que la nuit brille d’endroits précis
…alors tous les mots sont à suivre
qui viennent pour écrire cette nouvelle vie

mercredi 5 août 2009

Je t’aime


 



pourquoi
me taire
comme un volet mal fermé

les mots d’amour
les laisser courir sur mes lèvres
cet abandon
aimer
c’est faire confiance

je n’ai jamais autant dit et écrit je t’aime
avec toi tout est si nouveau
je t’aime je t’aime
en large
en travers
et en croix s’il le faut
je souris
tu es la semeuse de tendresse
qui fond au fond de moi
et sur ma peau
je lis tes mots
et dans mon verre coule de l’eau

je me souviens de tout

je respire
un autre goût
un goût que j’avais oublié
plutôt un goût que je n’ai plus
ce drôle de goût dans la bouche
de nouveau ouvrir les yeux le matin
et respirer
du dehors cette odeur d’herbe brûlée
de feu éteint à l’aube fraîche
cette nuit j’ai dormi
je ne me suis pas assise au milieu du lit
pour consumer mes idées grises
une heure deux heures trois heures
non cette nuit j’ai dormi
parce que je sais que tu m’aimes